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21/04/2016

Globophabe, BON ! et alors ?

 

 La plaidoirie  de Me Trolos, dans  " 9 mois ferme "

 Nicolas Marié, irrésistible  avocat  bègue ,

      un grand moment, une anthologie  du rire  ! 

si vous n'avez pas vu le film dans  son entier, 

rattrapez-vous vite fait, vous  ne le regretterez pas, 

                bonne  semaine.

 

10/03/2016

"Saint Amour" et autres toiles grand écran

 

Que dire sans  être  trop vache ?

"saint amour",the assassin ",gustave  kervern,benoit  delépine,vincent  lacoste,gérard  depardieu,benoit  poelvoorde,"ya  basta  " court métrage,michel houellebecq

 

un petit film,  interprété  moyen ,

un tout petit road movie qui se  voudrait initiatique  , et

drôle, que j'ai  trouvé plutôt pathétique ,

retrouvailles  du fils céréalier alcoolique et du père

éleveur sur fond de salon de l'agriculture et de verres

sifflés  à la  va-vite sans goût,entre  deux parties  de 

jambes en l'air et  le tout termine  dans une  ferme,

sorte de phalanstère idéal, trois papas pour un marmot,

une pesanteur  finale  pénible...

  Ce n'est pas  un film  de  garde, pas plus  que  le saint

amour d'origine...il   n'étanchera pas  votre soif de

vrai plaisir  cinématographique.

  En résumé , une   médiocre et  inconsistante pochade 

pour boit-sans  soif.

 

    Le  film   ne vaut que pour  deux   choses :

 

hilarité totale  avec  Houellebecq en  propriétaire

déjanté de  chambre   d'hôtes, grand  moment   !

 

et puis  le court métrage  précédent  le  film aux 

séances  du  Méliès :

" Ya Basta ", de  Sébastien  Rost et  Gustave  Kervern

11 minutes  délirantes  et franchement  tordantes !

 

 

 

 

 

Je vous laisse avec la bande annonce  qui promettait

mieux;

 

si vous  appréciez  le vrai bon vin, le beau cinéma,

l'humour  fin ou intelligent,  changez de  salle  tout  de

suite. 

(tiens , pareil pour Ave Cesar  des frères Coen, on a 

beaucoup ri aux images annonces, on s'est ennuyés 

ferme  au film...)

 

J'attends  avec une  esthétique impatience  

"The Assassin  "聶隱娘, Nie yinniang,

de Hou Hsiao- Hien  ,

sortie  mercredi, ça s'annonce  somptueux,

mais il nous a habitué aux  chefs  d'œuvre

 


 

 

 

04/03/2016

"The Revenant"

   Le scénario  s'inspire du livre  de  Michael  PUNKE, passionné  par la vie des pionniers,  de ces conquérants  de l'Ouest américain. Ici, Nord Ouest  américain  1820 , nous avons  à faire à des trappeurs, au cœur d'une nature grandiose, filmée avec  toute la splendeur qu'elle mérite.  On n'oubliera pas  de si tôt les contre plongées fantastiques des forêts  , ces arbres  qui tutoient le ciel et dont les cimes semblent se rapprocher. Cette technique  est quasiment  permanente, parfois,  nous donnant la sensation d'un film  tourné  à ras  de terre, et regardant vers le haut.

  Lumière naturelle, couleurs  de pluie, de neige, ombre des forêts, eaux torrentueuses  vertes, bleu-glacier, écumantes. L'extrême violence de nombreuses scènes  du film est comme atténuée par la beauté plastique de l'ensemble; personnellement, c'est ce que je retiendrai de " The Revenant ", mais aucune  émotion pour le héros, aucune empathie.

