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10/03/2017

8 mars, des femmes compositrices

  Réponse du 9 mars

 

Le  point commun de toutes ces femmes, c'est qu'elles furent compositrices ,  

pour certaines  ,  anecdotiques, comme les souveraines,

pour  les  autres  confirmées,  sœur, épouses  , compagnes 

de  grands musiciens, ou elles mêmes !

 Je pense  également à Anna Magdalena Bach, dont on pense

aujourd'hui qu'elle aurait pu participer ou être  l'auteur   de

certaines  créations de son grand  Maître  d'époux.

     Une belle reconnaissance dans le   monde   essentiellement

 masculin de la création musicale .

    Le  gène   de la musique leur  serait-il en partie  réservé ?....  ?




 

des femmes

De tous pays, de toutes les époques, et un point commun

 

A vous de voir, avant la suite.

 

 

 

Alma Mahler 

 


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Keiko Abe




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Marguerite d'Autriche 


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Lili  Boulanger 


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Anna Amalia   duchesse de Saxe-Weimar 

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Clara Schumann 

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Betsy Jolas

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Cécile  Chaminade 

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Blanche de Castille

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Fanny  Mendelssohn Bartholdy 


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Marie Antoinette 

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Elisabeth  Jacquet de la Guerre

 


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Maria Theresia von Paradis 


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Germaine Tailleferre

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Ann Boleyn ....
....

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..etc, etc, etc

 

09/03/2017

Sainte Françoise et mon parrain, Chantre de la lande et d'Arcachon

 

 

 

 


                       9 mars, Sainte Françoise - Romaine,

 

 

il aimait cette sainte et me souhaitait fidèlement ma fête, avec

des livres aux pastel délicats ,

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( Le Buffon des enfants, Anémone aux pays des Etoiles,  

 Les Trois Papillons, le Rêve  de Jean -François ...

avec les     illustrations    de Jean .A.Mercier      aux Editions  Marcus-

Paris       livres que j'ai pieusement conservés  et qui m'ont tant fait rêver )

  et   des textes poétiques magnifiques écrits de sa main   qui évoquaient

cette  veuve romaine qui s'était consacrée  aux pauvres , et aux  malades,

fondatrice des Oblates  de Saint  Benoît, dans la tradition de la règle

bénédictine.

  Elle mourut le  9 mars 1440 , jour choisi pour la célébrer.

 Patronne  des  automobilistes, certainement du fait qu'elle était  toujours

accompagnée de son ange  gardien.

 

Parmi les Françoise  , au moins trois      très chères  amies, 

 

Fanchon la béarno-bordelaise ,    

 Françoise la petite Monégasque,   qui fut  aussi arcachonnaise jadis,

  et une  demi :  Marie Françoise, béarno-landaise !

 

 

puis dans la Grande Histoire

 Françoise d'Aubigné, veuve Scarron,  devenue Madame de  Maintenon,

épouse morganatique de Louis XIV, 

plus proches  de nous,

 

Françoise Fabian, Sagan, Hardy, Dorléac, Dolto, Rosay, Seigner...

Notre prénom est tombé en désuétude,   on ne voit guère de petite fille ainsi

prénommée  

( sauf dans  Le   Prénom ".....   )

 La mode revenant aux prénoms anciens,  les Louise, Madeleine  Jeanne,

 Eugénie,  Marguerite, Suzanne,   Mathilde,   Violette,  refleurissent,  

peut être  un jour les Nicole, Brigitte , Monique,  Chantal,  Francine

et  Françoise   ?

 

   De mon parrain , je sais peu de choses.



      Il était mon parrain, je le respectais,   il me paraissait étrange   ,

   complexe, secret   comme les vastes étendues de  pins qui cernaient    sa

  demeure.


  Il  portait béret landais, moustache et costume noir; 
il parlait  
avec un

 accent qui à la fois chantait et   roulait.

  Je le voyais souvent chez nous à  Arcachon,  qu'il aimait infiniment .

   Parfois, nous allions lui rendre visite le dimanche.

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     Un véritable exotisme pour moi , que cette Haute  Lande,  Gaillard,  ce

  minuscule   lieu-dit rattaché à la petite commune  de Lüe, une vaste

  demeure aux  murs de  chaux, dans lesquels  les poutres de pin  dessinaient

  des triangles, des  losanges noirs, demeure  précédée   de  l'airial

  traditionnel aux maisons landaises   planté    de chênes  centenaires, un

  puits de pierre à la limite   de la   forêt  qui de   toutes parts formait

  l'unique  paysage.

