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18/11/2013

Il était une forêt

 

 

Il était une forêt,botanisme, humanisme,forêt primaire,canopée,Francis Hallé,Luc Jacquet

Il était une forêt,botanisme, humanisme,forêt primaire,canopée,Francis Hallé,Luc Jacquet


Je sors du cinéma, éblouie, enchantée dans le sens

de l'enchantement, du ravissement procuré par la baguette magique

 des fées des contes. D'ailleurs  le seul titre , "Il était une forêt"

nous y ramène.

Un film  qui débute par des dessins,  

une pure merveille,  loin des docus écolos culpabilisateurs et

moralisateurs, une véritable plongée dans la vie, dans la sagesse

Après un préambule de Francis Hallé qui annonce  la disparition de

la forêt  primaire  dans dix ans, le film n'est ensuite  que beauté

et émerveillement. Pari risqué que  celui de nous conter  la

naissance  de cette forêt sur 700 ans

images magnifiques auxquelles  se mêlent   celles  de  synthèse,

poétiques et judicieuses,  pour nous expliquer tout en douceur ,

sans  propos scientifiques abscons , que la vie gagne toujours.


Les arbres ?


Immobiles?


 mais ils sont d'extraordinaires voyageurs !

 

et de nous faire suivre l'itinéraire des fruits et de leurs

graines, goulûment dévorés par les oiseaux, les singes,

le éléphants et transportés à des dizaines, voire des  centaines de

 kilomètres pour réapparaître dans les fèces des animaux et

assurer la pérennité de l'espèce.


Dans la salle  de nombreux enfants, subjugués, muets et

émerveillés, 

quant à moi, je suis  " sous le choc " d'une émotion palpable, je ne

regarderai jamais plus les arbres  de la même manière, même si

ceux qui m'entourent  ne  sont pas issus de la forêt primaire. 


Et je rêve  de m'embarquer pour un voyage en canopée.


Vous me suivez?



“Il était une forêt” : à la découverte du “génie végétal”

ENTRETIEN CROISÉ | Documentaire humaniste mêlant prises de vue réelles et images de synthèse, “Il était une forêt”, le nouveau film de Luc Jacquet, s'appuie sur un passeur hors pair : le botaniste Francis Hallé. Entretien croisé.

Le 14/11/2013 à 14h27 
Mathilde Blottière Télarama


Quarante ans qu'il en rêvait.


Pour Francis Hallé, éminent scientifique expert en architecture

botanique, la sortie d'Il était une forêt est un aboutissement.

Avant que ne disparaissent les dernières forêts primaires de la

planète, il est allé demander l'aide d'un cinéaste fasciné par la

nature : Luc Jacquet, le réalisateur de La Marche de

l’empereur au succès planétaire. A l'époque, en 2010, ce dernier

vient de créerWild Touch , association destinée à soutenir ou à

lancer des films sur l’environnement.

Francis Hallé le sait : s'il reste une chance, une seule, de sauver

les paradis sylvestres et les fabuleuses ressources de la canopée,

elle passe par un film grand public, qui mise sur la beauté et

l'émotion. Trois ans plus tard, Il était une forêt mélange la fable

et la pédagogie, les prises de vue réelles et les images de

synthèse, pour une immersion inédite, et oxygénée, dans le monde

végétal.

Nous nous sommes rencontrés il y a deux ans. Vous étiez en train

d'écrire le scénario d'Il était une forêt. Comment raconter la

forêt ?


Luc Jacquet : J'aime l'écriture du conte, son apparence un peu

simpliste, son côté fabuleux. Très tôt, j'ai eu l'intuition que

Francis Hallé devait être le narrateur de cette histoire. Francis

n'est pas comédien mais en tant que scientifique, spécialiste de

l'écologie tropicale, il est légitime. En le plaçant devant la caméra,

je n'ai fait que lui demander de se mettre au service d'un projet

qu'il avait lui-même initié.

Il était venu me chercher pour que je fasse un film sur les forêts,

je l'ai convaincu qu'il ne se ferait pas sans lui. Le film épouse le

point de vue de Francis. Quand je repense aux moments

fondateurs, je ressens encore l'émotion vécue en Guyane, lors de

notre tout premier voyage, quand Francis me racontait la forêt. Ça

a été une révélation.

A l'époque, Francis Hallé, Le Monde du silence, de Coustaud, était

l'une de vos références possibles ?


Francis Hallé : Je l'ai souvent en tête en effet. C'est un film qui

m'a beaucoup frappé quand j'étais gamin. Il m'a ouvert les yeux

sur les dessous de la mer, cet univers secret que nous ignorions

tous. J'aimerais beaucoup que notre film fasse de même pour ce

qu'il y a dans et au-dessus des forêts.

