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23/06/2016

Osmothèque, on en prend plein le nez...au Conservatoire des Parfums

 

" Elle s'arrêta devant la boutique d'un fruitier

et acheta des jasmins d'Alep,

des violettes,

 des fleurs de  grenadier

 et des narcisses.

Puis elle s'arrêta chez le distillateur,

 et lui acheta dix sortes d'eaux :

de l'eau de rose,

de l'eau de fleurs d'orangers,

et un aspersoir d'eau de rose musquée,

des grains d'encens mâle,

du bois d'aloès,

de l'ambre gris

et du musc."

 

Les Mille et Une Nuits

jasmin.jpg
 

 

antiquités.jpg



Dans l'antiquité,

 

dans les antiquités,

 

18° dynastie Egypte.jpg

égyptienne,

syrienne,

chinoise,

perse,

grecque,

romaine...

femme parfum2.jpg

les parfums se mangeaient, se buvaient, servaient

d'offrandes aux dieux , aux morts,

offrande.jpg

et bien sûr étaient  parure et  dissimulation.

 Le Moyen Age utilisera largement leurs atouts pour

cacher les mauvaises odeurs, responsables, pensait-on,

des maladies.

cadre pomme d'ambre moyen âge.jpg

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Boule d'ambre ancienne  et  moderne

 Contre la peste, on boit des parfums, on s'inonde le

corps  de savants mélanges de fleurs et de plantes

broyées.

   La parfumerie et la pharmacie sont intimement mêlées,

  le parfumeur détient des secrets de médecines

  qui protègent.

  Il faudra attendre le 18 ° siècle pour que les deux

branches  se distinctent  et se séparent définitivement.

cave à parfums XVIII°.jpg
Cave à parfums XVIII° siècle
 

 Jusqu'à cette époque, les femmes portent haut sur leurs

cuisses des coussins de fleurs  et d'herbes, dissimulant

les odeurs corporelles, et éloignant les maladies.

  Les cuirs des sous-mains, des gants sont fortement

parfumés.

  Jusqu'au 19° siècle, la croyance de l'efficacité

protectrice des parfums  perdure:

 Napoléon utilisera jusqu' à 120 litres d'eau de

parfum par mois, en boira sur les champs de bataille.

eau de cologne.jpg

Eau de Cologne 

 

 

L'osmothèque de Versailles,

          L'Osmothèque - Versailles - Office de Tourisme

 

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 Conservatoire des Parfums nous offre une fantastique promenade au cœur de cet art subtil et volatil.

LES TRÉSORS DE L'OSMOTHÈQUE

 Cette fabuleuse collection permet de sentir des chefs-

d’œuvre de la parfumerie : les parfums qui ont fondé les

bases de la parfumerie moderne ou ont durablement

marqué leur époque :

Fougère Royale (1884) HOUBIGANT,

Le Fruit Défendu (1914)

LES PARFUMS DE ROSINE - POIRET,

Le Chypre (1917) COTY,

Crêpe de Chine (1925) MILLOT,

Iris Gris (1947) JACQUES FATH,…

 

  Les parfums sont l'extraordinaire mémoire des époques

et des goûts :

femme se parfumant gravure Biblio des arts Déco Paris.jpg

  Ainsi, il a été récemment découvert  un flacon de parfum qui appartint à George Sand  à la fin de sa vie.

  Impossible de l'ouvrir, un mélange épais restait collé au fond,  survivance concentrée de l' évaporation.


Il fut analysé 
grâce au prélèvement par

seringue, disséqué et reconstitué par Nicolas de Barry,

Nez compositeur qui utilise toute la gamme des

fragrances.

 

http://www.nicolasdebarry.com/

nicolas de barry.jpg
  Il en résulte un parfum très fort en ambre et en patchouli  dont on sait que Madame Sand  raffolait, comme ses contemporaines

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le parfum de Madame Sand reconstitution.jpg

 

 

    Ce parfum, aujourd'hui, on peut en profiter à

l'osmothèque, et c'est une remontée fabuleuse dans notre

histoire des goûts et des couleurs.

