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09/02/2017

Blog en deuil

 

André  Lucas, Bernac Debat, hautes Pyrénées,  décès,  bagneres de Bigorre, velo,passion, amitié,Eclectic,

 

 

 RSS feed  André le Bigourdan

 

     un coup de massue, la nouvelle hier soir.

Publiée sur son blog "  Eclectic " par sa famille :

 

André,  Dédé , l'ami poète  de la voisine Bigorre ,  nous a

quittés, sans prévenir, un jour de grande tempête  sur les

Pyrénées qu'il  aimait  tant.

 

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 André,  le poète  passionné de vélo,  de jardinage,

 passionné par son verger et son potager, ami

indéfectible , mari , papa  et papi adorable.

Je me sens dépossédée  d'une réelle amitié, André  , un

des derniers piliers  du blog,  publiant tous les jours des

billets savoureux ou émouvants, nostalgiques, amicaux, qui

n'étaient pas sans m'évoquer ceux de Christian , le

Grillon,  passant poser ses commentaires vivants, drôles,

toujours justes.

A son humour ravageur, je dédie  la note consacrée aux délires de

Gaston Lagaffe,   je suis certaine qu'il adorera.

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 Je pense  en tout premier à  son épouse,  la délicieuse

 Annie, que j'assure ici de ma pensée  fidèle et de mes

 prières 

 A ses enfants, ses petits enfants  qui furent sa joie.

   A ses amis , pour lesquels  il était  l'attachement

  incarné. 

 

  Et je pense déjà au vide  immense que son départ va

creuser, au manque quotidien pour eux  , pour nous.

J'ai mal au coeur. 

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06/02/2017

Tempete chez nous et petit déjeuner au pays du soleil levant

 

       Bon dimanche,  Marcel  décoiffe. .......

 

Sortez bien lestés,   ça  souffle,

 

et pas question de petit déjeuner sur le  balcon. ...

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Rêvant de gâteaux de riz
attachés à des fougères repliées
un oreiller d’herbes
           Matsuo Bashõ ( 1644-1695 )

 

 

Asa -gohan, 朝御飯, あさごはん,   petit déjeuner  traditionnel

japonais.

 

  Sans tout adopter,  si nous changions certaines de nos

  habitudes occidentales  ?

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 Un peu moins de gras, de sucre, ce serait déjà un point positif .

 

Au  Japon  c'est coloré ,  c'est varié,  copieux,  et délicieux  .

 

Pour ce qui est des protéines, les Japonais prennent volontiers

une omelette japonaise, dashi maki tamago,

du saumon grillé, yakijake,

de l’éperlan grillé, shishamo, ししゃも, 

une salade de petits poissons nommés shirasu ,しらす  avec 

ou sans   tofu.

les autres incontournables du petit déjeuner restent les

tsukemono, légumes marinés et saumurés parmi lesquels on

trouve des concombres, des aubergines, des prunes, du

daikon (radis blanc)…

 

Du riz collant ou gluant,

une  soupe miso,

œuf cru, thé vert chaud ou froid,  

nattô - haricots fermentés,    

nori -algues séchées .  

Repas très diversifié,  peu de sucres rapides, pas de gras,

protéines et vitamines.

Une multitude de petits plats pour le petit déjeuner le plus

équilibré du monde. 

 

Tout ce qu'il faut pour bien commencer ce 1°  février  de l'an de

grâce  2017.

 

              

 

 On débute  par shirasu,  petits poissons cuits, servis froid en

 

salade,  puis nattô, - haricots fermentés et riz collant. 

 

 

      Que le jour jour vous soit bon. 

 

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03/02/2017

Février, promenade ferret- capienne

    Février apporte son lot de douceur, de pointe printanière,  

de couleurs et de parfums exquis.

        Au Cap Ferret,   les mimosas sont au rendez-vous

    de la chandeleur .

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29/01/2017

Un autre 28 janvier

 1873  Saint Sauveur en Puisaye

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une farouche volonté de vivre la fit naître " dans cette chambre qu'on ne parvenait jamais à rendre assez chaude "

  C'était il y a 144 ans , au coeur de cette Bourgogne qu'elle vénéra et dont elle louangea avec une inégalable poésie et un amour indéfectible le vin, les coteaux, les demeures  et les gens.