LJ : C'est amusant de revoir Le Monde du silence aujourd'hui.

Dire qu'il a mal vieilli est un euphémisme. Le décalage entre notre

perception du monde et celle de Cousteau en 1956 est abyssale. Il

y a des scènes insoutenables aujourd'hui : des pêches à la

dynamite, des coups de gaffe aux poissons. C'est surréaliste. Mais

je garde du film sa valeur de témoignage, son rôle de révélateur.

J'ai voulu proposer une expérience similaire à celle de Cousteau.

Sauf qu'au lieu d'un masque et d'un respirateur, nous avons

accéléré le temps. L'idée d'Il était une forêt était de faire

découvrir le monde végétal comme jamais on ne l'avait encore

montré.

Le film qui sort cette semaine est-il conforme à celui que vous

aviez imaginé ? 


FH : Quand je suis allé voir Luc pour lui demander de l'aide,

j'ignorais quelle forme prendrait ce film mais, en revanche, je

savais qu'il en fallait un. Luc a donné forme à ce projet. Et quelle

forme ! La forêt était engluée dans une image d'« enfer vert »

héritée des poncifs de l'époque coloniale. Elle ne l'est plus. De ce

point de vue, le film est salutaire.

LJ : Quand on se replonge en arrière, on s'aperçoit que tout est

déjà là, et en même temps, le film s'est construit en fonction des

contraintes, de la fatigue, des imprévus. Il m'a fallu renoncer à

évoquer la place de l'homme, des locaux, dans la forêt. Je ne

m'en sortais pas. Trop compliqué.

FH : C'est l'un des mes regrets.

Pourquoi ne pas avoir évoqué la déforestation massive et ses

conséquences, la disparition des forêts primaires ? 


FH : Dès le départ, nous étions d'accord pour éviter les messages

anxiogènes. Les chiffres alarmistes. Tous ceux qui s'intéressent au

phénomène de la déforestation peuvent trouver des informations

très facilement. Ce qui manquait en revanche, c'est la forêt elle-

même. Personne ne nous a jamais dit pourquoi la préserver. Tel

était notre objectif.

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LJ : Au début du film, on entend Francis dire en voix off : « J'ai

vu des hommes abattre des arbres millénaires. Faut-il attendre

qu'il n'y ait plus de plantes pour s'apercevoir qu'on leur doit l'air

qu'on respire ? » Plutôt que de m'arc-bouter sur un message

écologique, j'ai choisi d'épurer le film au maximum pour essayer de

toucher un maximum de gens.

Vous avez mis l'accent sur la beauté…


FH : Ce qui ne veut pas dire qu'on a caché ce qui est laid. Mais on

est parti du principe que la plupart des gens ignorent ce qu'on

trouve en forêt : le calme et la beauté.

LJ : Nous-mêmes, sur le tournage, étions subjugués par ce qui

nous entourait. La sensation d'émerger sur la canopée au sommet

d'un arbre de 70 mètres est difficile à transmettre. Le film est

en-deça du réel. Manquent notamment les parfums. Le travail du

son et la mise en images étaient déterminantes pour restituer au

mieux ce que l'on ressent en ces lieux.

La présence de Francis, qui porte un regard amoureux sur la

forêt, est également essentielle. Elle permet de tendre vers

l'impressionnisme au maximum. Pour cela, on a utilisé tous les

moyens du cinéma d'aujourd'hui, le mixage, le son enveloppant, les

images de synthèse. Emmener les gens à ressentir plus qu'à

comprendre.

FH : Le témoignage des sens est crucial. C'est d'ailleurs l'un des

reproches que j'adresse à la littérature scientifique contemporaine

: quelle sécheresse, quel manque de lyrisme et de sensualité !


Le dessin est très présent dans le film. Pourquoi ce choix ?


FH : Le dessin est très important dans mon travail. Et puis

montrer quelqu'un qui dessine dans une forêt, c'est dire l'absence

de danger, le calme, la contemplation, le bien-être.

LJ : Lors de mes premiers séjours avec Francis, j'avais été

frappé de le voir dessiner en permanence. Le dessin me permettait

de comprendre et de me projeter dans le temps à travers le

regard d'un narrateur, Francis. Son dessin a beau être

scientifique, je le trouve beau avant tout. Sa dimension artistique

m'a ému et j'avais aussi envie de faire partager cela.

Comment le recours aux images de synthèse s'est-il imposé ?


LJ : Soit je recourais à l'animation pseudo-naturelle, avec ces

procédés d'accélération du temps qui font semblant d'être vrais,

et j'allais sans cesse me retrouver en concurrence avec la nature :

les premiers tests nous ont dissuadés de persévérer dans cette

voie.