  Pour le reste, une indéniable performance  d'acteur  de la part de Leonardo DiCaprio,  bien dirigé , et dont les aventures  multiples  de survie à la limite  de l'impossible  nous tiennent en haleine   durant  les 2 heures trente  du film. Pas de temps morts, mais  beaucoup de  morts, du gore en veux - tu en voilà!  oui, de la violence parfois très difficile  à supporter,  servie par une bande  son et une  musique originale  épatantes, ( le long  de la rivière, s'égrène un thème qui n'est pas  sans rappeler  Gustav Mahler )

 

  Alejandro González Iñárritu nous offre là un film technique esthétiquement réussi , très  "américain " mais qui ne soulève pas réellement l'enthousiasme, malgré la performance  de  DiCaprio, méconnaissable, mi homme mi bête, qui grogne,  se traîne    sur les coudes, déchiquète  à pleines  dents  du poisson ruisselant, se coltine  un ours   (scène  impressionnante ) avance  mû par ses visions,  au cœur  d'un scénario qui fait un usage  sans   limite du manichéisme , des situations  attendues, des symboliques   énormes ( la " re- naissance  "  du héros   qui s'est abrité dans le ventre fumant et chaud de son cheval mort ...)

  L'ensemble  ne me laisse déjà pas , au bout de  deux jours, un souvenir extraordinaire ; la forme y est, mais tout ça manque  de réflexion, de  fond, le  trop "animal " nous guette , le tape  à l'œil , la démesure  fonctionnent à plein régime , mais  n'apportent  rien...

 DéceptionThe-Revenant-Teaser-1

 

. Beeldschone foto’s van ‘The Revenant’ met Leonardo DiCaprio

... Emmanuel Lubezki, The Revenant - Below the Line | Below the Line

.

 

 

The revenant

19/02/2016

Les Innocentes

 Pologne, décembre 1945.

  Mathilde Beaulieu, une jeune interne de la Croix-Rouge chargée de soigner les rescapés français avant leur rapatriement, est appelée au secours par une religieuse polonaise. D’abord réticente, Mathilde accepte finalement de la suivre dans son couvent où trente Bénédictines vivent coupées du monde. Elle découvre que plusieurs d’entre elles, violées par des soldats soviétiques, sont sur le point d’accoucher. Peu à peu, se nouent entre Mathilde, athée et rationaliste, et ces religieuses, attachées aux règles de leur vocation, des relations complexes que le danger, la clandestinité des soins et de nouveaux drames vont aiguiser…C'est ensemble qu'elles retrouveront le chemin  de  la vie.

les innocentes.jpg

 

Avec une telle matière, j'attendais un  des grands films  de l'année;

 

à quoi donc  tient ma réserve?

 

sûrement pas  à ce pan mal ou inconnu  de la guerre   de l'Histoire  de la Pologne,  de notre histoire,

 

sûrement pas au remarquable casting côté polonais,  mention toute particulière à Agata  Buzek, sœur MariaLes Innocentes : Photo Agata Buzek

sûrement  pas  au traitement  quasi noir et blanc  qui sied tout particulièrement à la narration de  la tragédie.

 Si je reviens  sur un récit qui met en image la vie religieuse et ses aléas, ses difficultés, ses contradictions, ses déchirures et ses joies, " IDA " un autre  film polonais  , en N & B strict, lui, m'avait bouleversée, émue  aux larmes, touchée profondément et durablement,

Ida corre verso l’Oscar: due nomination per il film polacco in ...

 

 Ida [film 2013]

 

 Là, ce ne fut pas le cas, alors que l'empathie pour ces  religieuses enfantant à la suite de viols commis par les soldats soviétiques  est fortement   présente. Le film  demeure sensible, et évolue  entre  la grâce et l'horreur.

 

le sinnocentes, anne fontaine,   bénédictines,  pologne, viol, grossesses, accouchement, drame,  guerre,soldats  soviétiques

 J'ai ressenti  une fracture temporelle entre  le rôle de Mathilde Beaulieu et la jeune Lou de Laâge,  qui fait de son mieux, mais  sans doute  trop "actuelle" physiquement pas toujours crédible , elle n'est pas vraiment  dans le ton . Vincent  Macaigne  s'en tire  mieux.

