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13/03/2017

Je n'ouvrirai pas les guillemets...

Comprenez que j'hésite à ouvrir,

 

            voire , entr'ouvrir les guillemets. Non ,pas les  volets,

 

guillemets,du coup,voilà,tics de langage

             je dis bien,

                               les guillemets 

 « « « «  """"" « « « « « « « « « " « « « « « « « « « « « « « « « « « « « « « « « 

 

« « « « « « « « «  "" « « « « « « « « « « « « « « « « « « « « « « « « « « « 

 

« « « « « « «

 « « « « « « « «

 « « « « « « « « « « « « « « « « « 

« « « « « « « « « « « 

 

    Imaginons un instant qu'un courant  d' air s'y engouffre, même un

 zéphyr et que le souffle aussi léger soit-il, m'interdise à tout

 jamais de refermer la ponctuation que je souhaitais voir

installée temporairement ?

 

  Du coup,  au jour  d'aujourd'hui,  on impacte au quotidien  tous

les propos de " entre guillemets ",

 du coup, voilà, .......du coup....et voilà. ...

 

   Qu'  adviendra-t-il  alors  du  message murement  réfléchi, mais

 atténué délibérément par le double signe si tolérant pour

moduler   la pensée émise? 

 

 Si même la ponctuation se met à me jouer des  tours, je resterai

donc close,  bouche cousue,  gardant au fond de mon cœur le

secret  des  mots qui ,  à cause  du  léger courant d'air pourraient

bien engendrer des tempêtes effroyables, des raz de marée,

un tsunami,  un nouveau Déluge , que sais-je encore ?

 

      Et ça,  jamais,   foi de moi.

 

 J'hésitais,  je tergiversais, ma décision est maintenant prise,

 je clos ici , avant même  de débuter, ce que j'aurais aimé dire,

et c'est tant  mieux  pour  la paix  dans  le monde .

« « « « « « « « «  "    « « « « « « « « « « « « « « « « « « « « « « « « « « « 

 

 

 

 

« « « « « « « « « « « « « « « « « « « « « « « « « « « « « « « « « « « « « « « « « « « « « « 

13/11/2016

Les cousins Lorrin

Petit message   personnel, vers Moscou

 

Спасибо Татьяна из вашего прохода, видите вы скоро на берегу (диапазон) сразу после холодов! Дружба

 

 

Les cousins Lorrin n’appartenaient à aucune époque, aucun siècle n’était fait

pour eux.


  Ils étaient hors du temps, hors des temps, intemporels, sous la houlette du

patriarche Louis dont on disait qu'il avait fait de brillantes études; je n'ai 

jamais su lesquelles. Jamais il ne travailla. 

 Louis, à l’âge de vingt-deux  ans  avait épousé sa cousine germaine,

Catherine, la fille de son oncle maternel, car il n’est pas bon que se

dissolvent les patrimoines dans les familles cauchoises. La meilleure tactique

avait été donc et depuis de nombreuses générations de faire s’épouser entre

eux les  cousins et cousines, plutôt germains, pour rapprocher les terres,

pour resserrer les demeures, pour éviter de voir s’éparpiller les biens.

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  Ainsi donc Louis, et Catherine , ménage exemplaire,  se virent à la tête de

nombreuses propriétés, domaines agricoles, vastes demeures bourgeoises,

métairies, entourées de haies de peuples et de hêtres , dignes héritiers des

personnages de Maupassant.

 Le lit conjugal servit, et Louis accomplit son devoir d’ensemencement ;

Catherine accoucha en six ans de cinq enfants.

 La vaste demeure longeait la rue principale du bourg, six fenêtres aux

 

barreaux serrés, dont les volets se fermaient dès cinq heures du soir.

 

Un jardin sur l’arrière, prolongé d’un potager, puis les champs. Point d'amis,

 

(Louis aimait à proclamer que les seuls amis des enfants sont leurs parents ) point

 

de fréquentations, hormis l'inévitable curé de la paroisse ,le notaire, et puis,

 

un vieil évêque , dont on ne savait ce qui avait motivé son arrivée dans ce

 

 coin reculé de Normandie. Il venait  une heure  pour le thé quotidien

 

confessait Catherine, écoutait Cécile avec bienveillance, puis repartait

 

jusqu'au lendemain...

 Joseph, le fils aîné, porteur de toutes les espérances paternelles,

fut condamné à réussir son entrée dans la vie militaire.

Surprise, car jusqu’à Joseph, aucun aîné n’avait jamais eu d’autre occupation

 

que de prolonger la dynastie et gérer le patrimoine.