 

" Le jardin du haut commandait un jardin du bas, potager resserré

 et chaud , consacré au piment et à l'aubergine où l'odeur  du

 feuillage de la  tomate se mêlait , en juillet, au parfum de l'abricot

 mûri sur l'espalier. "

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  " Dans la chambre que l’on ne parvenait jamais à rendre assez chaude, je naissais péniblement le 28 janvier 1873... Une quinzaine d'autres 28 janvier passèrent, sans y rien changer, sur cette chambre où je naquis à demi étouffée, manifestant une volonté personnelle de vivre et même de vivre longtemps, puisque je viens d'accomplir le soixante-quinzième anniversaire que mes amis autour de moi s'obstinent à appeler ''un beau jour''. Acceptons qu'ils l'aient rendu beau. Ils m'ont donné tant de choses..."

                                                             Le Fanal bleu

 

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« Toute ma journée s’écoule à chercher, pas à pas, miette à miette, mon enfance éparse aux coins de la vieille maison ; à regarder, aux barreaux de la grille qu’a tordue la glycine puissante, changer et pâlir, puis violacer au loin la montagne aux Cailles. (…) Dans le soir rougeoyant, j’écoute s’endormir le bienveillant jardin. Au-dessus de ma tête zigzague le vol noir et muet d’une petite rate volage… Un poirier de Saint-Jean, pressé et prodique, laisse tomber un à un ses fruits ronds, flogres aussitôt que mûrs, et qui entraînent dans leur chute des guêpes tenaces… Cinq, six, dix guêpes au trou d’une petite poire… Elles tombent en continuant de manger, en battant seulement l’air de leurs ailes blondes… Ainsi battaient, sous mes lèvres, les cils dorés de Rézi… »

                              (Claudine en ménage, 1902)

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"Je ne bouge pas, de peur de dissoudre, derrière moi, le mirage provincial qui monte de mon passé : un salon fané, où la pendule de marbre blanc marque minuit, entre deux bouquets de houx. Sur la grande table, on a simplement poussé un peu de côté les livres à tranche d’or, le jeu de jacquet et la boîte de dominos, pour faire place au gâteau arrosé de rhum et au vieux frontignan décoloré… Il y a, partout, le chaud désordre d’une maison heureuse, livrée aux enfants et aux bêtes..." (Colette)

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"Habituée à coucher dans une chambre très froide, j'ouvris les yeux sans bouger, pour ne pas déplacer le drap que je tirais sur mon nez, ni l'édredon de duvet qui gardait chauds mes pieds sur le cruchon d'eau bouillante. L'aube d'hiver, et ma veilleuse en forme de tour crénelée divisaient ma chambre en deux moitiés, l'une gaie, l'autre triste. Vêtues de sa grosse robe de chambre en pilou violet, doublée de pilou gris, ma mère était debout devant la cheminée et regardait mon lit. Elle chuchota très bas : "Tu dors ? " et je faillis lui répondre en toute sincérité : "Oui, maman.""
     (Colette, "Noël ancien", Cadeaux de Noël, éd. de L'Herne)

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  Et pour célébrer sa  douce  et belle mémoire, un texte  d'amour à la terre du vin.

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  La vigne, le vin   in  Prisons et Paradis  1932

 « La vigne, le vin sont de grands mystères. Seule, dans le règne végétal, la vigne nous rend intelligible ce qu’est la véritable saveur de la terre. Quelle fidélité dans la traduction ! Elle ressent, exprime par la grappe les secrets du sol. Le silex, par elle, nous fait connaître qu’il est vivant, fusible, nourricier. La craie ingrate pleure, en vin, des larmes d’or. Un plant de vigne, transporté par delà les monts et les mers, lutte pour garder sa personnalité et parfois triomphe des puissantes chimies minérales. Récolté près d’Alger, un vin blanc se souvient ponctuellement, depuis des années, du noble greffon bordelais qui le sucra juste assez, l’allégea et le rendit gai. Et c’est Xérès lointaine qui colore, échauffe le vin liquoreux et sec qui mûrit à Château-Chalon, au faîte d’un étroit plateau rocheux.