(tirage limité à 200 exemplaires  en édition numérotée,

patchouli, rose, ambre , bergamote)

collection.jpg

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Car les couleurs aussi sont question de mode.

 

décolleté plissé du flacon.jpg


Un parfum capiteux tendra vers un brun caramélisé,

 

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les touches florales, plus rosées,

 les senteurs d'agrumes et d'herbes,

d'un jaune plus pâle tirant sur le vert.

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Dans l'actualité des parfums, 

les notes « marines  »  aux essences bleutées.

La candeur de la fleur d'oranger et du jasmin

favorise des parfums pâles.

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paris air du temps.jpg
 

L'intrusion d'éléments autres que naturels

ne viendra qu'au 18 °; jusque là,  fleurs, herbes,  bois,

 musc, cuir, ambre,  tout est   " vrai  "

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diverses épices.jpg
cahier de formules Molinard 1905 env.jpg
infusions fragonard.jpg

Beau prétexte

que cette balade  parfumée

pour rouvrir ce  livre

qui émet à chaque ligne

des effluves inoubliables...

 

 

cadre le parfum.jpg
" LES PARFUMS sont certainement les plus fragiles

et les plus évanescentes de toutes les créations humaines.

Et pourtant, ils marquent très durablement
 
LES MÉMOIRES."
 
 
vapeur d'ambre gris.jpg
iconographie
photographies personnelles
et documents
extraits de
l'ABCdaire du Parfum
Nicolas de Barry,
Maïté Turonnet,
lien osmothèque  de Versailles
 
http://www.osmotheque.fr/
Georges Vindry
Flammarion
 
 
Allure Homme de Chanel
 
Habit Rouge de Guerlain
 
Eau Sauvage de Christian Dior
 
 
 
 

 

06/05/2016

Autre territoire pour la terreur, on continue avec Le Grand Soleil du XXI° siècle ...

 6 mai Aujourd'hui, nouveau   scoop  :

 

" Le Grand Soleil du XXI° siècle " (c'est bien le moins...)

organise un  grand  congrès -show du parti , avec 

quelques visas délivrés à des journalistes étrangers 

auxquels  sont collés   leurs guides...

on va  suivre cela avec  passion !

 

 

  En ce dimanche, nouvelle annonce mortifère de la part   du régime   fou .  

  Ne ratez  surtout pas la lecture  en fin de note  du lien des Inrocks, ça vaut son pesant  de  cacahuètes, dommage  qu'il s'agisse du dirigeant d'un Etat....Corée du Nord : Kim Jong-Un se félicite de l'essai nucléaire Pour un peu, on l'aurait oublier     ce pays -là,

il se rappelle  bruyamment  à l'ordre   aujourd’ hui,

l'Etat Voyou annonce  l'essai nucléaire d'une bombe  H,

ce qui correspond  aux promesses de Kim Jong-Un.

Si cela  est avéré ,  il ne manquait plus que ça à la paix

et à la  sérénité du monde,

heureusement qu'on s'est souhaité une bonne année...

 

 

Sans visa, voyage livresque en Corée du Nord

 

 Si vous voulez  suivre les liens,  faites un  copier coller ou bien sélection clic droit et accès  direct

 

 http://www.francetvinfo.fr/monde/coree-du-nord/direct-regardez-en-avant-premiere-le-documentaire-coree-du-nord-la-grande-illusion_901293.html

 

 " Corée  du Nord  , la grande  illusion "

 

voyage au pays de l'absurde

 et du drame  d'un peuple.

jean luc  coatalem,philippe grangereau,corée du nord,dictature,kim il -sung,kim jong-il,kim jong-un,pyongyang

http://www.francetvinfo.fr/monde/coree-du-nord/badge-sacre-et-pistes-de-ski-desertes-cinq-anecdotes-sur-la-vie-en-coree-du-nord_905383.html 

 

Les bâtards qui s'échappent doivent être pourchassés

et tués un par un .