  Joseph entra donc à Saint Cyr. Il disparut en  Indochine.

 

 Henri-Pierre, de treize  mois son cadet, se révéla un enfant fragile,

étrangement artiste dans ce monde sans art . On le mit très vite en pension

chez les Jésuites, pour lui faire le caractère. Henri-Pierre, nous le

découvrîmes il y a peu dans  de la correspondance retrouvée incidemment,

tenta de mettre fin à ses jours à treize ans.

 Il se heurta violemment à la volonté paternelle, qui le destinait à la

magistrature. Il ne parlait que  Beaux Arts, peinture, aquarelle, sculpture, ce

qui lui valait les foudres et les lazzi du père tout puissant .

Catherine se montra  absente de l’éducation. Tout revenait à Louis qui

régentait son monde.


  Cécile, délicate jeune fille, troisième de la famille, se réfugia très

rapidement dans l’extase et la contemplation  du Saint Sacrement. Elle

passait le plus clair de ses journées d’enfant puis de jeune adolescente en

adoration et en prières.


  Quand elle annonça sa volonté de rentrer au Carmel, son père se déchaîna.

Elle se devait à ses parents. Seule fille, il n’était pas question qu’elle opte

pour un autre destin que celui de servante, en quelque sorte, bien que le mot

n’ait jamais été prononcé, mais toujours sous entendu. Elle occupa ce poste

jusqu’à sa majorité, servile, et priante et le soir même de ses vingt et un

 ans, quitta la maison aux  fenêtres grillagées pour rejoindre le Carmel de

Lisieux.

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Son père la décréta morte.

On ne prononça plus jamais son prénom.

Cécile disparut de la vie des  Lorrin.

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 Le quatrième, Edouard,  portrait du père, tout en rigidité et en autorité,

mena  tant bien que mal ses études secondaires à leur terme, puis, élu et

cornaqué par Louis, prit la direction des affaires, ou du moins , de celles que

son père voulut bien lui déléguer. Des peccadilles , qui l’occupaient. Car Louis,

l’âge avançant, ne cédait pas un pouce de ses attributions de patriarche.

 

 Victor était le cinquième : un bien bel enfant.

 Quand il eut trois mois, ses parents se rendirent au Havre pour le présenter

à la famille paternelle.  Au retour, la voiture  quitta la route, Louis ne put

redresser le véhicule qui heurta un arbre ; Victor, des  bras de sa mère, fut

éjecté ; on le retrouva dans le fossé.


  Depuis ce jour, Victor, la cervelle brouillée, innocent à vie, se métamorphosa

 

en valet de ses parents qu’il servit, jour après jour.


  Quand je rencontrai Victor, il était le chauffeur de papa-maman, tout de

noirs vêtus, col rigide pour le père, chapeau à voilette pour la mère.

 Lui, voix hachée,prononciation hésitante, servile et aplati devant la toute

puissance paternelle,me raconta comment il s'était cassé quatre côtes et le

bras droit :

" Victor, il faut couper la branche du pommier qui passe chez le voisin.


  J’ai dit oui papa. J'ai dit oui papa ...


Je suis monté dans l’arbre, j’ai scié la branche, Et je suis tombé comme ça,"

fit-il en levant au ciel ses deux grands bras qui touchaient presque le

plafond.

 Je voyais sa pomme d’Adam qui montait et descendait.

 J’avais à la fois pitié et envie de rire.


Alors papa a pris la brouette, j’avais mal, il m'a dit de m’y asseoir et il m’a

 

reconduit à la maison. Je crois que ça s’est remis maintenant. Mais j'avais

 

mal. "

 

 

 

  • medium_brouette.JPG

 

 

 Victor avait bien entendu scié la branche sur laquelle il était assis. On croit

 

que cela n’arrive que dans les histoires drôles. Non, cela arrive aussi dans les

 

histoires tragiques de la vie. Jusqu’à la mort de ses parents, Victor fut la

 

bonne, le chauffeur et le jardinier, puis, le garde malade.


  Catherine partit, suivie dans le mois par Louis.

Cécile fut prévenue par Henri-Pierre, qui avait installé une galerie d'art  rue

 

Bonaparte, à Paris et qui vivait avec Fabien depuis  plus de vingt- deux ans.

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 Edouard Lorrin avait pris les rênes de l’héritage, marié à une cousine,

 

il était déjà quatre fois père et régentait les biens de mains de maître.

