logo Blog50.com
Blog 50 est un service gratuit offert par Notre Temps

02/11/2013

Parlons-en

Parler de la mort, combien de ceux qui me touchaient

de près sont-ils partis?  50,  80, 100  ?

je ne saurais compter;

me reviennent en brassées les sourires, les rires, les pleurs de ces plus ou moins proches, les tendresses, les non dits.

 

Le premier qui quitta ma vie, ce fut mon grand père paternel, j'avais 4 ans et demi

 autrement dit , je n'ai aucun souvenir de ces jours d'août 53 brûlant pendant lesquels, à 60 ans,  il agonisa.

 

Que me reste-t-il de ce papy dont on disait qu'il m'adorait ?

commémoration des  défunts,grand père,cousines,camarade,leucémie,accident,mort,violence,chagrin

commémoration des  défunts,grand père,cousines,camarade,leucémie,accident,mort,violence,chagrin

un seul souvenir bien vivant,

 

- je suis à quatre pattes, sous mes genoux, sans doute de la moquette, je me glisse dans l'entrebâillement de la porte, je me glisse vers le bureau de papy,

commémoration des  défunts,grand père,cousines,camarade,leucémie,accident,mort,violence,chagrin

je tire le tiroir en bas à gauche, la boite de carton gris est entrouverte et laisse voir les bâtonnets de chocolat qui dissimulent sous la coque brillante une écorce d'orange confite, je sais toujours où débusquer la gourmandise;

 

je plonge ma petite main pour saisir une orangette, fin du souvenir

 

et les photos qui témoignent de sa silhouette, toujours en costume et cravatée sauf quand il partait pour ses chères Alpes.

commémoration des  défunts,  grand père,  cousines,  camarade, leucémie, accident, mort, violence, chagrin

commémoration des  défunts,  grand père,  cousines,  camarade, leucémie, accident, mort, violence, chagrin

 

 

La mort, celle dont on perçoit le gouffre, ce sera pour plus tard,


je suis en sixième, j'ai dix ans à peine, un camarade de classe Claude, qui disparaît un jour

 

on ne nous dit pas tout,



et par un beau soir de mai, la mort,


Claude , avec ses yeux bleus si rieurs, son visage rond,  sa mèche blonde, mort,


on nous dit leucémie,

je demande chez moi, on me dit cancer du sang,

une bête affreuse qui peut aussi ronger et dévorer les enfants ?

 

Claude couché dans ce cercueil de  bois clair au milieu de la nef de l'église de Biscarosse, si petit, si fragile,

 

des sanglots , irrépressibles, des images, Claude,

je l'aimais je crois

 

j'ai 17 ans

il y a eu quelques grands oncles et grands tantes partis, vrais  cousins  et cousins à la mode  de Bretagne

je ne les connaissais que peu,

j'ai 17 ans, Marie - Françoise et Marie- Annick les deux sœurs disparues ce 3 janvier 1966 dans le même accident de voiture,


les deux cercueils au milieu de la nef de Notre Dame d'Arcachon, incrédulité face à la mort, apprentissage des départs violents, répétitifs et cela n'a plus cessé et ne cessera plus.

Je ne compte plus, je n'ai sans doute jamais comptabilisé ces départs, ces arrachements successifs, les parents, les amis les plus chers, les amis plus éloignés, la famille qui se réduit comme peau de chagrin

( chagrin, c'est bien le mot qui convient à cette peau de chèvre )

 

Jeudi, nous avons accompagné Hélène , la mère de mon amie Monique disparue , sa mère lui a survécu 7 ans, non sans voir partir son petit fils, puis subir les affres de la vieillesse jusqu' à son ultime 93 ° anniversaire

 

 

Vous vouliez parler de la mort, même si je suis apaisée aujourd'hui ,


je sais aussi, et je préfère taire la suite.

Commentaires

et nous vivons avec des cicatrices énormes, qui font encore mal longtemps, longtemps après.....
bises amicales

Écrit par : Bcommebleu | 02/11/2013

Bonjour Framboisine


Et pourtant, il faut apprendre à côtoyer l'inexorable, en a accepter aussi, autant que faire se peut, le caractère arbitraire. Les premiers décès de proches, lorsqu'on découvre que ceux qu'on croyait éternels sont mortels, font partie d'une dure réalité indispensable à notre développement.

Je n'en dirai pas plus, moi non plus, et tu me comprendras.

Christian

Écrit par : Christian | 02/11/2013

Il est très difficile de relever la tête non pas pour essayer de refaire sa vie ( on ne refait jamais rien) mais simplement pour la continuer. J'ai donc continué la mienne avec dans le coeur des blessures qui ne cicatriseront jamais. Bonne soirée.

Écrit par : Monique Ruiz | 02/11/2013

Les commentaires sont fermés.

 
Accueil Blog50 | Créez gratuitement votre blog | Avec notretemps.com | Toute l'info retraite | Internet facile | Vos droits | Votre argent | Loisirs | Famille Maison | Cuisine | Jeux | Services | Boutique