# Réalisation : Gabriel Axel 1987
Babette: Stephane AUDRAN
# Scénario et dialogues : Gabriel Axel, d'après une nouvelle de Karen Blixen
C'est l'invité de marque du festin, le général Löwenhielm, qui reconnaît les « cailles en sarcophage » du "Café anglais" et qui rappelle qu'un grand repas peut être une histoire d'amour, en levant son verre à celle des deux vieilles filles qu'il a toujours aimée mais qu'il n'a pas pu épouser. Ce n'est pas un film tendre mais un film bouleversant, grâce à la nouvelle de Karen Blixen dont Gabriel Axel a réalisé la mise en scène admirable de précision et de sobriété jusque dans les détails et dans ce stupéfiant contraste entre la vie triste et misérable de ce sinistre village luthérien et ce dîner fantastique, véritable débauche de mets succulents et de vins prodigieux, comme le Clos Vougeot 1845, si parfaitement inattendue dans ce paysage nordique austère, glacial et battu par les vents. Le prodige du film — indiqué par le petit speech du général qui conclut le dîner — est que c'est le festin qui accomplit la communion de tous les convives et des amants séparés que le pasteur n'avait jamais réalisée — il les avait séparés pour sa propre satisfaction. Un authentique chef-d'œuvre, dont pas une seconde n'est à couper,
que je ne me lasse jamais de revoir, ce qui est le propre des chefs-d'œuvre.