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   Mais le plus merveilleux, c'était lorsqu'on pénétrait  dans l'ombre

 bienfaisante de la maison en ces chaudes et lourdes   journées de  l'  été

   landais , entêtées du parfum de  résine   chauffée à blanc, une autre

 odeur, tenace, d'âtre   séculaire, d'encre, de papier, et des   livres,

  partout,   amoncelés, rangés, classés, ou dressés par piles  à    même le

  parquet  de pin, désordonnés , des livres   anciens   reliés pleine 

peau,  chagrin mordoré,  marocain,  et vélin d'autres   temps.

  Mon parrain était,  comme on disait alors, un « fin lettré » , un  humaniste

 à   la manière de Montaigne et  qui vivait en  sa   « librairie »,  un   poète

caché   au fond   de sa forêt , félibre, poète en langue d'Oc.

 

 

 

.Bulletin De La Société Borda.



  Spécialiste de la  langue d'Oc et du patois landais, il   publia  Félix   Arnaudin

 1923, s' intéressa au fonds   patrimonial   des    Landes  dans   le cadre

  de  la Société de  Borda, publia   sur les traditions, la généalogie,

   l'architecture , le   régionalisme.




MENAUT (Élie), Artes Fides, En marge de l’Exposition Mariale France-Espagne du musée pyrénéen, Auch, 1958

MENAUT (Élie), Contribution landaise au centenaire de la réunion de la Savoie à la France, (1860-1960), Auch, 1960

MENAUT (Élie), Évolution de l’âme grand’landaise, Extrait du Bulletin de la Société de Borda, 1961

MENAUT (Élie), Le culte des fontaines dans les Landes, Extrait du Bulletin de la Société de Borda, 1960

MENAUT (Élie), Perspectives Mistraliennes, (De la Renaissance de l’Amour Courtois au Recours à la Poésie), (Conférences des 18 et 25 février 1932 du groupe d'études historiques  de Nice 

MENAUT (Élie), Notice historique sur Bouricos,

    bulletin  de  la Société de Bordas, 1955

 

 MENAUT (Élie),Rencontres   de jadis, foires-pèlerinages d'aujourd'hui ,   bulletin de la Société de Bordas  1964

       

  Il vénérait Frédéric MISTRAL, et en son souvenir il donna à sa   maison de la ville d'Hiver à Arcachon le

 

nom de Santo Estello         , Sainte Estelle , sainte patronne des Provençaux.

    Nous habitâmes Santo Estello jusqu'en 1969.


Il avait trois amours,        

   

ses Landes

la Provence

et Arcachon



«  Je plains les gens qui vont chercher

aux quatre cents diables un  exotisme  frelaté.

Le bassin d'Arcachon leur offre tous les

résumés de la vaste terre .  »



Elie Menaut 

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07/03/2017

C'était un dimanche avec Arthur

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 Qui mieux  que Rubinstein peut nous conduire  sur les chemins  de la beauté et  de la

pure perfection ? Un dimanche après midi de mars, venteux, entre nous, balades entre

 deux averses,

puis Ballade  n°1 de Chopin au piano,  et Arthur pour guide. 

 

   Ce pianiste irremplaçable né en 1887, qui fut le Maître  de  Musique absolu, qui nous

 demeure si présent  jusqu'à travers    son souffle capté pour l'éternité dans ses

enregistrements, où  l'on perçoit  son anima, la respiration  de l'âme qui nous insuffle à

tout jamais son art  , la symbiose parfaite avec la musique,

 

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Arthur ou l'incarnation du piano,

 

 d'une rare intelligence, facétieux, artiste  majeur,  il reste ma préférence, Chopin,

Beethoven, Schumann, Brahms,..., merveilleux  interprète  de la musique romantique,

  seul ou en formation de chambre, avec cette extraordinaire écoute des autres ,

ce  respect , sachant s'effacer , tout en délicatesse , sans jamais  faillir à une technique

éblouissante;

 

récital  à Moscou, 1° octobre 1964 , il a 77 ans

 

  Comme disait  Nadia Boulanger 

 

ce qu'il y a de mieux encore que les enfants prodiges,

ce sont les vieillards prodiges.

 

A la 46 ° minute, écoutez au moins la Barcarolle de Chopin,

vous aurez une vague idée de qui était Arthur RUBINSTEIN

la légende éternelle du Piano.

 

 

A la question de Chancel lors d'un Grand Echiquier,

 

 « Croyez-vous à l'au-delà? »,

 

             il répondait « Non, mais ça me ferait une bonne surprise! ».