Les fugitifs peuvent, plus  que tout autre  facteur,

porter atteinte au prestige de l'Honorable Leader

et à l'influence de  notre pays à l'étranger

 

La Corée du Nord  évoquant l'éventualité d'une guerre

nucléaire, souffle le froid et me fait froid dans le dos.

     La sortie et la  lecture  de:

« Nouilles froides à Pyongyang » de Jean -Luc Coatalem ,

un docu de  « voyage  »    au pays de l'inqualifiable,

m'a poussé à lire d'autres témoignages

sur ce sympathique pays.

 

Parmi mes lectures édifiantes,  " Rescapé  du camp 14 "

 

de  Blaine  Harden

" Vies  ordinaires en Corée  du Nord "

de  Barbara  Demick

 

 

 

 

 

"Qui  a peur  de la Corée du Nord   "

 

Les aquariums de Pyongyang : dix ans au goulag nord-coréen

 

"Les Aquariums de Pyongyang" , Kang Chol-Hwan

 

coree.jpg

" Corée  du Nord, Etat voyou "  de Pierre Rigoulot,

 

et le voyage en Corée du Nord de Philippe Grangereau

« Au pays du grand mensonge » 

on en sort KO debout,

jean luc  coatalem,philippe grangereau,corée du nord,dictature,kim il -sung,kim jong-il,kim jong-un,pyongyang

 

 Kim-Il sung décédé en 1994,  mais considéré par

l'organisation étatique comme Éternel, réincarné en

orchidées roses baptisées du joli nom  de « kimilsungias »,

ses statues démesurées, comme autant de temples à sa

gloire, et celles de ses héritiers Kim Jong-il,( lui aussi

bénéficiait d'un avatar floral, le « kimjongilia »), décédé

à son tour , et embaumé dans la bonne  tradition des

dictateurs

( la visite de  son mausolée est un grand moment de délire

mégalomane et paranoïaque ) mais dont le rejeton Kim

Jong-un,troisième  de  ses fils,   poursuit  vaillamment la

tache d' abrutissement et d'enclavement total de son peuple et de son pays.

Gras et replet , son physique n'a pas grand chose à voir

avec celui de ses sujets, affamés, décérébrés par un

endoctrinement qui va jusqu'à sonoriser les habitations

afin que la « bonne parole » n'échappe à aucun, métro,

rues, sont ainsi sonorisés, bénéficiant de l'électricité si

peu présente pour la population.

La paranoïa dicte la conduite du dirigeant, pas

d'information dans le pays, pas  de radio, pas  de

télévision,( des diffusions sempiternelles de  remises  de

médailles, de massifs  de  fleurs, de discours du grand

 dirigeant...) pas  de presse hormis celle de l'Etat,

aucune ouverture vers l'étranger, l'ennemi, le peuple

coréen est maintenu depuis 1948 dans l'ignorance  de  ce

qui se passe hors les frontières,Haeju street scene (1)

 

Ladies carrying goods, Pongchon County

 

Photo de Kernbeisser, tout droits réservés

Pyongyang Sinuiju-평양 - 신

L'Internaute,  documents rares  à voir: 

L'Internaute, photos  à voir, rares documents40 photos

 

Je vous conseille d'aller voir ces galeries,

les témoignages photos  sont rares.

Laissons la parole  à Philippe Grangereau

" Au pays  du grand  mensonge "

quelques extraits :

"Le  long des autoroutes  à six voies faites de plaques  de

béton disjointes progressent  à pied de véritables

caravanes d'hommes et de femmes emmitouflés pour  se

 protéger du froid Les autoroutes  sont  vides  de  toute

circulation automobile hormis  quelques rares  camions au

charbon et les puissantes Mercedes de la police.  Les

foules  de  gueux  à l'allure  toujours digne marchent à

quelque distance, dans la boue, d'un pas  las, courbés

sous des sacs de  bois de chauffage, de pommes  de

 terre, de  racines, de  fougères...Pour survivre, on vend,

on troque entre la capitale et la campagne, entre les

villages, principalement des  fagots contre  de la

nourriture....

