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11/12/2016

Plonk et Replonk

Un brin d'humour ,  ça ne peut faire que du bien,

merci à mes Helvètes  préférés,   Plonk et Replonk ,

pour leurs détournements désopilants

Plonk et replonk, Suisse,humour, détournement,ile de pâques,  baignade, villégiatures,

19/11/2016

Ce sera tout pour cette fin de semaine

Arrogance,   incompétence,  impolitesse,

orgueil incommensurable,  moi je  moi  je...

                            Ces journalistes. .....

 

C'est tout . Euh ... non...

Le bonheur du replay

  La Grande Librairie , La beauté,   l'âme,  

                        François  Cheng,

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   Luc  Ferry,   Abd Al  Malick ,  une heure et demie qui

  nous grandit,

 nous ouvre large le cœur.  

     Merci pour ces instants rares.  La beauté !

          L'âme,  ça fait  du bien !  

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13/11/2016

Les cousins Lorrin

Petit message   personnel, vers Moscou

 

Спасибо Татьяна из вашего прохода, видите вы скоро на берегу (диапазон) сразу после холодов! Дружба

 

 

Les cousins Lorrin n’appartenaient à aucune époque, aucun siècle n’était fait

pour eux.


  Ils étaient hors du temps, hors des temps, intemporels, sous la houlette du

patriarche Louis dont on disait qu'il avait fait de brillantes études; je n'ai 

jamais su lesquelles. Jamais il ne travailla. 

 Louis, à l’âge de vingt-deux  ans  avait épousé sa cousine germaine,

Catherine, la fille de son oncle maternel, car il n’est pas bon que se

dissolvent les patrimoines dans les familles cauchoises. La meilleure tactique

avait été donc et depuis de nombreuses générations de faire s’épouser entre

eux les  cousins et cousines, plutôt germains, pour rapprocher les terres,

pour resserrer les demeures, pour éviter de voir s’éparpiller les biens.

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  Ainsi donc Louis, et Catherine , ménage exemplaire,  se virent à la tête de

nombreuses propriétés, domaines agricoles, vastes demeures bourgeoises,

métairies, entourées de haies de peuples et de hêtres , dignes héritiers des

personnages de Maupassant.

 Le lit conjugal servit, et Louis accomplit son devoir d’ensemencement ;

Catherine accoucha en six ans de cinq enfants.

 La vaste demeure longeait la rue principale du bourg, six fenêtres aux

 

barreaux serrés, dont les volets se fermaient dès cinq heures du soir.

 

Un jardin sur l’arrière, prolongé d’un potager, puis les champs. Point d'amis,

 

(Louis aimait à proclamer que les seuls amis des enfants sont leurs parents ) point

 

de fréquentations, hormis l'inévitable curé de la paroisse ,le notaire, et puis,

 

un vieil évêque , dont on ne savait ce qui avait motivé son arrivée dans ce

 

 coin reculé de Normandie. Il venait  une heure  pour le thé quotidien

 

confessait Catherine, écoutait Cécile avec bienveillance, puis repartait

 

jusqu'au lendemain...

 Joseph, le fils aîné, porteur de toutes les espérances paternelles,

fut condamné à réussir son entrée dans la vie militaire.

Surprise, car jusqu’à Joseph, aucun aîné n’avait jamais eu d’autre occupation

 

que de prolonger la dynastie et gérer le patrimoine.


  Joseph entra donc à Saint Cyr. Il disparut en  Indochine.

 

 Henri-Pierre, de treize  mois son cadet, se révéla un enfant fragile,

étrangement artiste dans ce monde sans art . On le mit très vite en pension

chez les Jésuites, pour lui faire le caractère. Henri-Pierre, nous le

découvrîmes il y a peu dans  de la correspondance retrouvée incidemment,

tenta de mettre fin à ses jours à treize ans.

 Il se heurta violemment à la volonté paternelle, qui le destinait à la

magistrature. Il ne parlait que  Beaux Arts, peinture, aquarelle, sculpture, ce

qui lui valait les foudres et les lazzi du père tout puissant .

Catherine se montra  absente de l’éducation. Tout revenait à Louis qui

régentait son monde.


  Cécile, délicate jeune fille, troisième de la famille, se réfugia très

rapidement dans l’extase et la contemplation  du Saint Sacrement. Elle

passait le plus clair de ses journées d’enfant puis de jeune adolescente en

adoration et en prières.


  Quand elle annonça sa volonté de rentrer au Carmel, son père se déchaîna.

Elle se devait à ses parents. Seule fille, il n’était pas question qu’elle opte

pour un autre destin que celui de servante, en quelque sorte, bien que le mot

n’ait jamais été prononcé, mais toujours sous entendu. Elle occupa ce poste

jusqu’à sa majorité, servile, et priante et le soir même de ses vingt et un

 ans, quitta la maison aux  fenêtres grillagées pour rejoindre le Carmel de

Lisieux.

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Son père la décréta morte.

On ne prononça plus jamais son prénom.

Cécile disparut de la vie des  Lorrin.

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 Le quatrième, Edouard,  portrait du père, tout en rigidité et en autorité,

mena  tant bien que mal ses études secondaires à leur terme, puis, élu et

cornaqué par Louis, prit la direction des affaires, ou du moins , de celles que

son père voulut bien lui déléguer. Des peccadilles , qui l’occupaient. Car Louis,

l’âge avançant, ne cédait pas un pouce de ses attributions de patriarche.

 

 Victor était le cinquième : un bien bel enfant.

 Quand il eut trois mois, ses parents se rendirent au Havre pour le présenter

à la famille paternelle.  Au retour, la voiture  quitta la route, Louis ne put

redresser le véhicule qui heurta un arbre ; Victor, des  bras de sa mère, fut

éjecté ; on le retrouva dans le fossé.


