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05/08/2014

Les trois soeurs du Yunnan", l'autre Chine

  Nous avons appris  qu'un violent  séisme meurtrier a touché le Yunann, une grande pensée pour ses habitants, et particulièrement  ces trois petites filles qui nous avaient tellement bouleversés.

«Les Trois Sœurs du Yunnan» : le mal des montagnes

 

Il reste une révolution à faire en Chine, peut être  qu'un jour la Chine

des campagnes, des altitudes  rudes  se réveillera ?

100 ans  de communisme , pour en arriver là ?

 

 En sortant  des 2 heures 33 de projection du formidable

documentaire  de   Wang Bing, on  se dit que la longue marche entamée

est encore plus longue  que  ce que l'on aurait pu imaginer.

 

Le Yunann, sud ouest  de la Chine, pays du thé,  pays  de  très haute

altitude  , montagnes en terrasses, végétation rase, vent soufflant  sans

cesse, le micro en capte en permanence  les haleines  que l'on devine

mordantes et glacées.

 

Accrochés au flanc de  cette hostilité, à 3200 mètres,  des villages,

comme sortis  de nulle part, que seuls relient à la "civilisation,"

les câbles électriques et leurs poteaux métalliques,  un

village, tout petit  village, entre   humidité et boue, (on est noyé par les

brouillards accrochés  au flanc des montagnes , on  se verra en

plusieurs mois de tournage apparaître le soleil qu'à la toute fin du film) 

quelques familles, une famille, éclatée, le père parti travailler en ville,

pour tenter de grappiller quelques yuans , la mère évaporée dans la

nature. Le fait  de l'absence de la mère rend les conditions de vie très

difficile et les enfants assument  dès le plus jeune âge .

 

Les trois sœurs, Yingying (10 ans), Zhenzhen (6 ans) et Fenfen

(4 ans), se débrouillent comme elles peuvent ; leur masure  : une

pièce noircie de fumée,  un maigre feu  au milieu à même la terre battue

quelques ustensiles , rien ;

toujours vêtues des mêmes tenues, en toutes saisons,  sales, ne se

lavent jamais, pas d'eau, pas d'électricité, couchage précaire  entre

humidité et  paille glacée, le Moyen Age ? pas même,  parfois on pense à

des grottes, à des cavernes ....

 

 

 Yingying prend en charge  les petites, et aide sa tante  aux travaux  de

la ferme,  cochons,  moutons,  poules, la recherche  de bois, des

légumes, des plantes, de déjections animales pour entretenir le

feu, le tout  en échange   de  repas, épouille les petites,  va  un peu à

l'école  du village,

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 fait ses devoirs avec un sérieux, une application stupéfiante.

 Elle est la mère.

Les repas  reviennent  comme un rituel de survie, on ne parle pas, on

s'alimente, pas de commentaire, pas de paroles, les personnages  sont

avares  de mots; 

on regarde ces visages graves, parfois fermés, quelques fois

rieurs,  on voudrait questionner les silences, on se prend à s'interroger

 sur ce qu'il y a  derrière;

 quelles pensées animent Yingying?   elle agit, elle vit, grandit, déjà

adolescente, ne montre jamais la moindre parcelle de mécontentement

 de son sort, ne demande rien, effacée, en  retrait, mais l'on constate

avec souffrance  son regard qui s'attarde sur les bonbons vendus

devant l'école.

 

Yingying ne fait pas partie  du monde de l'enfance, pas du moins  de

l'enfance  telle que nous la connaissons sous nos cieux; 

aucune  trace  du progrès  dans ces masures au milieu

d'un décor somptueux,.

 

Seule apparaîtra vers la fin du documentaire la lumière bleue d'un écran

de portable , anachronisme dans un tel décor hors du temps. Mais  pour

joindre qui ?

Il y avait aussi la lucarne chez la tante, quelques  heure d'électricité par

jour chez elle, et la télé qui déverse son abrutissement : les enfants

sont aussitôt happés.

 

Une vie de dénuement  absolu, peu d'affection, (le père revient de la

ville avec quelques bonbons, quelques friandises , Yingying garde

précieusement le papier qui enveloppait un bout de  gâteau, le ressort

de  sa poche, le hume, le lèche...) mais  des rires , des enfants  qui ne

paraissent pas  souffrir du froid, qui , bien  que leur quotidien soit le

plus souvent  fait de pommes de terre, semblent nourries à leur faim,

une vie toute tracée,  tellement  loin  de  nous...mais débordante

d'énergie, malgré tout.

 

 

 Documentaire  aussi esthétique  que social pour  ce quotidien rude,

 dans lequel on est totalement immergé :

 le réalisateur ne commente rien, il suit les petites, le père, en silence,

 

 souffle comme un bœuf quand il faut monter avec les animaux pour

pâturer, on entend  le vent et sa respiration,  il est

discret quoi que présent, le regard parfois des enfants s'attardent sur

lui...

 On n'oubliera jamais ces trois petits filles,  qui vivent  si loin, au

dessus des nuages et des mirages  de notre temps.

 

un entretien  avec Wang-Bing

 

http://lasoifduseptiemeart.com/2014/04/16/les-trois-soeurs-du-yunnan-entretien-avec-wang-bing/

 

 

 

 

 

 

Commentaires

Mais ces petites filles vont faire gagner de l'argent au réalisateur en présentant son film; vont-elles toucher de l'argent ? Un documentaire tellement irréaliste au XXIème siècle dans notre monde moderne, des oubliés, des images magnifiques avec des petites filles mignonnes. Bon mardi !

Écrit par : françoise la comtoise | 06/05/2014

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il doit bien y avoir sur les blogs quelques têtes pensantes et engagées pour te fournir la réponse,

pas sure d'ailleurs que de l'argent résolve le problème ....

je me suis contentée d'être interpellée, et secouée, ce qui n’est pas le cas pour tous les films ou toutes les émissions de télé, non?
je remercie Wang Bing, car il y a de sa part un engagement, et je ne pense pas qu'il en sortira multi milliardaire....

Écrit par : fanfan du fatras | 06/05/2014

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Ce documentaire laisse sans voix, l'évocation de ces vies en ces lieux si ingrats, une existence aussi précaire donne un sentiment de tristesse et pourtant les enfants rient, le dénuement est -il synonyme d'optimisme? en tout cas une belle leçon pour les nantis que nous sommes!
bravo
bises
Dédé

Écrit par : André LUCAS | 06/05/2014

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Admiration sans bornes pour ce peuple ô combien opprimé...
Découvrir les visages , les sourires et la vie si rude de ses enfants me remplit de tristesse ..:-(
Quelle leçon..!!
À bientôt Fanfan

Écrit par : Mathilde | 06/05/2014

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Je n'ai pas vu ce documentaire, mais j'ai vu d'autres vues de la Chine actuelle, et ce vaste pays attire toujours la curiosité. Mais cela ne me tente pas comme voyage, je préfererais l'Inde, plus libre il me semble.
Je t'embrasse
Hélène

Écrit par : hélène | 05/08/2014

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