 

...Art et  propagande sont très officiellement , une seule

et même chose en Corée du Nord. L'art doit servir à la

propagation de l'idéologie, ni plus ni moins . Kim est ainsi

l'auteur d'oeuvres impérissables  telles  que  L'art  du

cinéma, Renforçons le système idéologique monolithique et

  Théorie de  la littérature orientée par le Juché . Dans   ce

  dernier  ouvrage, on apprend que  "l'art littéraire doit

contenir des pensées socialistes dans le style national; "

en d'autres termes, les meilleurs livres en Corée du Nord,

sont ceux qui vous disent  ce  que vous savez  déjà.


"Marchons  avec  ardeur,

Vive la politique vertueuse de notre mère patrie

J'aime le camarade Kim Jong-il, l'homme le plus fort du

monde

Armons-nous  de la pensée révolutionnaire du Grand

Leader

Vive le camarade Kim Jong-il grand dirigeant, Soleil du

XIX° siècle..."     etc, etc, etc.

 

Si la découverte de ce Paradis sur Terre vous intéresse,

on continue le voyage dans les jours prochains. Vous

n'êtes pas au bout de votre étonnement rapidement

horrifié...Mais qu'est-ce qui vous intéresse?   peut être

 cette vidéo, si convaincante et parlante


Bienvenue en Corée du Nord ! par pillbox

 

autres lectures suggérées

 

    • James ChurchLes enquêtes de l'inspecteur O dont cinq volumes ont déjà été publiés. Le dernier A Drop of Chinese Blood (Minotaur Book, 2012, 317 p.) n'a lui pas encore été édité en France.

 

 

 

 

 

 

 

  • Eunsun KimCorée du Nord: 9 ans pour fuir l'enfer, Michel Lafon, 2012, 253 p.

Témoignages récents d'acteurs diplomatiques:

    • Victor Cha: The Impossible State, The Bodley Head, 2012, 530 p.

 

    • John Everard: Only Beautiful, Please : A British Diplomat in North Korea, Asia-Pacific Research Center, 2012, 256 p.

 

 

  • Geir Hegelsen - Hatla Thelle : Dialogue with North Korea, Precondition for Talking Human Rights with the Hermit Kingdom, NIIAS, 2013, 128 p.

 

 

et  pour sourire  (un peu, et  jaune  ) 

Les 11 plus grands exploits de Kim Jong-un (et de son père)

 

30/04/2016

On prépare le bac philo, avec Albert Dupontel

  Un bon exercice  de  révision   concocté par l'inégalable Dupontel, pas  certain    que ça marche pour obtenir la moyenne, mais qu'est ce que c'est drôle !

24/04/2016

Symphonie Rhénane et Victor HUGO

 

Pour un dimanche  tout  en musique, et   en poésie

la Symphonie Rhénane de  Robert Schumann

 

trois versions   Giulini, Szell, Bernstein, au choix

 

 

 

rhin  d.jpg

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rhin b.jpg

rhin  e.jpg

 

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Victor HUGO, lettre XXV, éd  Hetzel, tome  2,  1842

 

Le Rhin,  Hymne  aux  châteaux  du Rhin

 