 

 

  Cécile , Mère Marie Raphaëlle, vint, ombre sombre, qui avait obtenu de la

Supérieure l’exceptionnelle permission de sortie.

 Elle  sourit à Victor, qui ne savait qui elle était. Elle l’entoura de ses bras en

ailes protectrices, et le ramena au Carmel.

Il y finit ses jours comme jardinier,  ombre parmi les ombres, entouré de la

 

première affection de  sa vie, serein,  calme, dérangé et gentil.

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18/08/2016

Un mariage mémorable chez les farfelus d'Helconide, l'été de tous les mariages

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 à ma chère  Tante Astridelle

 

 

   Jamais je ne m'en voudrai assez. Depuis le temps que

je vous parle de ma famille Hadulphe,

l'oncle musicien en premier, j'avais omis,

 

 où ai-je la tête? 

 

 l'oncle Phaéton et sa sœur, ma tante-donc Hébé.

Phaéton pourtant, c'est quelqu'un.

Oui, je sais, il est mort depuis pas mal de temps, -

d'accord,

mais sa personnalité, ses bons mots, les anecdotes de son

existence ne cessent de courir de cousin à cousine, de

nièce à neveu.

 

 C'est toujours un bonheur que d'évoquer le Brillant et sa

célébrissime manie de l'ordre, de l'exactitude, au point

que nous, la bande d'insolents neveux, l'avions surnommé

 

 « Onze heures Onze »

 

nombre dont la parfaite symétrie scripturale n'avait

d'égal que l'absolu rangement des lieux qu'il habitait, que

l'ordre maniaque et méthodique qui accompagnait chaque

déplacement , chaque mouvement, chaque respiration de

Phaéton.

ll était doté d'une solide fortune, acquise par un poste

prestigieux dans …............???...je n'ai jamais su.

Propriétaire de nombre de résidences, il laissait en

chacune, en prévision d'une éventuelle venue impromptue,

l'attirail propre à ses périodes de villégiature, ce qui pour

l'Oncle Phaéton consistait en

 

* un short type anglais, bien long, bien large

* un polo en piqué pur coton

* une paire d'espadrilles de toile bleu marine, ( basque )

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les vêtements sur un de ces valets de bois, au pied du lit,

les sandales de corde soigneusement rangées côte à côte,

au garde-à-vous« Onze heures onze » attendaient le

retour de l'oncle parfois tout le printemps, puis tout l'été

puis l'automne, jamais l'hiver où l'attirail se reposait

jusqu'au printemps suivant.

 A sa guise, indépendant, sans épouse et sans

descendance, peu tenu par le reste de la famille, ignorant

les amis, il allait et venait suivant son humeur, et quand

on l'attendait à Deauville, nous apprenions par quelque

cousin  ou branche rapportée, qu'il prenait les eaux en

Suisse, ou à Vichy.

 Mais si je vous parle de Phaéton, c'est surtout pour avoir

un motif à évoquer Hébé.

Ah! tante Hébé!

 

 Je fis sa connaissance de façon plus que romanesque.

Invitée au mariage d'une mienne cousine, et admirant du

haut de la tribune de l'orgue ( bien sûr, là où se trouve

Hadulphe, je suis...) l'entrée admirable

de Rodaïde au bras d'oncle Adalbert, je repérais dans

l'assistance,une silhouette plus qu'étrange, incroyable.

 Une petite chose, d'une rare maigreur, même vue

seulement de haut et de dos, posée sur de petites

et tellement fragiles pattes d'échassier qui dépassaient

de la jupe froufroutante et volantée, soyeuse et fleurie,

une petite tête agitée en tous sens, et chapeautée d'une

extravagante capeline - maison qui, à chaque mouvement,

menaçait d'éborgner les deux messieurs qui encadraient la

silhouette.

( Peut être " Onze heures Onze ", sur sa  droite ? )

 Une petite voix haut perchée, qui dominait l'ensemble de

l'assistance chantante. Petite, si petite, mais tenant tant

de place...

  Le rapide descriptif que j'en fis à Hadulphe, de dos

puisque assis devant ses claviers ne lui laissa aucun doute:

 

 

Hébé !

 

  Omniprésente pendant les deux heures de la cérémonie,

la petite chose s'impliqua dans le placement des invités,

participa à la quête, escortant les Âdorables garçonnets

porteurs de panières fleuries, gloussant, s'arrêtant à

chaque rangée, recevant baise main et discrètes

accolades, saluant d'un jeu de doigts rapide

 Adalelme,

Mechtilde

Hildegonde,

Austreberthe,

les jumeaux Ursicin et Volusien,

" Dieu, comme ils ont grandi ! "

 

Pulcelle,

Eudoxie,

" Ma chérie , mais tu es rrââvissante!"