 Cette aventurette amoureuse n'apporte strictement rien à l'histoire.

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 Par contre,  Agata   Buzek campe une sœur Maria  formidable de tempérament, de courage, d'intelligence, de charisme. Un jeu  fluide,  emprunt  de délicatesse et  de  force tout à la fois.

les-innocentes. g.jpg

 

 Un film intéressant, un  bon  film, mais pas un grand film, malgré un scénario porteur qui aurait dû nous conduire à un chef d'œuvre digne  de Bernanos, on en est  assez  loin .

 

  Le sociologue Josselin Tricou nous révèle les réalités qui se cachent derrière cette fiction.

Dans "Les Innocentes", nous découvrons des cas de viols dans un couvent catholique polonais, en 1945. Au regard de l'histoire, ce drame est-il unique ?

Cette situation est intéressante du fait qu'elle soit connue, la discrétion étant souvent de mise autour de tels faits. Il est fort possible que d'autres sœurs aient été violées dans un contexte de guerre sans que ces drames n'aient été ébruités. Car les religieuses n'ont pas échappé aux viols massifs qui se déroulent en temps de conflit. Toutes les armées, lorsqu'elles envahissent un pays, s'attaquent aussi au corps des femmes. En Libye, par exemple, les partisans de Mouammar Kadhafi ont utilisé sciemment le viol comme une arme de guerre. La seconde particularité de cette histoire tient au fait que ces viols ont été commis par des soldats russes, c'est-à-dire des personnes inconnues de ces sœurs. Alors que la grande majorité des viols perpétrés sur des religieuses, et dont nous avons connaissance, sont commis par des prêtres ou des évêques, donc des proches des victimes, comme la plupart des agressions sexuelles aujourd'hui.

Des critiques de cinéma affirment que ce viol constitue une double peine pour ces bénédictines à cause de leurs vœux religieux et notamment celui de chasteté. Qu'en pensez-vous ?

Non, je ne suis pas si certain. Un viol constitue une agression exercée contre une personne dans son intimité, qu'importe qu'il s'agisse d'une religieuse, d'une laïque ou même d'un homme. Attention à l’implicite moralisant : un viol serait plus traumatisant pour une « vierge » que pour une « putain ». Il s'agit avant tout d'une violence. Quant à la peur du rejet social éprouvée par ces sœurs, elle est vécue par l'ensemble des femmes violées. Néanmoins, l'agression sexuelle à l'encontre de ces bénédictines entre en imbrication avec une autre violence, celle exercée par l’institution catholique de l'époque. Dans l’après-guerre, l’Église n'a de cesse de réprimer le corps et la sexualité. Dans les séminaires et les couvents, il est encore d'usage, par exemple, de dormir les mains hors des draps pour éviter tout risque de pratiques impures. Cette obsession contre la sexualité joue évidemment un rôle dans la réaction de ces femmes.

Dans le film, les sœurs se questionnent sur leur croyance en Dieu. Lorsque le corps d'un religieux est touché, doute-t-il plus de sa foi ?

Évidemment ! Quand le corps est atteint, la foi est bousculée. Car celle-ci se développe avant tout par le corps à travers des pratiques religieuses ou des rituels. Par leur vie spirituelle réglée et collective, cette corporéité de la foi est très forte chez les frères et les sœurs. Ce processus d'appropriation de savoir-faire et de savoir-être par l'exercice d'une profession se nomme en sociologie « une incorporation ». Quant au doute, comme le montre très justement ce film, il est permanent. La foi n'est pas un objet possédé, que nous détenons ou non. Dans une scène, une sœur déclare que la foi, c'est 24 heures de doute pour une minute de certitude. C'est très juste.

Ce couvent vit dans la peur permanente que les viols et les grossesses soient révélés au monde extérieur. Comment expliquer cette crainte ?