Du Taunus aux Sept-Monts, des deux côtés du magnifique escarpement qui encaisse le fleuve, quatorze châteaux sur la rive droite : Ehrenfels, Fursteneck, Gutenfels, Rineck, le chat, la souris, Liebenstein et Sternberg, qu’on nomme les frères, Markusburg, Philipsburg, Lahneck, Sayn, Hammerstein et Okenfels ; quinze châteaux sur la rive gauche : Vogtsberg, Reichenstein, Rheinstein, Falkenburg, Sonneck, Heimburg, Furstenberg, Stahleck, Schoenberg, Rheinfels, Rheinberg, Stolzenfels, Rheineck et Rolandseck ; en tout, vingt-neuf forteresses à demi écroulées superposent le souvenir des rhingraves au souvenir des volcans, la trace des guerres à la trace des laves, et complètent d’une façon formidable la figure sévère des collines. Quatre de ces châteaux ont été bâtis au onzième siècle : Ehrenfels, par l’archevêque Siegfried ; Stahleck, par les comtes palatins ; Sayn, par Frédéric, premier comte de Sayn, vainqueur des maures d’Espagne ; Hammerstein, par Othon, comte de Vétéravie. Deux ont été construits au douzième siècle : Gutenfels, par les comtes de Nuringen, Rolandseck, par l’archevêque Arnould II, en 1149 ; deux au treizième : Furstenberg, par les palatins, et Rheinfels, en 1219, par Thierry III, comte de Katzenellenbogen ; quatre au quatorzième : Vogtsberg, en 1340, par un Falkenstein, Fursteneck, en 1348, par l’archevêque Henri III, le Chat, en 1383, par le comte de Katzennellenbogen, et la souris, dix ans après, par un Falkenstein. Un seulement date du seizième siècle : Philipsburg, bâti de 1568 à 1571, par le landgrave Philippe Le Jeune. Quatre de ces citadelles, toutes les quatre sur la rive gauche, chose remarquable, Reichenstein, Rheinstein, Falkenburg et Sonneck, ont été détruites, en 1282, par Rodolphe De Habsbourg ; une, le Rolandseck, par l’empereur Henri V ; cinq par Louis XIV en 1689, Fursteneck, Stahleck, Schoenberg, Stolzenfels et Hammerstein ; une par Napoléon, le Rheinfels ; une par un incendie, Rheineck ; et une par la bande noire, Gutenfels. On ne sait qui a construit Reichenstein, Rheinstein, Falkenburg, Stolzenfels, Rheineck et Markusburg, restauré en 1644 par Jean le batailleur, landgrave de Hesse-Darmstadt. On ne sait qui a démoli Vogtsberg, ancienne demeure d’un seigneur voué, comme le nom l’indique, Ehrenfels, Fursteneck, Sayn, le chat et la souris. Une nuit plus profonde encore couvre six de ces manoirs, Heimburg, Rheinberg, Liebenstein, Sternberg, Lahneck et Okenfels. Ils sont sortis de l’ombre et ils y sont rentrés. On ne sait ni qui les a bâtis ni qui les a détruits. Rien n’est plus étrange, au milieu de l’histoire, que cette épaisse obscurité où l’on aperçoit confusément, vers 1400, le fourmillement tumultueux de la hanse rhénane guerroyant contre les seigneurs, et où l’on distingue plus loin encore, dans les ténèbres grossissantes du douzième siècle, le fantôme formidable de Barberousse exterminant les burgraves. Plusieurs de ces antiques forteresses, dont l’histoire est perdue, sont à demi romaines et à demi carlovingiennes. Des figures plus nettement éclairées apparaissent dans les autres ruines. On peut en retrouver la chronique éparse çà et là dans les vieux chartriers. Stahleck, qui domine Bacharach et qu’on dit fondé par les Huns, a vu mourir Hermann au douzième siècle ; les Hohenstaufen, les Guelfes et les Wittelsbach l’ont habité, et il a été assiégé et pris huit fois de 1620 à 1640. Schoenberg, d’où sont sorties la famille des Belmont et la légende des Sept-Sœurs, a vu naître le grand général Frédéric De Schoenberg, dont la singulière destinée fut d’affermir les Bragance et de précipiter les Stuarts. Le Rheinfels a résisté aux villes du Rhin en 1225, au maréchal de Tallard en 1692, et s’est rendu à la république française en 1794. Le Stolzenfels était la résidence des archevêques de Trèves. Rheineck a vu s’éteindre le dernier comte de Rheineck, mort en 1544 chanoine custode de la cathédrale de Trèves. Hammerstein a subi la querelle des comtes de Vétéravie et des archevêques de Mayence, le choc de l’empereur Henri II en 1017, la fuite de l’empereur Henri Iv en 1105, la guerre de trente ans, le passage des suédois et des espagnols, la dévastation des français en 1689, et la honte d’être vendu cent écus en 1823. Gutenfels, la fière guérite de Gustave-Adolphe, le doux asile de la belle comtesse Guda et de l’amoureux empereur Richard, quatre fois assiégé, en 1504 et en 1631 par les hessois, en 1620 et en 1642 par les impériaux, vendu, en 1289, par Garnier de Munzenberg à l’électeur palatin Louis-le-Sévère, moyennant deux mille cent marcs d’argent, a été dégradé en 1807 pour un bénéfice de six cents francs. Cette longue et double série d’édifices à la fois poétiques et militaires, qui portent sur leur front toutes les époques du Rhin et qui en racontent toutes les légendes, commence devant Bingen, par le château d’Ehrenfels à droite et la tour des rats à gauche, et finit à Kœnigswinter par le Rolandseck à gauche et le Drachenfels à droite. Symbolisme frappant et digne d’être noté chemin faisant, l’immense arcade couverte de lierre du Rolandseck faisant face à la caverne du dragon qu’assomma Sigefroi-le-Cornu, la tour des rats faisant face à l’Ehrenfels, c’est la fable et l’histoire qui se regardent.

