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01/11/2015

1° novembre, Francis Jammes

1er novembre 1938 -

 

 

Merci à Mireille  Jammes- Newman   

 

 

 

Mort de Francis Jammes. Le poète repose au cimetière de

 

Hasparren.

 

 

 

 

Sur sa tombe est inscrit : Francis Jammes, Poète.

 

          Quand il eut fini de nous parler, il nous regarda tous en

 

disant : "Pourquoi, cette trêve encore, ô  mon Dieu".

 

          Le lendemain le docteur Mathieu me dit :

 

"La fin est proche, avertissez Paul et Bernadette".

 

          Celle-ci arriva le matin de la Toussaint, et Paul à midi.

 

Francis Jammes était plongé dans un sommeil qui devait être le

 

coma. Par moment il murmurait des phrases que je ne parvenais

 

 

point comprendre ; mais à un moment de la matinée il est un mot

 

que je discernai…celui-ci : "Orthez".

 

          Orthez ! - le pays de sa poésie ! Celui où elle est née, et

 

 

qui lui a inspiré ses premiers vers !   

 

 

     C'est ton nom qui a été sa parole suprême.

 

          Dans l'après-midi, tandis que je savais que se chantaient

 

à l'église les vêpres des vivants, la   cloche de l'église tout à

 

coup tinta -

 

j'en entendais les battements par la fenêtre ouverte:

 

 

 c'était son agonie que l'on sonnait.

 

                Au pays basque on sonne encore l'agonie.

 

                Et je songe à ma mort, au jour où j'entendrai

 

                Confusément, comme bourdonne une forêt,

 

                Ces grands coups espacés d'une aile vers la vie.

 

                  ( 1er Livre des Quatrains, Pégase, page 70)

 

          Puis  il rendit   son dernier soupir..

 

          Quand je repassai la grille pour rentrer à Eyhartzia,

 

où la vie avait été recueillie et profonde et  qui allait être si

 

solitaire pour moi ! je compris que je n'y serai point seule.

 

 J'allais m'enfermer,    derrière mes arbres avec le souvenir de

 

celui que j'ai tant aimé,  et que son âme y demeurait.

 

 

Je consacrerai toutes les heures de ma vie au service de son

 

oeuvre. Je ferai sa présence réelle dans notre demeure, à tel

 

point que ceux qui l'ont aimé y viendraient chercher son souvenir.

 

 

                                               

 

                                               

                     

       (Extrait des Mémoires de Ginette Francis Jammes)

 

Envie de retrouver le nostalgique bercement de ses mots,

de ses images d'une simplicité faussement naïve,

de ma montagne si bien chantée.

Même si la poésie ne touche plus et

si les poètes  ne font plus  recette,

 j'aime, admire et me sens bien avec leur musique.

Jammes  me trouble et me bouleverse,

 "J'allais dans le verger .." appris en  sixième,

 ( c'était hier ...) et jamais oublié,

et que je me dis encore souvent, juste pour le plaisir,

juste pour la musique des mots et images  qui naissent.

J'allais dans le verger...

 

Francis Jammes

 

« de l ' Angélus de l'aube à l 'Angélus du soir »


J’allais dans le verger où les framboises au soleil


chantent sous l’azur à cause des mouches à miel.


C’est d’un âge très jeune que je vous parle.

Près des montagnes je suis né, près des montagnes.


Et je sens bien maintenant que dans mon âme


il y a de la neige, des torrents couleur de givre


et de grands pics cassés où il y a des oiseaux


de proie qui planent dans un air qui rend ivre,


dans un vent qui fouette les neiges et les eaux.

Oui, je sens bien que je suis comme les montagnes.


Ma tristesse a la couleur des gentianes qui y croissent.


Je dus avoir, dans ma famille, des herborisateurs


naïfs, avec des boîtes couleur d’insecte vert,


qui, par les après-midi d’horrible chaleur,

s’enfonçaient dans l’ombre glacée des forêts,


à la recherche d’échantillons précieux


qu’ils n’eussent point échangés pour les vieux


trésors des magiciens des Bagdads merveilleuses


où les jets d’eau ont des fraîcheurs endormeuses.


Mon amour a la tendresse d’un arc-en-ciel


après une pluie d’avril où chante le soleil.


Pourquoi ai-je l’existence que j’ai ?...

 

N’étais-je fait


pour vivre sur les sommets, dans l’éparpillement

 

de neige des troupeaux, avec un haut bâton,


à l’heure où l'on est grandi

 

par la paix du jour qui tombe ?cadre contre soir lescun 31 07 2010.jpg

 

   

Commentaires

nous le récitions à la Communale
j'avais pas connaissance de ses origines
amitiès

Écrit par : ventdamont | 02/11/2015

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