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31/08/2016

Montesquieu, baron de la Brède

  Tout près  de Bordeaux, quand on musarde entre vignoble

 et châteaux...............

 soudain, ce que l'on cherchait ,

 le château, La Brède, la demeure  de Montesquieu

un lieu éclairé par la lumière de l'esprit,

on se surprend à faire émerger  de la mémoire des

extraits des "Lettres Persanes" ou ce savoureux passage 

de " de l'Esprit des Lois " au livre XV, terrible

réquisitoire contre l'esclavage :

 " Si j'avais à soutenir le droit que nous avons eu de rendre les nègres esclaves, voici ce que je dirais : Les peuples d'Europe ayant exterminé ceux de l'Amérique, ils ont dû mettre en esclavage ceux de l'Afrique, pour s'en servir à défricher tant de terres. Le sucre serait trop cher, si l'on ne faisait travailler la plante qui le produit par des esclaves. Ceux dont il s'agit sont noirs depuis les pieds jusqu'à la tête ; et ils ont le nez si écrasé, qu'il est presque impossible de les plaindre. On ne peut se mettre dans l'esprit que Dieu, qui est un être très sage, ait mis une âme, surtout une âme bonne, dans un corps tout noir. Il est si naturel de penser que c'est la couleur qui constitue l'essence de l'humanité, que les peuples d'Asie, qui font des eunuques, privent toujours les noirs du rapport qu'ils ont avec nous d'une manière plus marquée. On peut juger de la couleur de la peau par celle des cheveux, qui chez les Égyptiens, les meilleurs philosophes du monde, était d'une si grande conséquence, qu'ils faisaient mourir tous les hommes roux qui leur tombaient entre les mains. Une preuve que les nègres n'ont pas le sens commun, c'est qu'ils font plus de cas d'un collier de verre que de l'or, qui chez des nations policées, est d'une si grande conséquence. Il est impossible que nous supposions que ces gens-là soient des hommes, parce que, si nous les supposions des hommes, on commencerait à croire que nous ne sommes pas nous-mêmes chrétiens.   Des petits esprits exagèrent trop l'injustice que l'on fait aux Africains : car, si elle était telle qu'ils le disent, ne serait-il pas venu dans la tête des princes d'Europe, qui font entre eux tant de conventions inutiles, d'en faire une générale en faveur de la miséricorde et de la pitié."

 

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Chateau Brede signature Montesquieu 2
 

  Le Château de La Brède : c’est là qu’est né Montesquieu, c’est là qu’il est toujours revenu, fidèle à ses racines et à lui-même. Un domaine qu’il a patiemment agrandi et soigneusement géré, un parc qu’il a embelli, une chambre où il recevait parfois ses visiteurs, une bibliothèque qu’il a emplie de livres et d’où il pouvait contempler cette terre tant aimée.  

 Transmis à ses descendants, le château et son domaine, classés au titre des Monuments historiques, ont gardé l’esprit de Montesquieu et le souvenir d’une histoire de huit siècles.

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  Charles-Louis de Secondat (dit Montesquieu) naît le 18 janvier 1689, à La Brède, de l’union de Jacques de Secondat et de Marie-Françoise de Pesnel, qui lui transmettra la baronnie et le château de La Brède.

 

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  Au château de La Brède, Montesquieu a un précepteur puis est envoyé à 11 ans au collège oratorien de Juilly, près de Meaux. Il revient à Bordeaux cinq ans plus tard pour étudier le droit, car il doit hériter de son oncle la charge de président à mortier (juge) au parlement de Bordeaux. Enfin, il complète sa formation à Paris où il fréquente les milieux savants et lettrés.

  À la mort de son père en 1713, Charles-Louis devient baron de la Brède et hérite d’une importante fortune foncière ; son frère et ses sœurs ont été placés en religion pour que le patrimoine reste aux mains de l’aîné de la famille. En 1715, contre l’avis de ses oncles, il épouse Jeanne de Lartigue, une protestante qui restera fidèle à sa religion malgré la révocation de l’édit de Nantes qui l’interdit ; elle est seule héritière d’une riche famille. Ils auront trois enfants : Jean-Baptiste en 1716, Marie Catherine en 1717 et Denise en 1727.

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  En 1716, à la mort de son oncle, il hérite de toute sa fortune, de la baronnie de Montesquieu et de la charge de président au parlement. Mais la pratique quotidienne du droit lui pèse : il l’abandonnera en 1726. Il se consacre plus volontiers aux lettres et aux sciences, notamment au sein de l’académie royale de Bordeaux : anatomie, sciences naturelles, grandes questions politiques et éthiques, tels sont ses centres d’intérêt privilégiés pour lesquels il écrit ses premiers mémoires.