Oh, Phébalde!

et de l'embrasser voracement, toute la foule des parentés

réunies, tandis que Rodaïde, raide sous l'héritage des

sept jupons ancestraux qui se doivent d'être portés,

superposés, le jour des noces, livide et crispée, montrait

d'évidents signes d'impatience et d'agacement :

 

Hébé, té!

 

était encore en train de bouziller la fête, comme elle

l'avait fait aux noces de ses sœurs  Aremburge

et Carétène, et ce n'était rien à côté de ce qu'elle nous

réservait pour la soirée...

 

 

  Rodaïde n'avait pas tort de craindre le pire mais elle

était loin de soupçonner les tempêtes qu'allait déclencher

tante Hébé.

 

  La cérémonie achevée, (enfin ! )  nous quittâmes l'église

à plus de 18 heures 30 pour rejoindre la propriété des

parents d'Eustaise.   

 

 La montée vers les hauteurs au dessus du lac du Bourget,

dans l'antique décapotable d'oncle Hadulphe se passe de

description :

 

imaginez seulement tonton, heureux d'en avoir fini avec le

pensum de la partie musicale qui lui avait été imposée,

écrasant autant que faire se peut le champignon pour

obtenir un bon 35 km heure.

Ce délicat et fin musicien, obligé de jouer cette pompeuse

marche nuptiale, réduction pour l'orgue d'une œuvre de

Mendelssohn, si belle à l'orchestre , avait réussi, pour la

sortie de la cérémonie, à imposer tout de même aux

tourtereaux incompétents un véritable trésor, une pièce

de musique française de Clérambault,

 " Caprice sur les Grands Jeux " qui sonna fort bien lui

sembla-t-il sur l'orgue.

 

Qui l'entendit ? Qui l'écouta ?

 

 Dans le tonnerre des talons sur les dalles, le brouhaha,

les cris des petits, les éclats de voix d'Hébé qui

montaient jusqu'à la tribune, qui sut savourer les accords

savants et harmonieux de  Clérambault…?

 

Si tous les instruments de musique sont faits pour

les oreilles, seul l'orgue semble conçu pour les pieds :

dès qu'il retentit, l'assistance sort  avec fracas.

Hadulphe lui - même, empêtré dans les trois claviers mal

connus, abasourdi par le vacarme confus que produit

l'orgue pour l'interprète, douta de l'effet produit.

Il demanderait tout à l'heure à Aicard, le seul de la

famille qui s'intéressât vraiment à la musique car il ne

pouvait compter sur mon avis : oreilles bourdonnantes de

cloches, dans la confusion totale des sons perçus à la

tribune, toute entière rivée sur la sortie du cortège, je

n'en perdais pas une et n'écoutais rien.

 

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 Nous grimpâmes donc vers le domaine : une vaste

demeure du 18°, legs familial depuis des générations, qui

s'ouvrait ,  en contre bas sur le lac du Bourget et ses

relents lamartiniens.

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 Face à nous, minuscule au loin  et drapée des brumes du

soir,dans la lourde chaleur de cette fin juillet l'abbaye de

Hautecombe.

 

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  La pelouse autour de la demeure servait de plateau aux

tables du buffet: blanches immaculées, elles offraient à

nos avides gourmandises de frais délices de saison, des

canapés exquis, des navettes dorées fourrées de foie

gras, les bouteilles d'eau gazeuse et de jus de fruit, par

centaines, nous attendaient pour étancher nos soifs, car

j'ai oublié de vous le signaler, mais ce vendredi - là, nous

connûmes une des pires chaleurs qui soit. Plus de 40

degrés, qui ne procuraient que l' envie de s' abandonner

aux moelleux coussins jetés ça et là sur le gazon, et de se

désaltérer jusqu'à...plus soif.

 

C'est là qu'Hébé commit sa première gaffe.

 

 Déjà fort  excitée, elle accepta le verre de whisky posé

avec d'autres sur le plateau que lui présentait un digne

maître d'hôtel aux gants blancs.

Je vis Hébé saisir l'objet, qui avait été refusé comme

ceux qui l'entouraient par tous qui lui préféraient l'eau

fraîche ou le jus d'orange.

 Oui je vis bien, car nous avions élu domicile sous un grand

conifère qui nous apportait un très léger frémissement de

fraîcheur et de notre observatoire un peu en retrait,

toute la parentèle était sous notre garde, et notre

curiosité.