Les antiques châteaux des bords du Rhin, bornes colossales posées par la féodalité sur son fleuve, remplissent le paysage de rêverie. Muets témoins des temps évanouis, ils ont assisté aux actions, ils ont encadré les scènes, ils ont écouté les paroles. Ils sont là comme les coulisses éternelles du sombre drame qui, depuis dix siècles, se joue sur le Rhin. Ils ont vu, les plus vieux du moins, entrer et sortir, au milieu des péripéties providentielles, tous ces acteurs si hauts, si étranges ou si redoutables : Pépin, qui donnait des villes au pape ; Charlemagne, vêtu d’une chemise de laine et d’une veste de loutre, s’appuyant sur le vieux diacre Pierre De Pise, et caressant de sa forte main l’éléphant Abulabaz ; Othon le lion secouant sa crinière blonde ; le margrave d’Italie, Azzo, portant la bannière ornée d’anges, victorieuse à la bataille de Mersebourg ; Henri le boiteux ; Conrad le vieux et Conrad le jeune ; Henri le noir, qui imposa à Rome quatre papes allemands ; Rodolphe De Saxe, portant sur sa couronne l’hexamètre papal : Petra dedit Petro, Petrus diadema Rodolpho ; Godefroi de Bouillon, qui enfonçait la pique du drapeau impérial dans le ventre des ennemis de l’empire ; Henri V, qui escaladait à cheval les degrés de marbre de Saint-Pierre de Rome. Pas une grande figure de l’histoire d’Allemagne dont le profil ne se soit dessiné sur leurs vénérables pierres : le vieux duc Welf ; Albert- l’Ours ; saint Bernard ; Barberousse, qui se trompait de main en tenant l’étrier du pape ; l’archevêque de Cologne, Raynald, qui arrachait les franges du carrocium de Milan ; Richard Cœur De Lion ; Guillaume de Hollande ; Frédéric II, le doux empereur au visage grec, ami des poëtes comme Auguste, ami des califes comme Charlemagne, étudiant dans sa tente-horloge, où un soleil d’or et une lune d’argent marquaient les saisons et les heures. Ils ont contemplé, à leur rapide apparition, le moine Christian prêchant l’évangile aux païens de Prusse ; Hermann Salza, premier grand maître de l’ordre teutonique, grand bâtisseur de villes ; Ottocar, roi de Bohême ; Frédéric De Bade et Conradin De Souabe, décapités à seize ans ; Louis V, landgrave de Thuringe et mari de sainte Elisabeth ; Frédéric le mordu, qui portait sur sa joue la marque du désespoir de sa mère ; et Rodolphe De Habsbourg, qui raccommodait lui-même son pourpoint gris. Ils ont retenti de la devise d’Eberhard, comte de Wurtemberg : Gloire à Dieu ! guerre au monde ! Ils ont logé Sigismond, cet empereur dont la justice pesait bien et frappait mal ; Louis V, le dernier empereur qui ait été excommunié ; Frédéric III, le dernier empereur qui ait été couronné à Rome. Ils ont écouté Pétrarque gourmandant Charles Iv pour n’être resté à Rome qu’un jour et lui criant : que diraient vos aïeux les Césars s’ils vous rencontraient à cette heure dans les Alpes, la tête baissée et le dos tourné à l’Italie ? Ils ont regardé passer, humiliés