Soit j'assumais la dimension interprétative, la vue de l'esprit, et

l'émotion qui va avec. Un bourgeon est une promesse de mouvement

et de beauté extraordinaire. Lors de nos premiers repérages dans

les forêts de nuages du Pérou, le foisonnement végétal était tel

que je faisais cinquante photos au mètre. J'aurais pu passer des

heures à observer l'enroulement d'une fougère.

Que vous reste-t-il de cette expérience ?


LJ : Une immersion dans un monde qui m'était inconnu. C'est

beaucoup de sensations physiques, puissantes, intimes. Ce film nous

a coûté une énergie folle : le travail dans les arbres, la lumière en

forêt, la logistique d'une telle expédition, tout était compliqué.

Mais ce qui reste, c'est l'eau des arbres, la rencontre avec des

bestioles magiques, cette descente en VTT de la forêt de nuages…


Qu'attendez-vous de ce film ?


F.H. : Mon rêve serait qu'il agisse comme un signal pour arrêter la

destruction des forêts primaires. C'est peut-être un peu utopique,

mais c'est mon rêve.

L.J. : Je veux emmener le public là où Francis m'a emmené : à la

découverte du génie végétal. J'aimerais que ce soit le point de

départ d'une remise en cause de l'ethnocentrisme. Ce qui

m'intéresse c'est que les gens puissent se réapproprier le monde

dans lequel ils vivent. C'est mon cheval de bataille : on ne détruit

pas ce qui nous émerveille. Il faut récréer ce lien là. Nous sommes

dans une époque d'obscurantisme écologique et j'espère que ce film

contribuera, à son échelle, à nous en faire sortir.

Le 27 novembre 2013 sortira un autre film sur la forêt tropicale

Amazonia, une fiction en 3D, sans paroles et sans voix off, dans

le sillage d'un petit singe capucin. On a le sentiment que le cinéma

à message écologique est passé de la culpabilisation à la

sensibilisation…


LJ : Je crois que je ne fais rien d'autre depuis La Marche de

l'Empereur. C'était il y a dix ans, et nous avions déjà décidé de

ne pas parler du réchauffement climatique. Aujourd'hui, nous n'en

sommes plus au stade de l'éveil des populations : les gens savent

. Maintenant, il faut réparer le mal qu'ont fait ces messages

culpabilisants et alarmistes. Le message qui consiste à dire

« Regardez ce qui est en train de disparaître par votre faute »

 est absolument insupportable.

Il faut essayer autre chose. L'argent injecté dans les programmes

de conservation de la nature n'a permis de sauver qu'une marge

infime de ce qu'il faut protéger. L'écologie politique est dans une

dérive pathétique. Que faire ? Personnellement, j'agis dans mon

domaine : le cinéma.

 

FH : Les messages anxiogènes ont fait la preuve de leur

inefficacité. Il y a quelques semaines, j'ai eu l'occasion de

revoir Home [de Yann Arthus-Bertrand, ndlr] et j'ai vraiment eu

l'impression de bouffer un œuf pas frais. Ce film me dégoûte. Il

est urgent de changer.



 

 



 

 


Francis Hallé

.



Commentaires

salut,
ravi de savoir que tu méprises le Nutella, mais pas les tartines de confiture maison je présume... quant aux pommes au four tu prêches à un convaincu, ma mère appelait cela les "capous', terme sans doute hérité de son cher Béarrrrn !
Je viens de lire l'interview de Télérama et j'abonde totalement dans le sens du réalisateur, les images anxiogènes ont l'effet inverse de celui recherché, tout comme les reportages télé à sensation sont autant de manifestations de compassion souvent insupportables et qui détournent le téléspectateur des vrais problèmes!
Dommage que tu n'as pas vu le reportage hier soir du J.T sur la deux, "comment faut-il se laver les dents?'" le sourire Colgate de Laurent Delahousse était la meilleure garantie de l'efficacité de la méthode préconisée, deux fois par jour, c'est suffisant!
avec mon sourire
Bises
Dédé

Écrit par : André | 17/11/2013

J'en ai déjà entendu parler plusieurs fois, et j'avoue avoir été tenté d'y aller, mais avec ta note je crois que je vais y aller.....
merci, et bonne journée
Anita

Écrit par : anita | 18/11/2013

J'en ai vu un petit bout en présentation et c'est vrai qu'il est magnifique ce film.
Ceux qui l'on filmé se sont régalés sauf avec les piqures d'insectes....
Bizoux !

Écrit par : françoise la comtoise | 18/11/2013

Les commentaires sont fermés.

 
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