 

 Rodaïde entamait le tour des invités,toujours emprisonnée

de ses fichus jupons, Eustaise légèrement en retrait,

laissait son épouse toute neuve prendre les devants.

 Présentation des uns aux autres, rires en cascades,

comme s'il y avait de quoi rire, mais soyons gais, marions-

nous...

 

 La mère d'Eustaise, dignement chapeautée d'un bibi

mauve à voilette, daigna enfin déposer son couvre chef un

peu au hasard, sur un coussin.

 

 

 Oncle Hadulphe était gai et volubile ce soir-là, oh ! pas à

cause des noces d'Eustaise et de Rodaïde, dont il se

moquait comme de ses premières gammes, mais de passer

ce moment avec nous, qui étions, je crois bien, ses neveux

préférés.

 

 Aicard surnommé je ne sais pourquoi, "Le Grand", lui

donna son point d'oreille sur la sortie qu'il avait jouée,

 

   « fort bien,très en place, belle registration  » 

 

et Hadulphe ne put s'empêcher de savourer l'avis

pertinent de son sien neveu.

 

C'est à cet instant précis qu'Hébé fondit sur nous :

 

« Hadulphe mon cher, vous fûtes génial! »

 

 Le verre vide à la main, elle secouait sa capeline plus que

jamais, et les boucles poivre et sel de son chignon, comme

saupoudrées de poussière ancestrale échappaient à

l'ordonnance de la coiffure, et commençaient à menacer

ruine sur sa nuque.

 Un plateau passa à portée, elle déposa son verre vide et

se saisit d'un plein dont elle avala le contenu si

rapidement qu'elle eut le temps, avant même que le

porteur de plateau ne tournât les talons, de reproduire la

manœuvre, et vida dans l'instant son troisième verre de

bourbon.

 Personne ne bougea et surtout pas Hadulphe qui m'avait

dit à la tribune, que depuis bien longtemps il se

désolidarisait des agissements de sa belle – sœur, veuve

de son défunt frère Albéron.

 C'était la première fois que je voyais ma tante;

elle vivait au nord de la Belgique et ne venait guère se

joindre à notre tribu qu'en cas de mariage

« à la hauteur »

 

  Celui d'Eustaise et de Rodaïde correspondait à ses

critères : je découvris donc tante Hébé, mais déjà

sérieusement éméchée.

 

 La voix se faisait encore plus perchée, plus acide, les

pattes d'échassier plus maigres et plus graciles,

semblaient tout à coup incapables de supporter plus

longtemps la charge pourtant si légère du corps d'Hébé.

 

Et ce qui devait arriver, arriva.

 

 Elle s'écroula, fessier en tête, sur un  coussin à portée

de céans. Je n'eus que le temps de voir disparaître le bibi

à voilette sous la jupe fleurie.

                               Fin de l'épisode.

 

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 Effondrée, saoule comme trente six grives, Hébé

réclamait à boire, sur un ton qui d'impératif et strident

devenait comminatoire .

 

 

 Au milieu de cette assistance policée, calme et mesurée,

sous les accords douteux des cordes , - violon, alto,

violoncelle - que nous donnait à entendre depuis un balcon

un groupe d'enfants, cousins sans doute, dans toute cette

ordonnance bien huilée, contrôlée, Hébé entamait le

numéro de sa vie.

 

 

Il serait temps de vous révéler un secret :

tante Hébé

 

et bien, elle ne fut jamais ma tante.

 

 Au sein de notre tribu, tout ce qui est cousin, germain,

éloigné, à la mode de Bretagne, branche rapportée ou

rapporteuse, tout cela va droit dans le même sac familial,

celui réservé aux appellations d'origine contrôlée

 « oncles et tantes ».

  Ainsi, n'allez surtout pas imaginer mes dignes géniteurs

affublés de douze ou quinze frères et sœurs : si les

familles nombreuses sont bien vues par chez nous, le

nombre de procréés ne dépasse que rarement le sixième.

 

  C'est à cet instant précis de mes cogitations que

justement Sixtine, pas la Chapelle mais ma petite dernière

cousine du côté de Gontrade, pas encore couchée malgré

l'heure fort avancée, vint délicatement vomir sa neuvième

navette au foie gras sur les pieds de Tante Hébé.

 

  La brave femme, effondrée, comme je crois vous l'avoir

narré, après l'ingestion de son troisième Bourbon, la

capeline en bataille, la jupe allègrement remontée sur ses

graciles cagnettes, n'eut pas le temps de bondir . Le jet

sixtinien s'amollit sur les petons de tantine.

