09/08/2009
LOUIS GUILLOUX, "Le SANG NOIR"
rediffusion à 15heures 05
France 3
le dimanche 9 août
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Ne le ratez pas si vous ne l'avez pas déjà vu.
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En 1935 sortait un roman d’un Breton inconnu,
ou mal connu, Louis GUILLOUX. 1899 - 1980
Guilloux rate de peu le Goncourt
décerné cette année- là à Joseph Peyré.
Son meilleur "avocat"
André Gide
« Il y a dans Le Sang noir,
non pas à tel ou tel endroit précis du livre,
mais épars et constant,
de quoi me ravir tout particulièrement :
un certain sens de la vie,
comique en tant que spectacle,
tragique en tant que réalité (…)
ce qui me plait dans Le Sang Noir,
c’est qu’il offre de quoi perdre pied »

photo site
Bibliothèques de l'Université Paris III : Bibliographie Louis Guilloux
« Le Sang Noir ».
*
Ce roman était le premier à soulever
un point d’Histoire
qui avait été occulté,
dissimulé,
comme une verrue
dans le souvenir héroïque
de la Grande Guerre.
En 1917 eurent lieu en effet
les mutineries les plus déterminées de la Guerre.
Des deux côtés du front,
les poilus se révoltèrent et refusèrent
par dizaines de monter au combat.
La répression fut sanglante :
jeunes,
fusillés pour l'Exemple,
"on se doit à la Patrie",
la mutinerie ,
insupportable pour les généraux
et plus encore pour le conformisme ambiant
fut donc réprimée
dans un sang que Guilloux
qualifiera de
"noir".
Les milieux bourgeois du temps
n'en eurent que peu d'écho ,
mais condamnèrent fermement
ces attitudes de lâches,
les parents de certains mutins
jugèrent dignes l'exécution
de leurs propres enfants.
Ce scandale,
écrit en lettres de sang dans le roman de Guilloux,
est traité à travers ce conformisme étouffant
de petits bourgeois enfermés
dans leur bonne conscience patriotique.
Hier soir,
la Télévision nous a offert
une soirée exemplaire
comme elle le fit dans les années 60,
un Téléfilm
d’exception,
adaptation du roman « Le Sang Noir»
avec une distribution éblouissante,
dans laquelle la personnalité
de Cripure,
le professeur de philosophie anarchiste
et libre penseur,
campé par RUFUS,
dominait le récit.
Didier Sandre,
dans le rôle du veule
et minable défenseur de la guerre,
dont il fait sa religion,
était en tous points
remarquable,
la maîtresse de Cripure,
épatante Myriam Boyer,
Michel Jonasz en père blessé.
L’ambiance étouffante
de la petite ville de province écrasée
par les nouvelles du front
qui n’arrivent pas,
les remises pathétiques
et formelles de décorations,
crée une toile de fond réaliste
à la trame du roman,
respectée dans son message.
Une réalisation exceptionnelle,
qui permet de rouvrir
le roman de Guilloux,
trop peu lu.
J’en dois personnellement
la découverte
à une universitaire
passionnée et passionnante
qui savait nous secouer les neurones.
*
Merci Marie-Claire.
18:29 Publié dans lecture | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : le sang noir, rediffusion télévisuelle








Commentaires
Un sur dix, et Pan !
On savait tenir une armée en ce temps-là nom de dieu !
C'est une page de notre histoire.
Il me semble que Jospin avait proposé de réhabiliter ces héros fusillés.
Ce n'était pas des lâches, ils s'étaient révoltés contre l'absurdité des ordres de généraux imbéciles, tout simplement.
Bisou et bonsoir...
Ecrit par : Crabillou | 15/04/2007
je viens de lire, dés ce matin cette page d'histoire--je n'ai pas vu le film,pas envie de télé pour l'heure---mais cue que tu relates le remplace--
je t'embrasse, et merci de tout coeur pour tes passages
hélène
Ecrit par : hélène | 16/04/2007
très beau téléfilm comme il y en a peu, une période de l'histoire difficile, impossible d'apporter des jugements tranchés sur la psychologie de tels ou tels ! Mais que d'horreurs dûes aux bornés du patriotisme !
J'ai appris bcp sur cet auteur, connu de nom sans l'avoir lu.
Ecrit par : lasidonie | 16/04/2007
Salut salut à toi Framboisine!!
Que j'aime tes notes sur l'histoire!
J'étais très impatiente de voir ce téléfilm,excellent tout simplement! J'appréhendais car je restais sur le souvenir de la pièce jouée au théâtre il y a des années, et je revoyais encore ce pied bot de Cripure passant devant mon nez, j'étais aux premières loges! souvenir tellement fort que à l'époque je m'étais plongée dans l'oeuvre de Louis Guilloux!
Encore heureux qu'il y ait encore des auteurs pour maintenir notre conscience en éveil!
Bises
Ecrit par : ionard | 16/04/2007
Parmi les morts du chemin des dames, un arrière grand oncle de mon épouse . Son corps n'a jamais été retrouvé. Il avait été rappelé et sa femme, grand tante vêtue de noir, racontait sa guere, les doutes et les peurs. Les mutineries, oui, nous connaisons ! Impossible de se remettre dans l'ambiance de l'époque, où les parents des fusillés avaient honte de leur soi disant lâcheté.
Bises du grillon
Ecrit par : christian | 16/04/2007
Nécessaire article
Ecrit par : Sylvie Jamet | 16/04/2007
ça fait 2 livres à lire sur le sujet
merci pour cette note et merci pour ses courageux poilus qui n'ont pas failli mais ont eu le courage de se mutiner ou même de déserter face à cette boucherie
Ecrit par : anne | 09/08/2009
Dommage, j'ai vu ta note trop tard, et j'avoue que je ne fais pas attention particulièrement à ce qui se passe à la télé l'après midi.
A l'occasion, j'essaierai de lire le livre.
Bonne soirée fanfan
A demain pour defifoto.
Anita.
Ecrit par : Anita | 09/08/2009
Pour une fois je ne suis pas allé te rendre visite plus tôt --> enregistrement non programmé !!! Espérons qu'il y aura une prochaine diffusion.
Bonne soirée.
Bisous de Michel
Ecrit par : michel | 09/08/2009
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