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14/05/2017

Clap de fin pour les beaux arbres

 

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regardez les bien,admirez les,  ces superbes témoins verts, ces

illustres anciens qui ont bercé leurs branches dans le beau ciel de

Pau  depuis des lustres, qui avaient fait de l'entrée nord dans la

ville une percée verte prometteuse pour les arrivants ,  ils vont

disparaître par la seule volonté municipale, pour laisser place

libre à un bus tram, cette monstruosité  inutile à Pau où les bus

desservent parfaitement bien les différents quartiers .

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  On devrait gagner....5 ou  7 minutes ....sur le même trajet...

hôpital /ousse des bois -gare sncf.

Sans doute une manip  politique , sans doute des arrière pensées

que j'ignore, je ne vois que le scandale végétal.

Pour un coût de 30 millions,

 

   Du balai, les arbres centenaires,

                          du balai, les jeunes nichées d'oiseaux du printemps

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 quand on nous sensibilise à juste titre  au ravage  des forêts,

 quelle image pour la cité ! 

 

   2 ans de massacre programmé,  et chaque fois que je passe par

 là, que je vois   cette horreur contre la nature même de  ma ville,

une  violente douleur, une envie de hurler  au massacre . On nous

 annonce de nouvelles plantations, mais avant que celles ci

 n'offrent le panorama  qu'on nous détruit,  il faudra beaucoup,

 beaucoup de temps,  et bagnoles et bus tram auront triomphé

 d'un poumon vert palois.

 

  Massacre à la tronçonneuse,  dans une sorte  d'indifférence

collective, où sont les écologistes,  où sont les amoureux   de la

belle ville verte qu'on détruit ,  où sont les Palois pour défendre

leur patrimoine,

personne pour manifester,

 

 on nous rebat les oreilles  sur Pau Ville  Jardin,...

    et de sourire jaune....

             Bravo Bayrou. ...mais appelé  à un autre destin, il ne voit

que la grandiloquente  édification de la pseudo modernité.  

   Les voies des seigneurs sont décidément impénétrables ,

      j'en suis malade.

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30/04/2017

Retour vers mater mer. ..

   j'ai suivi  les indications

                  et  suis allé  voir par là bas         .....

   temps superbe, bassin comme j'aime,  comme toujours. 

 

 

         

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11/04/2017

Des âmes simples

en  fin de note,  interview de Pierre Adrian. 

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 On ne pouvait imaginer titre mieux approprié,  la vallée a  toujours donné  jour à ces âmes pures et simples, robustes et riches, empreintes  de spiritualité  dépouillée dont on trouve traces sur les raides sentiers,  dans le sauvage cirque de Lescun ;

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  Mais  c'est  sans doute à Sarrance qu'elles s'expriment le mieux, ces âmes simples.

      Au coeur de ce minuscule  village,

                                     là   où,  pour vivre,   il faut   être né. 

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Village humide et ombreux , que le gave mouille  de ses vertes

eaux

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et qui, les jours d'été même  ne voit la lumière solaire que

quelques heures,  flanqué de sommets abrupts  qui

l'enserrent   , le  protègent et aussi l'étouffent ,    l'isolant

du monde hostile. 

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 Oui  , de la vallée, il faut en découvrir et boire  l'atmosphère

jusqu'à la lie,  il faut en peler les écorces une à une afin de

parvenir au  coeur. 

 Le beau livre de Pierre  Adrian, aux éditions Équateur Littérature,

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 nous conduit au coeur de ce coeur,  met à jour et en pleine

lumière  l'homme le plus discret, le plus "sauvage " qui soit.

 

  Prêtre dans la vallée depuis 50 ans  , je l'ai connu moine -

curé d'Accous,  sillonnant les petites routes, les chemins, les

pentes à lacets  dangereux, toujours à l'assaut des

rencontres,  marie bien peu, baptise encore ,  met en terre,

beaucoup,  apportant réconfort et paroles dans les deuils, ou

restant taiseux , bien que maîtrisant basque et béarnais , les

mains ouvertes, le regard  doux et pourtant si pénétrant,

l'accueil incarné,  l'accueil du Christ,  le seul accueil, le seul

Amour qui vaille d'être vécu. 

 Puis,- le livre vous  racontera  -,  installé  au monastère de

Sarrance avec ce désir profond d'y faire renaître l'accueil ,

la vie  monastique, et bien sûr la Pastorale.

   C'est bien à un Pasteur à qui  nous avons   affaire  ici.

 

 

  Frère  Pierre, moine Prémontré

                                           a  chaviré la vie de Pierre Adrian.