 Le hurlement qu'alors poussa cette dernière reste

aujourd'hui encore, vingt-six ans plus tard dans la

mémoire de tous les Savoyards qui crurent revenu le

temps des Grandes Invasions Barbares.

   Hébé hurlait, Sixtine braillait, et pour parfaire son

œuvre, la gamine, de ses doigts artistes, tartinait le vomi

aussi délicatement qu'elle l' avait régurgité.

 

 Gontrade arriva ventre à terre, confuse et se répandant

en excuses auprès d'une Hébé hystérique.

  Un malheureux maître d'hôtel voulut relever ma tante :

elle s'accrocha à lui, crut à la verticalité mais perdit

l'équilibre, entraînant le cher homme dans sa descente

aux enfers. Hébé chutait pour la deuxième fois.

 Un roulé boulé de classe sur la pelouse, la tribu partagée

entre fou rire et indignation,

 

 Rodaïde, verte, les mâchoires tellement crispées qu'on

aurait dit ses deux maxillaires soudés pour le restant de

ses jours, Eustaise, tachant maladroitement de séparer

les deux corps imbriqués par la chute,

 Hébé accrochée aux basques du pauvre maître d'hôtel,

vociférant, pis, éructant...Je vous laisse imaginer.

 La mère d'Eustaise, départie à tout jamais de son bibi à

voilette, ne trouva rien de mieux, pour distraire

l'atmosphère que de relancer le groupe des cordes figé

sur son balcon : un flot d'accords maladroits et

disgracieux nous tomba sur les épaules, et nous en

courbâmes tous la tête sous le poids de l'infamie musicale.

 

C'est alors qu'Hébé soudainement dégrisée, leva vers le

balcon un doigt sentencieux:

 

« Vous les morpions du violon, au lit  !   Ça suffit,

qu'est ce qui m'a fichu des zozos pareils?

Hadulphe ? Hadulphe ? Mon cher,

ne pouvez-vous pas leur claquer le bec à ces inaptes? »

 

Eustaise tenta d'intervenir.

 

« Oh toi, ça va, hein, même pas capable de t'imposer

auprès de ta bonne femme, tu ne vas me donner des

leçons, et quand tu couchais avec elle pendant votre

retraite spirituelle à Lourdes chez les Bons Pères, tu

jouais à cache cache avec C .. mais n'empêche qu'elle t'a

vu entrer dans la cellule de Rod, et qu'elle a tout entendu

et qu'elle a tout raconté et que vous n' êtes qu'un belle

bande de faux jetons.

Mon cher Albéron avait bien raison , vous ne valez pas

tripette.

Je suis venue, j'ai vu, je pars, sans me retourner. »

 

  Elle tenta malgré tout un demi tour devant la famille et

les amis éberlués, raides de dignité outragée , mais elle

se prit les pieds dans rien et s'affala à nouveau, nez

contre terre.

 

 Alors s'éleva la tragique et terrible plainte de Rodaïde,

dont les noces qui s'annonçaient dignes et grandioses

viraient au cataclysme, un long sanglot dont on devinait

qu'il accompagnerait la vie entière du nouveau ménage.

 

Hébé se releva seule, ignorée à tout jamais de la famille.

 

                                                   Ignorée ? Vraiment? …

 

 

...Je vis alors Hadulphe, mon cher Oncle Hadulphe se

diriger vers elle, sa belle sœur mal comprise, mal aimée

voire méprisée par lui depuis tant d'années.

Soudain, il sentait un impérieux besoin de l'approcher, de

la soutenir, de l'accompagner, il se sentait si proche

d'elle.

 

Il jeta un œil de rogne longuement contenue vers le balcon

et les marmousets qui avaient cessé leurs outrages, il jeta

un second coup d' œil élargi, circulaire vers la tribu

hébétée, tendit la main vers Hébé, d'un geste si

rassurant, si engageant, qu'elle ne put qu'y céder.

Il baisa respectueusement la petite main si maigre et si

fripée, remit un peu d'ordre dans la chevelure anarchique,

et là, devant toute cette noble assemblée, attira la vieille

dame jusqu'à lui pour le plus spectaculaire baiser auquel il

nous fut jamais donné d'assister.