  Dans les Lettres persanes, qu’il publie anonymement en 1721 à Amsterdam, en faisant parler des Persans qui découvrent Paris, il compose un tableau satirique de la France de la fin du règne de Louis XIV et de la Régence ; les traits les plus audacieux visent la religion. L’immense succès de ce roman, qui unit les charmes de la fiction orientale, l’humour et la plus grande liberté intellectuelle, lui ouvre les portes des salons parisiens, notamment celui de l’influente marquise de Lambert, et peut-être du club de l’Entresol. Ces salons et les milieux libertins qu’il fréquente alors lui inspirent Le Temple de Gnide, roman considéré  comme licencieux .

  Libéré de sa charge de président en 1726, Montesquieu peut se présenter à l’Académie française ; les Lettres persanes, qui sont son principal titre de gloire, suscitent de fortes réserves, d’autant que l’Académie y était moquée. Il vainc toutes les résistances ; peu de temps après sa réception (1728), il parcourt l’Europe pendant trois ans, à la découverte des systèmes politiques et économiques, des mœurs, de la religion, de la culture, de la géographie des pays qu’il va traverser, mais aussi, et peut-être avant tout, pour devenir diplomate. Ses ambitions sont déçues, mais riche d’observations, notamment après un séjour de dix-huit mois en Angleterre, il revient en 1731 en Bordelais. Il réside au Château de La Brède et chez son frère, doyen de la basilique Saint-Seurin à Bordeaux, tout en faisant des séjours réguliers à Paris.

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 En 1734, il publie les Considérations sur les causes de la grandeur des Romains et de leur décadence ; il fait détruire tous les exemplaires (sauf un) des Réflexions sur la monarchie universelle, trop critiques envers le pouvoir. C’est surtout L’Esprit des lois qui assurera son renom dans le monde entier. Dans cet ouvrage publié à Genève en 1748, Montesquieu établit les principes fondamentaux et la logique des différentes institutions politiques. Cette œuvre rencontre un grand succès mais elle est aussi critiquée, notamment par les autorités religieuses, ce qui conduit Montesquieu à publier en 1750 la Défense de L’Esprit des lois. L’Europe entière n’en salue pas moins cette œuvre novatrice, qui permet de comprendre le fonctionnement des sociétés à la lumière de l’analyse politique.

 

 Le 10 février 1755, à l’âge de 66 ans, après avoir géré activement, toute sa vie, ses propriétés et plus spécifiquement le Château de La Brède et son domaine, Montesquieu décède à Paris où il est inhumé en l’église Saint-Sulpice.

 Précurseur de la sociologie, philosophe et écrivain français, Montesquieu fait partie des grands penseurs politiques du Siècle des Lumières.

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20/08/2016

Essai comparatif.

    Ô tempora, Ô mores, question   de  niveau de langue,

question  de valeur, de  respect  de la France et  de  la

fonction présidentielle  ! ...........

 

    Quand l'ego  crève le plafond, et que nous,

  nous touchons  le fond ,

 

   quand, au lieu de parler  France,  économie, société,

   éducation,  santé,  gestion et  avenir  du pays,

   devenir  du peuple de France , les  politiques se

   vautrent   dans leur vie personnelle, l' angoisse sur

   leur    postérité...

quand leur propre personne, la pellicula    des Latins, 

pelliculam meam curo

je prends  soin  de ma petite personne

prend le dessus  sur l'intérêt général, les

confessions   de  Hollande  nous laisseront

sans  doute un goût amer et une image    terrible  de  cet

homme, qui comme  beaucoup de politiques, ne se

soucie  que son ego. Son mariage,   son avenir,  sa  vie

privée,  son image   dans la  postérité ...

au moment  où la France  traverse  sans doute une de 

ses pires crises, c'est pathétique de voir combien celui

qui  placé   à la plus haute   fonction de l'Etat Régalien,  

se soucie de LUI.  Ce ne  sont   que  des extraits,  mais

ils ne me donnent guère envie  de connaître  le reste.

 Ecoutez-le, lis-le et faites  vous votre opinion :

 

  "  Le mariage ? Je n'y suis pas opposé par principe, mais

 j'arrive à un âge où ça devient moins probable. Mais c'est

 possible, oui..."

  "J'ai fait cette annonce de l'inversion de la courbe du

chômage parce que je croyais encore que la croissance

serait de 0,7-0,8, elle sera finalement de 0,1 ou 0,2. Puis je

répète cet engagement lors des vœux le 31 décembre 2012.

J'ai eu tort ! Je n'ai pas eu de bol !"