  Depuis ce jour, Victor, la cervelle brouillée, innocent à vie, se métamorphosa

 

en valet de ses parents qu’il servit, jour après jour.


  Quand je rencontrai Victor, il était le chauffeur de papa-maman, tout de

noirs vêtus, col rigide pour le père, chapeau à voilette pour la mère.

 Lui, voix hachée,prononciation hésitante, servile et aplati devant la toute

puissance paternelle,me raconta comment il s'était cassé quatre côtes et le

bras droit :

" Victor, il faut couper la branche du pommier qui passe chez le voisin.


  J’ai dit oui papa. J'ai dit oui papa ...


Je suis monté dans l’arbre, j’ai scié la branche, Et je suis tombé comme ça,"

fit-il en levant au ciel ses deux grands bras qui touchaient presque le

plafond.

 Je voyais sa pomme d’Adam qui montait et descendait.

 J’avais à la fois pitié et envie de rire.


Alors papa a pris la brouette, j’avais mal, il m'a dit de m’y asseoir et il m’a

 

reconduit à la maison. Je crois que ça s’est remis maintenant. Mais j'avais

 

mal. "

 

 

 

  • medium_brouette.JPG

 

 

 Victor avait bien entendu scié la branche sur laquelle il était assis. On croit

 

que cela n’arrive que dans les histoires drôles. Non, cela arrive aussi dans les

 

histoires tragiques de la vie. Jusqu’à la mort de ses parents, Victor fut la

 

bonne, le chauffeur et le jardinier, puis, le garde malade.


  Catherine partit, suivie dans le mois par Louis.

Cécile fut prévenue par Henri-Pierre, qui avait installé une galerie d'art  rue

 

Bonaparte, à Paris et qui vivait avec Fabien depuis  plus de vingt- deux ans.

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 Edouard Lorrin avait pris les rênes de l’héritage, marié à une cousine,

 

il était déjà quatre fois père et régentait les biens de mains de maître.

 

 

  Cécile , Mère Marie Raphaëlle, vint, ombre sombre, qui avait obtenu de la

Supérieure l’exceptionnelle permission de sortie.

 Elle  sourit à Victor, qui ne savait qui elle était. Elle l’entoura de ses bras en

ailes protectrices, et le ramena au Carmel.

Il y finit ses jours comme jardinier,  ombre parmi les ombres, entouré de la

 

première affection de  sa vie, serein,  calme, dérangé et gentil.

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12/11/2016

11 novembre, mémoire, Les Tragiques

 

 

11 novembre, mémoire et retour  dans   le temps

 

     1 août 1914 , il y a cent deux  ans

   

  tous les clochers   de   France sonnaient le tocsin,

  un siècle ! si loin  , si  proche, mes grands parents

  paternels avaient 23 et 24 ans et allaient   se marier,

  ils attendront quelques années...banale anecdote dans la

  fournaise de ces années sans nom.

 

 

 

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"Il regarda tous les clochers de l’horizon l’un après l’autre, à sa gauche les clochers de Courtils, de Précey, de Crollon et de la Croix-Avranchin ; à sa droite les clochers de Raz-sur-Couesnon, de Mordrey et des Pas ; en face de lui, le clocher de Pontorson. La cage de tous ces clochers était alternativement noire et blanche.
Qu’est-ce que cela voulait dire ?
Cela signifiait que toutes les cloches étaient en branle.
Il fallait, pour apparaître et disparaître ainsi, qu’elles fussent furieusement secouées.
Qu’était-ce donc ? évidemment le tocsin.
On sonnait le tocsin, on le sonnait frénétiquement, on le sonnait partout, dans tous les clochers, dans toutes les paroisses, dans tous les villages, et l’on n’entendait rien."

Victor Hugo, Quatrevingt-treize, Première partie, Livre IV, 2

 

(Aures habet, et non audiet)

 

 

1914 les Français découvraient sur la porte des mairies l'ordre de

" mobilisation générale" invitant notamment trois millions de

réservistes à rejoindre dès le lendemain les 800.000 soldats en

service actif.

 

Deux jours après, l'Allemagne déclarait la guerre à la France et

débutait le premier conflit mondial, au cours duquel 8,5 millions de

Français seront mobilisés de 1914 à 1918.

 Celle que l'on croyait la der des ders

   à travers leur  jeunesse, leurs  vies  fracassées,  tranchées,  hôpitaux,

combats, désertions, mutineries, violence, horreur,  folie, courage et

lâcheté, côté français, côté allemand,

 

 

1 million  400 000 ,

 

   ils  furent  1 400 000  Français à n'en point revenir

des familles entières   dispersées, qui le père, un fils, deux fils, trois fils,

l'oncle,  les cousins, les amis, les  fiancés, les  voisins

 

  sur les Monuments aux Morts, atroce de    voir s'aligner le même

patronyme   précédé de prénoms différents.

  J'avais  été  bouleversée à Barcus, à Sainte Engrâce, ces petits bourgs du

 Pays Basque, qui payèrent un  tribut effroyable   et virent leurs forces

vives vidées, englouties;

 partout  en France,  regardez ces listes noires  gravées dans la  pierre,

elles nous rappellent l'horreur, l'arrivée des nouvelles  auprès des familles

martyrisées.

 

      Au total, la guerre  faucha  plus de  9 700 000 militaires

et 8 800 000 civils de par le  monde. 

 

 Quelques titres pour donner corps,  visages,  âmes , à ces  années terribles

et à leurs conséquences  sur la vie des Hommes

 

"Au revoir là-haut "

extraordinaire Prix Goncourt 2013, lisez-le vite  si ce n'est déjà fait :

 

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