Deux logiques régissent le comportement de ces servantes de Dieu. La première est celle de l'ordre du genre qui installe une hiérarchie entre les hommes et les femmes dans toute société. A cause de cette domination sociale, qui s'exacerbe en temps de guerre, seules les femmes supportent la culpabilité des pulsions violentes des hommes. Le viol s'inscrit dans ce processus. Ainsi, ces religieuses, se sentant responsables, se murent dans un silence honteux, coupable. La seconde logique est ecclésiale, c'est celle du maintien de l'ordre et de la crainte du scandale. Elle est incarnée dans le film par le personnage de la mère supérieure, capable du pire pour éviter le déshonneur du couvent. Dans l’Église, jusqu'à maintenant, le scandale était souvent perçu comme plus grave que les actes, car toute l'institution religieuse fait corps ensemble. Si un de ses membres tombe, il entraîne ses confrères dans sa chute. Cette logique est encore apparue en octobre dernier lorsque le prêtre polonais Krzysztof Charamsa a fait son coming-out à la télévision, la veille du synode sur la famille. Sur Internet, d'autres prêtres ont commenté que ce qui était perturbant n'était pas tant que ce prêtre ait des pratiques homosexuelles, mais qu’il les revendique publiquement.

Une des scènes montre le malaise d'une sœur à être auscultée par la médecin de la Croix-Rouge. Cette gêne peut-elle être justifiée par le vœu de chasteté ?

Selon moi, cette réaction relève avant tout du manque d'éducation sexuelle de ces sœurs. A cette époque, la sexualité ne s'apprend que par le mariage. A cela, s'ajoute l’obsession ecclésiale pour la pureté du corps déjà évoquée auparavant. Néanmoins, la théologie catholique a évolué sur ces questions. Aujourd'hui, la chasteté dépasse la seule abstinence sexuelle et n'est plus réservée qu'aux prêtres et aux religieux. Il s'agit d'un engagement de toutes et de tous y compris dans le mariage. Pour les prêtres, cette définition revêt aussi un sens plus large. Si nous interrogeons un père à ce sujet, il risque d'évoquer l'interdiction de convoiter du regard une paroissienne pour en faire un objet de son désir de pouvoir sexuel ou économique.

Selon vous, si le drame dépeint dans le film se déroulait aujourd'hui, quelles évolutions pourrions-nous constater ?

Cette situation pourrait se renouveler à notre époque. Car des viols de guerre se déroulent encore tous les jours. De même, dans des contextes de paix, les violences exercées contre les femmes restent massives. Selon l'Ined (Institut national d'études démographiques), en France, chaque année, 216 000 femmes sont victimes de violences physiques ou sexuelles. Et ceci n'est qu'une estimation basée sur les chiffres déclarés. Malgré ces constats, nous remarquons des évolutions notamment grâce à l'apport des sciences humaines sur ces questions. En 1976, une première historienne, Suzan Brownmiller, s'est intéressée aux viols pendant la Seconde Guerre mondiale. Depuis cette date, grâce aux connaissances apportées par les sciences humaines, la société prend mieux en compte ces réalités. Ce tournant féministe dans la recherche a permis de réaliser qu'il existe une invisibilisation des violences perpétrées sur les femmes du fait d'un ordre social machiste et androcentré. Quant au déni de l’Église par rapport à ces drames, il s'est aussi amoindri au fil des années, l’institution ecclésiale étant aussi pénétrée par cette prise de conscience. La preuve en est avec la dénonciation au Vatican d'une ONG anglaise, membre du réseau Caritas, de viols commis sur des religieuses dans le continent africain, durant les années 80. Au lieu de fermer les yeux, Rome a reconnu les faits. Si la souffrance de ces sœurs n'est pas encore prise en charge, une première étape a été franchie : il est aujourd'hui possible de parler de ces crimes.

 

paru  dans  la newsletter  du Monde  des Religions 

  7 mars 2016

 

 

 
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