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 Ce dernier par un jour de décembre, a poussé grille  et

portes toujours ouvertes  du monastère de  Sarrance, cette

grande bâtisse froide, dépourvue du confort  moderne qui

nous semble maintenant indispensable,  pour  partager le

déroulé des jours, avec l'autre Pierre,  au rythme des

offices, et des accueils, au rythme de la vie des errants

blessés qui posent leurs vies, des vies pauvres, mais pas  de

pauvres vies, repos quelques temps,  ou  plus longtemps...,

parmi ces  pierres grises et froides, là où il n'y a rien, mais où

il y a tout, dans  la chaleur de l'accueil, du partage, de la

reconstruction des vies.

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 Il en résulte un livre magnifique,  porté par une belle

écriture,  parfois un peu trop travaillée "   - péché  de

jeunesse ?  - mais quel témoignage  ! quelle richesse , qui nous

conduit nous aussi vers La Richesse ,  la plus précieuse,  

celle de l'écoute,  du pardon, du  rien qui donne tout.

                   La transcendance,  elle est là. 

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29/01/2017

Un autre 28 janvier

 1873  Saint Sauveur en Puisaye

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une farouche volonté de vivre la fit naître " dans cette chambre qu'on ne parvenait jamais à rendre assez chaude "

  C'était il y a 144 ans , au coeur de cette Bourgogne qu'elle vénéra et dont elle louangea avec une inégalable poésie et un amour indéfectible le vin, les coteaux, les demeures  et les gens.

 

" Le jardin du haut commandait un jardin du bas, potager resserré

 et chaud , consacré au piment et à l'aubergine où l'odeur  du

 feuillage de la  tomate se mêlait , en juillet, au parfum de l'abricot

 mûri sur l'espalier. "

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  " Dans la chambre que l’on ne parvenait jamais à rendre assez chaude, je naissais péniblement le 28 janvier 1873... Une quinzaine d'autres 28 janvier passèrent, sans y rien changer, sur cette chambre où je naquis à demi étouffée, manifestant une volonté personnelle de vivre et même de vivre longtemps, puisque je viens d'accomplir le soixante-quinzième anniversaire que mes amis autour de moi s'obstinent à appeler ''un beau jour''. Acceptons qu'ils l'aient rendu beau. Ils m'ont donné tant de choses..."

                                                             Le Fanal bleu

 

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« Toute ma journée s’écoule à chercher, pas à pas, miette à miette, mon enfance éparse aux coins de la vieille maison ; à regarder, aux barreaux de la grille qu’a tordue la glycine puissante, changer et pâlir, puis violacer au loin la montagne aux Cailles. (…) Dans le soir rougeoyant, j’écoute s’endormir le bienveillant jardin. Au-dessus de ma tête zigzague le vol noir et muet d’une petite rate volage… Un poirier de Saint-Jean, pressé et prodique, laisse tomber un à un ses fruits ronds, flogres aussitôt que mûrs, et qui entraînent dans leur chute des guêpes tenaces… Cinq, six, dix guêpes au trou d’une petite poire… Elles tombent en continuant de manger, en battant seulement l’air de leurs ailes blondes… Ainsi battaient, sous mes lèvres, les cils dorés de Rézi… »

                              (Claudine en ménage, 1902)

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"Je ne bouge pas, de peur de dissoudre, derrière moi, le mirage provincial qui monte de mon passé : un salon fané, où la pendule de marbre blanc marque minuit, entre deux bouquets de houx. Sur la grande table, on a simplement poussé un peu de côté les livres à tranche d’or, le jeu de jacquet et la boîte de dominos, pour faire place au gâteau arrosé de rhum et au vieux frontignan décoloré… Il y a, partout, le chaud désordre d’une maison heureuse, livrée aux enfants et aux bêtes..." (Colette)

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"Habituée à coucher dans une chambre très froide, j'ouvris les yeux sans bouger, pour ne pas déplacer le drap que je tirais sur mon nez, ni l'édredon de duvet qui gardait chauds mes pieds sur le cruchon d'eau bouillante. L'aube d'hiver, et ma veilleuse en forme de tour crénelée divisaient ma chambre en deux moitiés, l'une gaie, l'autre triste. Vêtues de sa grosse robe de chambre en pilou violet, doublée de pilou gris, ma mère était debout devant la cheminée et regardait mon lit. Elle chuchota très bas : "Tu dors ? " et je faillis lui répondre en toute sincérité : "Oui, maman.""
     (Colette, "Noël ancien", Cadeaux de Noël, éd. de L'Herne)

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  Et pour célébrer sa  douce  et belle mémoire, un texte  d'amour à la terre du vin.