 De la grappe brandie par le cep tourmenté, lourde d’agate transparente et trouble, ou bleue et poudrée d’argent, l’œil remonte jusqu’au bois dénudé, serpent ligneux coincé entre deux rocs : de quoi donc s’alimente, par exemple, ce plant méridional qui ignore la pluie, qu’un chanvre de racines retient seul suspendu ? La rosée des nuits, le soleil des jours y suffisent – le feu d’un astre, la sueur essentielle d’un autre astre – merveilles…

 Quelle journée sans nuage, quelle douce pluie tardive décident qu’une année de vin sera grande entre les années ? La sollicitude humaine n’y peut presque rien, là tout est sorcellerie céleste, passage de planète, taches solaires.

 Rien qu’en nommant par leurs noms nos provinces et leurs villes, nous chantons la louange des vignobles révérés. Il est profitable à l’esprit et au corps – croyez-m’en – de goûter le vin chez lui, dans un paysage qu’il enrichit. Quelle surprise ne vous réserve pas un pèlerinage bien compris ? Vin jeunet, tâté dans le jour bleu du chai, – « fillette » angevine, décoiffée sous une tonnelle poudrée à blanc par un après-midi d’été bien orageux, – reliquats émouvants découverts dans un vieux cellier, en Franche-Comté, je m’enfuis comme si j’avais volé un musée… Une autre fois, le mobilier boiteux, vendu aux enchères sur une placette de village, comportait, entre la commode, le lit de fer et les bouteilles vides, six bouteilles pleines : c’est là que je fis, adolescente, la rencontre d’un prince enflammé, impérieux, traître comme tous les grands séducteurs : le Jurançon. Ces six flacons me donnèrent la curiosité de leur pays d’origine plus que n’eût fait un professeur. J’accorde qu’à ce prix les leçons de géographie ne sont pas à la portée de tout le monde. Et ce vin glorieux, un jour, dans une auberge, si noire que nous n’avons jamais su la couleur du vin qu’elle nous versait… Ainsi une voyageuse garde le souvenir d’une surprise nocturne, de l’inconnu sans visage qui ne se fit connaître que par son baiser…

 Le snobisme gastronomique suscite une levée d’hostelleries et d’auberges telles qu’on n’en vit jamais. Il révère le vin. D’une fois mal éclairée, confessée par des bouches, hélas, que blindèrent cocktails, apéritifs vénéneux, foudroyants alcools, la sapience renaîtra-t-elle ? Souhaitons-le. L’âge venant, j’offre, pour ma petite part, l’exemple d’un estomac sans remords ni dommages, d’un foie tout aimable, d’un sensible palais conservé par le vin probe. Emplis donc, vin, ce verre que je tends. Verre fin et simple, bulle légère où jouent les feux sanguins d’un grand ancêtre de Bourgogne, la topaze d’Yquem, le rubis balais, un peu mauve parfois, du bordeaux au parfum de violette…

 Vient un temps de la vie où l’on prise le tendron. Sur un rivage méridional on me garde un chapelet de rondes dames-jeannes clissées. Une vendange les gorge, la vendange suivante les trouve vides, et les remplit à son tour. Ne dédaignez pas, détenteurs de fines bouteilles, ces vins à courtes échéances : c’est clair, sec, varié, cela coule aisé du gosier aux reins et ne s’y arrête guère. Encore qu’il soit de tempérament chaud, nous ne regardons pas, là-bas, si la journée est torride, à une grande pinte de ce vin-là, qui délasse et laisse derrière lui un double goût de muscat et de bois de cèdre… »

 

"Avec le recul du temps, Colette apparaît de plus en plus comme l’un des écrivains majeurs du XXe siècle français, avec Proust, son contemporain. Comme lui, ses racines sont dans le XIXe siècle finissant, dont leur vie et leur œuvre défient les conventions et les hypocrisies. Cela tout en préparant en profondeur des transformations du masculin et du féminin dont nous n’avons pas fini d’assimiler les conséquences. Colette, la jeune fille parfaitement libre des années 1900, se construit progressivement par l’écriture à travers d’abord son personnage de Claudine et l’invention d’un style et d’une langue extraordinairement personnels." Avant-propos de Michel Pierssens au séminaire qu'il consacrait à Colette, en 2016, au Canada.

 

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