29/08/2006

Petit matin,

Le temps change , l'air sent la terre mouillée et le champignon. Dans le ciel, de beaux nuages blancs , très haut , donnent du relief aux trouées de bleu . Poussés par un vent incessant, ils filent droit vers l'est .

Au marché , depuis déjà quelques jours , les cèpes ont pris la  première place sur les étals des paysans . Ils sont chers  entre 15 et 20 euros , mais ils sont beaux .

Le curé de Sarrance doit être parti en chasse dans les hauteurs de la Vallée d'Aspe .

Le curé de Barcus doit astiquer  son fusil : bientôt, sur la porte du presbytère , le jeudi ,  on pourra lire sur un bout de papier griffonné à la va - vite au crayon   : à la chasse pour la journée!

Y a plus de curé!

Bientôt, il n'y aura plus de toubib : à Bétharram , à Bedous, dans les villages basques , la chasse impose les congés, la passée des palombes ferme les commerces et vide les cabinets de consultation , plus personne n'est souffrant mais ils sont nombreux à être en  arrêt-maladie , pour la durée de la passée...

Il va falloir surveiller  la couleur des feuilles et être vigilant si on ne veut pas manquer le spectacle  : en forêt d'Irraty , il ne s'agit pas de rater le  flamboiement  éphémère des futaies , ça dure si peu , au premier coup de froid , tout disparaît !

Au marché, dans des paniers ou de simples cartons, les figues violettes ou blanches , les vendangeuse mauves par bouquets  ficelés d'un humble brin de laine . Les enfants dans la rue avec leurs cartables neufs , sacs à dos , ou valisettes à roulettes !

Les temps changent ,

c'est la rentrée pour de vrai !

J'ai la nostalgie de mon cartable qui sentait bon le cuir et m'arrachait l'épaule , des cahiers que l'on recouvrait avec vénération , des premiers mots  inscrits à la première page  , nom , prénom , classe, des petites fiches que nous faisait  remplir le professeur, et sur lesquelles nous avions le sentiment de graver notre vie à tout jamais.

Moments fugaces  du premier jour d'école ou  de collège, moments que je revois par la fenêtre à travers ces enfants qui remontent la rue avec leurs sacs à dos et leurs valises à roulettes, les temps changent , mais les enfants jouent et crient comme toujours sous le préau, la maîtresse attentive met du mercurochrome sur les écorchures des genoux et des baisers sur les joues mouillées des larmes de la première séparation d'avec Maman .

J'ai envie de pleurer.

 

Commentaires

quelle belle écriture !!!!!!!!! vivante bien que sur le passé..mais pourquoi dans nos coeurs tant d'importance au passé qui nous arrache des larmes ?? ne pouvons nous pas réserver toutes nos émotions pour le présent ? Ne pouvons nous pas sourire à ce passé qui a fait ce que nous sommes aujourd'hui ???? vive le passé mais dans les souvernirs de joie....bonne journée !!!!!!!

Ecrit par : jocelyne | 29/08/2006

Merci pour ce joli texte emprunt de nostalgie....on a tous eu ces moments de notre vie et j' en garde de très bons souvenirs, même si les frères ou j' étais à l' école étaient sévères!
Ils passaient derrière nous quand on faisait une dictée ou un devoir, et s' ils voyaient une bétise ou une faute..une calotte!
Et c' était marrant? quand le frère prof passait, les têtes rentraient dans les épaules et se relevaient quand le danger était passé..
Toute une époque, bon souvenir, mais ça ne me rend pas triste ni mélancolique
Bonne après-midi
Jean-Claude

Ecrit par : Jean-Claude | 29/08/2006

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