 

 

 Puis, sans un regard pour le reste du monde qui semblait

avoir disparu, Hadulphe et Hébé quittèrent la scène de ce

théâtre, pour un dernier acte que nous ne pûmes

qu'inventer, fantasque et gai, fou et farfelu, à leur

image, et pour longtemps dans nos mémoires, bien plus

grandiose que les pâles noces d'Eustaise et Rodaïde.

un baiser comme au cinéma.jpg______________________________________________________________________

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L'été ,  saison  des mariages

*

*

*

 

 

Ils y vont, gais et joyeux

dans le grand   bleu de ce bel été,

ils y vont,  la joie et  l'espérance au cœur.

Qui n'a pas de  mariage à l'horizon

de sa famille ou de ses amis ?

 

Mendelssohn va chauffer...

Et souvenez vous que La Marche Nuptiale, 

si souvent  entendue, rebattue, lors des cérémonies

 

 Mendelssohn la composa  non  sans  malice,

pour le mariage   d'un âne,

dans  "Le songe d'une nuit d'été"

parodie gratinée  élue par des futurs mariés

qui n'en savent rien.

 

Choisissez mieux, les petits...

Et par pitié, évitez  les musiques  en CD;

si vous demandez à  l'Eglise de recevoir le sacrement 

de  mariage,

 

souvenez-vous  que  dans les paroisses officient

des organistes  liturgiques  prêts à vous proposer un

programme digne  de votre cérémonie.

Pourquoi pas    la fantaisie et fugue  de JS Bach

pour une entrée empreinte  de grave  solennité ?

 

 

et une  majestueuse  sortie  avec Dietrich  Buxtehude

 

Te  Deum Laudamus  BxVW 218

 

 

 

 

 

à bon entendeur, salut !

 

Les appareils photos aussi vont  chauffer

 


Que sonnent les cloches à toute volée :

les petits  personnages  en haut du gâteau

figés dans la chantilly et la meringue,

leur feront croire, encore un peu à 

 l'éternité de l'amour. 

Beau mariage et soyez heureux.

Faites  des enfants,

beaux , intelligents, de préférence,

et passez la barre des 2 ans, des 5 ans,

10, 12,

des 20 ans ,

si vous le pouvez.

 

 

 

 

Flaubert nous offre une  savoureuse description,

  parodique et ironique comme il  aime à le faire

 du repas  de noces  de Charles et Emma Bovary.

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« C'était sous le hangar de la charretterie que la table
 
était dressée. Il y avait dessus quatre aloyaux, six
 
fricassées de poulets, du veau à la casserole, trois
 
gigots et, au milieu, un joli cochon de lait rôti, flanqué de
 
quatre andouilles à l'oseille.
 
 Aux angles, se dressait l'eau-de-vie, dans des carafes.
 
 Le cidre doux en bouteilles poussait sa mousse épaisse
 
autour des bouchons et tous les verres, d'avance,
 
avaient été remplis de vin jusqu'au bord.
 
 De grands plats de crème jaune, qui flottaient d'eux-
 
mêmes au moindre choc de table, présentaient,  dessinés
 
sur leur surface unie, les chiffres des nouveaux époux en
 
arabesques de non pareille.
 
      On avait été chercher un pâtissier à Yvetot
 
 pour les tourtes et les nougats.
 
   Comme il débutait dans le pays, il avait soigné les
 
choses ;
  et il apporta, lui-même, au dessert, une pièce montée
 
qui fit pousser des cris. 
 
 À la base, d'abord c'était un carré de carton bleu
 
figurant un temple avec portiques, colonnades et
 
statuettes de stuc tout autour dans des niches constellées
 
d'étoiles en papier doré ; puis se tenait au second
 
étage un donjon en gâteau de Savoie, entouré de menues
 
fortifications en angélique, amandes,
 
 raisins secs, quartiers d'oranges ; et enfin,
 
sur la plate-forme supérieure, qui était une prairie
 
verte où il y avait des rochers avec des lacs de
 
confiture et des bateaux en écales de noisettes,
 
on voyait un petit Amour,se balançant à une escarpolette
 
de chocolat,  dont les deux poteaux
 
étaient terminés par deux boutons de rose naturelle,
 
en guise de boules,  au sommet. »
 
                                                Gustave Flaubert
 
                                                 "Madame Bovary"

15/04/2016

Un amour cévenol

 

Comme beaucoup de Cévenols,

 

 ils s’étaient aperçus au Culte.

On ne se disait rien.

 

 Violaine baissait les yeux, raide et stricte huguenote,

 héritière des Camisards du Désert, mais sous son air fermé, elle dissimulait mal son penchant pour le solide et grand roux,  Martin,  de quelques mois son cadet.