et furieux, l’Achille allemand, Albert de Brandebourg, après la leçon de Nuremberg, et l’Achille bourguignon, Charles-le- Téméraire, après les cinquante-six assauts de Neuss. Ils ont regardé passer, hautains et superbes, sur leurs mules et dans leurs litières, côtoyant le Rhin en longues files, les évêques occidentaux allant, en 1415, au concile de Constance pour juger Jean Huss ; en 1431, au concile de Bâle, pour déposer Eugène IV, et, en 1519, à la diète de Worms, pour interroger Luther. Ils ont vu surnager, remontant sinistrement le fleuve d’Oberwesel à Bacharach, sa blonde chevelure mêlée au flot, le cadavre blanc et ruisselant de saint Werner, pauvre petit enfant martyrisé par les juifs et jeté au Rhin en 1287. Ils ont vu rapporter de Vienne à Bruges, dans un cercueil de velours, sous un poêle d’or, Marie de Bourgogne, morte d’une chute de cheval à la chasse au héron. La horde hideuse des magyars, la rumeur des mogols arrêtés par Henri-le-pieux au treizième siècle, le cri des hussites qui voulaient réduire à cinq toutes les villes de la terre, les menaces de Procope le gros et de Procope le petit, le bruit tumultueux des turcs remontant le Danube après la prise de Constantinople, la cage de fer où la vengeance des rois promena Jean De Leyde enchaîné entre son chancelier Krechting et son bourreau Knipperdolling, le jeune Charles-Quint faisant étinceler en étoiles de diamants sur son bouclier le mot nondum, Wallenstein servi par soixante pages gentilshommes, Tilly en habit de satin vert sur son petit cheval gris, Gustave-Adolphe traversant la forêt thuringienne, la colère de Louis XIV, la colère de Frédéric II, la colère de Napoléon, toutes ces choses terribles qui tour à tour ébranlèrent ou effrayèrent l’Europe, ont frappé comme des éclairs ces vieilles murailles. Ces glorieux manoirs ont reçu le contre-coup des suisses détruisant l’antique cavalerie à Sempach, et du grand Condé détruisant l’antique infanterie à Rocroy. Ils ont entendu craquer les échelles, glapir la poix bouillante, rugir les canons. Les lansquenets, valets de la lance, l’ordre-hérisson si fatal aux escadrons, les brusques voies de fait de Sickingen, le grand chevalier, les savants assauts de Burtenbach, le grand capitaine, ils ont tout vu, tout bravé, tout subi. Aujourd’hui, mélancoliques, la nuit, quand la lune revêt leur spectre d’un linceul blanc, plus mélancoliques encore en plein soleil, remplis de gloire, de renommée, de néant et d’ennui, rongés par le temps, sapés par les hommes, versant aux vignobles de la côte une ombre qui va s’amoindrissant d’année en année, ils laissent tomber le passé pierre à pierre dans le Rhin, et date à date dans l’oubli.

O nobles donjons ! ô pauvres vieux géants paralytiques ! ô chevaliers affrontés ! un bateau à vapeur, plein de marchands et de bourgeois, vous jette en passant sa fumée à la face !

 
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