 

 

Moi  le Paradis j'y crois, c'est lui qui m'en a convaincu.

 

Faites  votre choix pour  à votre  tour, vous en convaincre:

 

 

 

http://www.deezer.com/artist/70019

  

 

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29/01/2017

Un autre 28 janvier

 1873  Saint Sauveur en Puisaye

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une farouche volonté de vivre la fit naître " dans cette chambre qu'on ne parvenait jamais à rendre assez chaude "

  C'était il y a 144 ans , au coeur de cette Bourgogne qu'elle vénéra et dont elle louangea avec une inégalable poésie et un amour indéfectible le vin, les coteaux, les demeures  et les gens.

 

" Le jardin du haut commandait un jardin du bas, potager resserré

 et chaud , consacré au piment et à l'aubergine où l'odeur  du

 feuillage de la  tomate se mêlait , en juillet, au parfum de l'abricot

 mûri sur l'espalier. "

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  " Dans la chambre que l’on ne parvenait jamais à rendre assez chaude, je naissais péniblement le 28 janvier 1873... Une quinzaine d'autres 28 janvier passèrent, sans y rien changer, sur cette chambre où je naquis à demi étouffée, manifestant une volonté personnelle de vivre et même de vivre longtemps, puisque je viens d'accomplir le soixante-quinzième anniversaire que mes amis autour de moi s'obstinent à appeler ''un beau jour''. Acceptons qu'ils l'aient rendu beau. Ils m'ont donné tant de choses..."

                                                             Le Fanal bleu

 

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« Toute ma journée s’écoule à chercher, pas à pas, miette à miette, mon enfance éparse aux coins de la vieille maison ; à regarder, aux barreaux de la grille qu’a tordue la glycine puissante, changer et pâlir, puis violacer au loin la montagne aux Cailles. (…) Dans le soir rougeoyant, j’écoute s’endormir le bienveillant jardin. Au-dessus de ma tête zigzague le vol noir et muet d’une petite rate volage… Un poirier de Saint-Jean, pressé et prodique, laisse tomber un à un ses fruits ronds, flogres aussitôt que mûrs, et qui entraînent dans leur chute des guêpes tenaces… Cinq, six, dix guêpes au trou d’une petite poire… Elles tombent en continuant de manger, en battant seulement l’air de leurs ailes blondes… Ainsi battaient, sous mes lèvres, les cils dorés de Rézi… »

                              (Claudine en ménage, 1902)

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"Je ne bouge pas, de peur de dissoudre, derrière moi, le mirage provincial qui monte de mon passé : un salon fané, où la pendule de marbre blanc marque minuit, entre deux bouquets de houx. Sur la grande table, on a simplement poussé un peu de côté les livres à tranche d’or, le jeu de jacquet et la boîte de dominos, pour faire place au gâteau arrosé de rhum et au vieux frontignan décoloré… Il y a, partout, le chaud désordre d’une maison heureuse, livrée aux enfants et aux bêtes..." (Colette)

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"Habituée à coucher dans une chambre très froide, j'ouvris les yeux sans bouger, pour ne pas déplacer le drap que je tirais sur mon nez, ni l'édredon de duvet qui gardait chauds mes pieds sur le cruchon d'eau bouillante. L'aube d'hiver, et ma veilleuse en forme de tour crénelée divisaient ma chambre en deux moitiés, l'une gaie, l'autre triste. Vêtues de sa grosse robe de chambre en pilou violet, doublée de pilou gris, ma mère était debout devant la cheminée et regardait mon lit. Elle chuchota très bas : "Tu dors ? " et je faillis lui répondre en toute sincérité : "Oui, maman.""
     (Colette, "Noël ancien", Cadeaux de Noël, éd. de L'Herne)

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  Et pour célébrer sa  douce  et belle mémoire, un texte  d'amour à la terre du vin.

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  La vigne, le vin   in  Prisons et Paradis  1932

 « La vigne, le vin sont de grands mystères. Seule, dans le règne végétal, la vigne nous rend intelligible ce qu’est la véritable saveur de la terre. Quelle fidélité dans la traduction ! Elle ressent, exprime par la grappe les secrets du sol. Le silex, par elle, nous fait connaître qu’il est vivant, fusible, nourricier. La craie ingrate pleure, en vin, des larmes d’or. Un plant de vigne, transporté par delà les monts et les mers, lutte pour garder sa personnalité et parfois triomphe des puissantes chimies minérales. Récolté près d’Alger, un vin blanc se souvient ponctuellement, depuis des années, du noble greffon bordelais qui le sucra juste assez, l’allégea et le rendit gai. Et c’est Xérès lointaine qui colore, échauffe le vin liquoreux et sec qui mûrit à Château-Chalon, au faîte d’un étroit plateau rocheux.