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  La vigne, le vin   in  Prisons et Paradis  1932

 « La vigne, le vin sont de grands mystères. Seule, dans le règne végétal, la vigne nous rend intelligible ce qu’est la véritable saveur de la terre. Quelle fidélité dans la traduction ! Elle ressent, exprime par la grappe les secrets du sol. Le silex, par elle, nous fait connaître qu’il est vivant, fusible, nourricier. La craie ingrate pleure, en vin, des larmes d’or. Un plant de vigne, transporté par delà les monts et les mers, lutte pour garder sa personnalité et parfois triomphe des puissantes chimies minérales. Récolté près d’Alger, un vin blanc se souvient ponctuellement, depuis des années, du noble greffon bordelais qui le sucra juste assez, l’allégea et le rendit gai. Et c’est Xérès lointaine qui colore, échauffe le vin liquoreux et sec qui mûrit à Château-Chalon, au faîte d’un étroit plateau rocheux.

 De la grappe brandie par le cep tourmenté, lourde d’agate transparente et trouble, ou bleue et poudrée d’argent, l’œil remonte jusqu’au bois dénudé, serpent ligneux coincé entre deux rocs : de quoi donc s’alimente, par exemple, ce plant méridional qui ignore la pluie, qu’un chanvre de racines retient seul suspendu ? La rosée des nuits, le soleil des jours y suffisent – le feu d’un astre, la sueur essentielle d’un autre astre – merveilles…

 Quelle journée sans nuage, quelle douce pluie tardive décident qu’une année de vin sera grande entre les années ? La sollicitude humaine n’y peut presque rien, là tout est sorcellerie céleste, passage de planète, taches solaires.

 Rien qu’en nommant par leurs noms nos provinces et leurs villes, nous chantons la louange des vignobles révérés. Il est profitable à l’esprit et au corps – croyez-m’en – de goûter le vin chez lui, dans un paysage qu’il enrichit. Quelle surprise ne vous réserve pas un pèlerinage bien compris ? Vin jeunet, tâté dans le jour bleu du chai, – « fillette » angevine, décoiffée sous une tonnelle poudrée à blanc par un après-midi d’été bien orageux, – reliquats émouvants découverts dans un vieux cellier, en Franche-Comté, je m’enfuis comme si j’avais volé un musée… Une autre fois, le mobilier boiteux, vendu aux enchères sur une placette de village, comportait, entre la commode, le lit de fer et les bouteilles vides, six bouteilles pleines : c’est là que je fis, adolescente, la rencontre d’un prince enflammé, impérieux, traître comme tous les grands séducteurs : le Jurançon. Ces six flacons me donnèrent la curiosité de leur pays d’origine plus que n’eût fait un professeur. J’accorde qu’à ce prix les leçons de géographie ne sont pas à la portée de tout le monde. Et ce vin glorieux, un jour, dans une auberge, si noire que nous n’avons jamais su la couleur du vin qu’elle nous versait… Ainsi une voyageuse garde le souvenir d’une surprise nocturne, de l’inconnu sans visage qui ne se fit connaître que par son baiser…

 Le snobisme gastronomique suscite une levée d’hostelleries et d’auberges telles qu’on n’en vit jamais. Il révère le vin. D’une fois mal éclairée, confessée par des bouches, hélas, que blindèrent cocktails, apéritifs vénéneux, foudroyants alcools, la sapience renaîtra-t-elle ? Souhaitons-le. L’âge venant, j’offre, pour ma petite part, l’exemple d’un estomac sans remords ni dommages, d’un foie tout aimable, d’un sensible palais conservé par le vin probe. Emplis donc, vin, ce verre que je tends. Verre fin et simple, bulle légère où jouent les feux sanguins d’un grand ancêtre de Bourgogne, la topaze d’Yquem, le rubis balais, un peu mauve parfois, du bordeaux au parfum de violette…

 Vient un temps de la vie où l’on prise le tendron. Sur un rivage méridional on me garde un chapelet de rondes dames-jeannes clissées. Une vendange les gorge, la vendange suivante les trouve vides, et les remplit à son tour. Ne dédaignez pas, détenteurs de fines bouteilles, ces vins à courtes échéances : c’est clair, sec, varié, cela coule aisé du gosier aux reins et ne s’y arrête guère. Encore qu’il soit de tempérament chaud, nous ne regardons pas, là-bas, si la journée est torride, à une grande pinte de ce vin-là, qui délasse et laisse derrière lui un double goût de muscat et de bois de cèdre… »

 

"Avec le recul du temps, Colette apparaît de plus en plus comme l’un des écrivains majeurs du XXe siècle français, avec Proust, son contemporain. Comme lui, ses racines sont dans le XIXe siècle finissant, dont leur vie et leur œuvre défient les conventions et les hypocrisies. Cela tout en préparant en profondeur des transformations du masculin et du féminin dont nous n’avons pas fini d’assimiler les conséquences. Colette, la jeune fille parfaitement libre des années 1900, se construit progressivement par l’écriture à travers d’abord son personnage de Claudine et l’invention d’un style et d’une langue extraordinairement personnels." Avant-propos de Michel Pierssens au séminaire qu'il consacrait à Colette, en 2016, au Canada.

 

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