 

 

  "Ce qui est terrible, c'est de faire un mandat présidentiel

dont il ne reste rien. Sauf une bonne image, dans le meilleur

des cas. Ce serait terrible. Se dire : « J'étais là, j'ai occupé

la fonction. Mais qu'est ce que l'Histoire retiendra ? » "

 

 

" je n'ai pas  eu  de bol "

 

            pauvre pomme !

c'est la France  qui n'a pas  de bol  de se traîner de tels  boulets

Hollande,   pas  de bol, déclaration ,général  de Gaulle

21/04/2016

Globophabe, BON ! et alors ?

 

 La plaidoirie  de Me Trolos, dans  " 9 mois ferme "

 Nicolas Marié, irrésistible  avocat  bègue ,

      un grand moment, une anthologie  du rire  ! 

si vous n'avez pas vu le film dans  son entier, 

rattrapez-vous vite fait, vous  ne le regretterez pas, 

                bonne  semaine.

 

07/03/2016

Andreï MAKINE, le Russe Immortel

   Je dédie cette note  à mon  fidèle et anonyme lecteur

 russe, qui, chaque jour, passe lire mes notes en toute

discrétion, qu'il trouve   ici le témoignage  de mon

admiration pour son pays. 

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 L'écrivain d'origine russe Andreï Makine, lauréat du prix

Goncourt et du Médicis en 1995 pour Le Testament

français, a été élu à l'Académie française, jeudi 3 mars,

dès le premier tour, avec 15 voix sur 26 votants.

 

  Il occupe le siège laissé vacant par Assia Djebar,

morte un an plus tôt.

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   Une   belle et légitime reconnaissance  pour Andreï

  Makine    dont l'œuvre  rédigée  dans une langue

  française magnifique, peut damer le pion à bien des 

  écrivassiers...et écrivassières hexagonaux .

Mais aussi une reconnaissance  envers la Russie  qui fut si

francophone ! dans les familles aristocratiques,

on  maitrisait parfaitement  le français  , les

enfants avaient des nounous et des précepteurs français,

plusieurs grands écrivains russes créaient leurs œuvres en

deux langues à la  fois  en russe et en français, qui était

presque leur langue maternelle, puisqu'ils le parlaient dès

leur petite enfance .

  Il était autrefois de bon ton, à la cour impériale

de Russie et dans l'élite culturelle et scientifique du pays,

d'utiliser le français comme langue véhiculaire. La langue

de Molière,  de Voltaire n'avait  aucun  secret pour

eux , nombre d'écrivains russes  ont émaillé leurs œuvres 

de phrases entières en français 

  ( Dans La Guerre et  la Paix, de Léon Tolstoï,

  un personnage du dit que « même étant né en Russie,

  il pense en français"   )

 

Je conserve un souvenir bouleversé 

          du   Testament français,

andrei.jpg

andrei testament.jpg

 

      un éloge   superbe à notre langue,

une histoire   de famille , un pan  de la Grande Histoire ,

récit   autobiographique   sensible  à travers la grand

mère française émigrée  en Sibérie entre  les deux

  guerres et qui  berce l'enfance  de  son petit fils de la

France, de Paris ; l'enfant  s'imprègne  de  cette

culture   si éloignée  géographiquement mais si proche,

  peu à peu accède à la langue , et  métamorphose  la

France  en son paradis , auquel il aspire, et finira par y

accéder.

   Aujourd'hui, voilà  Makine  au sommet  de la Culture

française  et c'est plus que mérité, lui qui s'est fait   le

chantre de la francophonie, de la défense et  de l'amour

  de  la France et  de sa culture; avant même  l'élection

de Makine , l'hebdomadaire  Valeurs  Actuelles , sous la

plume de  Laurent Dandrieu, célébrait l'écrivain 

d'origine russe, détenteur d'une thèse  sur la littérature

française contemporaine

Роман о детстве в современной литературе Франции (70-80-е годы) " Roman sur l'enfance dans la littérature française contemporaine (des années 70-80)"

enseignant  à Novgorod, premier roman   rédigé en

français  en 1990 " La fille d'un héros d'union soviétique "

 naturalisé français après qu'il  ait été couronné  par le

Goncourt et le Médicis pour le "Testament Français " en

1995.

 

  Ce  Français  d'adoption  nous marque par son amour

passionné et douloureux pour   notre pays.

 

à lire :

 

Cette France  qu'on oublie d'aimer (2006 )

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Un vieil homme rencontré de nuit dans une gare glaciale de Sibérie raconte comment, alors qu’il allait donner son premier concert de jeune pianiste promis à un brillant avenir, il doit fuir Moscou en mai 1941, se réfugier en Ukraine, endosser l’identité d’un soldat mort et faire la guerre; comment il vécut dans la crainte de trahir son identité, comment il fut sauvé par une femme dans un cimetière de neige; comment de retour à Moscou, il tentera de retrouver les siens et soulèvera à nouveau le couvercle d’un piano comme on soulève celui d’un cercueil.