 De la grappe brandie par le cep tourmenté, lourde d’agate transparente et trouble, ou bleue et poudrée d’argent, l’œil remonte jusqu’au bois dénudé, serpent ligneux coincé entre deux rocs : de quoi donc s’alimente, par exemple, ce plant méridional qui ignore la pluie, qu’un chanvre de racines retient seul suspendu ? La rosée des nuits, le soleil des jours y suffisent – le feu d’un astre, la sueur essentielle d’un autre astre – merveilles…

 Quelle journée sans nuage, quelle douce pluie tardive décident qu’une année de vin sera grande entre les années ? La sollicitude humaine n’y peut presque rien, là tout est sorcellerie céleste, passage de planète, taches solaires.

 Rien qu’en nommant par leurs noms nos provinces et leurs villes, nous chantons la louange des vignobles révérés. Il est profitable à l’esprit et au corps – croyez-m’en – de goûter le vin chez lui, dans un paysage qu’il enrichit. Quelle surprise ne vous réserve pas un pèlerinage bien compris ? Vin jeunet, tâté dans le jour bleu du chai, – « fillette » angevine, décoiffée sous une tonnelle poudrée à blanc par un après-midi d’été bien orageux, – reliquats émouvants découverts dans un vieux cellier, en Franche-Comté, je m’enfuis comme si j’avais volé un musée… Une autre fois, le mobilier boiteux, vendu aux enchères sur une placette de village, comportait, entre la commode, le lit de fer et les bouteilles vides, six bouteilles pleines : c’est là que je fis, adolescente, la rencontre d’un prince enflammé, impérieux, traître comme tous les grands séducteurs : le Jurançon. Ces six flacons me donnèrent la curiosité de leur pays d’origine plus que n’eût fait un professeur. J’accorde qu’à ce prix les leçons de géographie ne sont pas à la portée de tout le monde. Et ce vin glorieux, un jour, dans une auberge, si noire que nous n’avons jamais su la couleur du vin qu’elle nous versait… Ainsi une voyageuse garde le souvenir d’une surprise nocturne, de l’inconnu sans visage qui ne se fit connaître que par son baiser…

 Le snobisme gastronomique suscite une levée d’hostelleries et d’auberges telles qu’on n’en vit jamais. Il révère le vin. D’une fois mal éclairée, confessée par des bouches, hélas, que blindèrent cocktails, apéritifs vénéneux, foudroyants alcools, la sapience renaîtra-t-elle ? Souhaitons-le. L’âge venant, j’offre, pour ma petite part, l’exemple d’un estomac sans remords ni dommages, d’un foie tout aimable, d’un sensible palais conservé par le vin probe. Emplis donc, vin, ce verre que je tends. Verre fin et simple, bulle légère où jouent les feux sanguins d’un grand ancêtre de Bourgogne, la topaze d’Yquem, le rubis balais, un peu mauve parfois, du bordeaux au parfum de violette…

 Vient un temps de la vie où l’on prise le tendron. Sur un rivage méridional on me garde un chapelet de rondes dames-jeannes clissées. Une vendange les gorge, la vendange suivante les trouve vides, et les remplit à son tour. Ne dédaignez pas, détenteurs de fines bouteilles, ces vins à courtes échéances : c’est clair, sec, varié, cela coule aisé du gosier aux reins et ne s’y arrête guère. Encore qu’il soit de tempérament chaud, nous ne regardons pas, là-bas, si la journée est torride, à une grande pinte de ce vin-là, qui délasse et laisse derrière lui un double goût de muscat et de bois de cèdre… »

 

"Avec le recul du temps, Colette apparaît de plus en plus comme l’un des écrivains majeurs du XXe siècle français, avec Proust, son contemporain. Comme lui, ses racines sont dans le XIXe siècle finissant, dont leur vie et leur œuvre défient les conventions et les hypocrisies. Cela tout en préparant en profondeur des transformations du masculin et du féminin dont nous n’avons pas fini d’assimiler les conséquences. Colette, la jeune fille parfaitement libre des années 1900, se construit progressivement par l’écriture à travers d’abord son personnage de Claudine et l’invention d’un style et d’une langue extraordinairement personnels." Avant-propos de Michel Pierssens au séminaire qu'il consacrait à Colette, en 2016, au Canada.

 

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