 

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 Le Testament français : un titre en apparence fort simple, mais où chaque mot compte...

  Andreï Makine C'est en effet l'histoire d'une transmission de connaissance, d'un passage culturel, où une femme - ma grand-mère, Charlotte - lègue une culture, un pays à son petit-fils. Et ce pays est la France. Ce legs n'est pas un héritage au sens matériel, mais un testament au sens intellectuel.

  C'est dans ce sens que vous parlez de langue « grand-maternelle »...

  Andreï Makine C'est précisément ce que j'ai ressenti dans mon enfance. On ne choisit pas sa langue maternelle. Ma grand-mère, elle, me proposait de me transmettre sa France, et j'étais libre d'accepter ou de refuser. D'ailleurs, en grandissant, l'enfant oscille entre ces deux attitudes. Mais peut-on naître biculturel, ou bilingue ? Bilingue, oui. Biculturel ? C'est plus délicat : comment garder son équilibre personnel tout en vivant à cheval sur deux cultures ?

  D'un autre côté, votre grand-mère vous avait transmis une France depuis longtemps disparue, celle du Second Empire et de la Belle Époque...

  Andreï Makine C'est justement cela qui est intéressant : découvrir la France à travers des constantes plus ou moins intemporelles. Parler du caractère français, de l'esprit français, du regard français peut paraître réducteur. Pourtant, ces constantes sont nécessaires pour établir une identité qu'on ne peut définir plus précisément. C'est aussi l'histoire de la France projetée sur l'écran russe. Une France que les Français eux-mêmes ne connaissent pas, parce qu'elle leur semble naturelle.

  À l'inverse, l'Union soviétique que vous décrivez ne ressemble pas à ce que les Français en percevaient...

  Andreï Makine En effet. À travers les images officielles - qui n'étaient pas les mêmes que les nôtres -, vous viviez dans l'obsession de ce grand voisin, empire du mal pour les uns, objet de fascination pour les intellectuels de gauche. Il y avait ce double message, doublement faux, de l'Enfer et du Paradis. En étudiant son propre pays à travers la vie russe de Charlotte, l'enfant découvre une Russie inconnue. Vue par les Occidentaux, la Russie était souvent considérée comme une sorte de grand goulag invivable. Pourtant, et c'est là le grand mystère russe, les gens réussissaient à vivre sous ce régime. Et, par sa vie, Charlotte a apporté une réponse à cette question, en montrant que face à un régime inhumain, atroce, la grandeur de l'homme est de dépasser cette cruauté.

  Vous-même, comment avez-vous perçu la réalité française actuelle quotidienne, par rapport à la France mythique de votre enfance ?

  Andreï Makine Je pense n'avoir jamais connu cette vie quotidienne. Pour être vraiment inséré dans le tissu du vécu national, il faut travailler dans une entreprise française, être marié à une Française, avoir des enfants qui vont à l'école française... Ce n'est pas vraiment mon cas. Par la force des choses, je suis resté un peu en marge de ce pays. Cependant, j'ai retrouvé les Français tels qu'ils avaient été décrits par ma grand-mère, ou par Balzac. Certes, il m'est arrivé d'avoir parfois un regard un peu trop romanesque, je m'imaginais rencontrer des éditeurs ou des journalistes tout droit sortis de La Comédie humaine... Mais ce n'est pas un regard faux : c'est un regard qui globalise, qui est parfois plus perspicace car il s'attache à l'essentiel dans l'homme, et non à l'éphémère ou au superficiel.

  À propos de regard, celui que vous portez sur la littérature contemporaine n'est pas tendre...

  Andreï Makine On peut être très pessimiste quand on voit le livre devenir une marchandise bradée, dépréciée, un objet que l'on jette, des écrivains transformés en clowns sur un plateau de télévision... C'est impensable en Russie, où l'écrivain a toujours été respecté comme un demi-dieu, même s'il vivait très modestement. En même temps, la vraie littérature est comme un ruisseau qui contourne d'une façon ou d'une autre les barrages qui l'entravent. Elle trouve toujours ses lecteurs. Après tout, quand on extrait l'or, on rejette quatre-vingt-dix-neuf pour cent de roches stériles ; au nom de quoi devrait-on obtenir cinquante pour cent de réussite en littérature ? Au fond, la vraie littérature et la vraie poésie ont toujours été beaucoup plus rares que les pépites d'or.

 

 
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