 

Après le culte, on passait parfois chez les uns  chez les autres, Martin  y croisa Violaine, la trouva digne, belle, d’une beauté grave et durable, sa foi lui donnait une certitude,  un maintien jamais démenti .

*

 

On ne quitte pas la Lozère :

 

 en Cévennes, on naît, on fait souche. Et d’ailleurs, aller où et pourquoi ?

*

*

Violaine et Martin se parlèrent,  se touchèrent du bout des yeux et se marièrent, union  grave  devant le Pasteur, sous les psaumes luthériens que si  parfaitement entonna tout le pays.

 

Une chambre leur fut attribuée chez les parents de Violaine,  en attendant.

 

C’est là que leur  amour consacré s’épanouit  en silence, sous le boisseau :  pas de cri, pas de soupir, mais  une passion muette pour ne pas déranger.

 Martin  fougueux, homme de la terre, accroché à ses pierres,  à sa religion,  rude,  intransigeant avec lui-même et plus tolérant avec les autres,  Violaine éblouie par le don d’amour.

 A la naissance de Jeanne, la décision fut prise par Martin,  de la construction de la maison.

Un  vallon ombreux,   châtaigniers, pierres sur pierres, granit et gel,   aride été,  et  passent les jours :

la maison prit corps, trois larges pièces carrelées,  en bas,  la cheminée vaste et profonde, prête à accueillir le bois le plus robuste pour affronter les longs hivers cévenols,

 A l’étage trois chambres chaulées,  la salle de bains,

 entièrement conçue par Martin.

Du beau travail, jusqu’au toit qu’il réalisa.

L’électricité et la plomberie, tout de ses mains d’homme habile et rigoureux.

 Quand Violaine attendit son second enfant, la maison s’acheva.

Le premier dîner, ensemble,tous trois autour de la table familiale,  enfin,  Jeanne sautant, courant, riant,

 plus sévère Violaine,  le ventre lourd d’amour,

 un peu lasse des années d’errance entre  ses parents et le beau père qui les avaient accueillis depuis leur mariage.

*

*

 

 Une vie qui s’annonçait, dehors les prémices de l’automne en ce mois  d’octobre ; l’hiver pouvait venir, soudés tous trois, bientôt quatre, au cœur de janvier,  rien ne pouvait plus arriver, que du bon, que du solide.

 A quatre enjambées du village, la maison regardait à l’ouest, et à ses pieds, une pente caillouteuse dévalait jusqu’à la rivière,  petit bras du Gardon ; sous les étoiles, on l’entendait .

 

Ses eaux  parfois gonflées de  quelque orage avaient bercé les nuits passées à clouer, poncer, bâtir,  encore et encore.

*

*

Martin travaillait le jour  comme cantonnier, le soir, la nuit, en partie, il quittait femme, fille et famille accueillante pour avancer l’ouvrage.

 Au petit matin, il se coulait silencieusement au côté de Violaine, il trouva la force  de lui faire  deux enfants,  puis écrasé, la face contre le traversin, s’endormait pesamment quelques heures.

 

 Et passent les jours.

 Ce soir d’octobre, Violaine servit le premier repas dans la maison.

 L’attente, plus longue  qu’une gestation,  avait demandé patience, sacrifice, Martin était calme, peu enclin à l’auto satisfaction, peu causant, mais là, toujours là. 

 « Je sors un peu »

 Il enfonça son large feutre marron, caressa au passage d’un tendre geste la rousse chevelure de Jeanne.

Il regarda Violaine avec ces doux yeux qui la faisaient chavirer.        « Je sors un peu  »

 

Il ne rentra point.

Quand la  minuit  fut entamée, Violaine se décida, elle s’assura du sommeil de Jeanne et  remonta vers le village jusqu’à la maison de Gérault,  son beau-frère, le cadet de Martin .

Arrivée devant la porte cloutée, elle hésita  puis frappa  avec le marteau   par deux fois, lourdement, comme d’accoutumée.

 Elle recommença.   A trois  reprises.

 

Puis elle raconta, sans s’appesantir, mais elle raconta surtout son angoisse.

Ils repartirent vers la maison neuve, Jeanne seule, l’angoisse.

 

Gerault alors parla : 

Non, il ne rentrerait pas, non.

Pas ce soir, peut-être jamais. Martin avait rejoint Maria. Depuis des mois, et des mois, il vivait sur deux rives,  sans jamais défaillir ni avec l’une ni avec l’autre.

Maria n’avait rien demandé, s’était contentée patiemment des bribes de passion que Martin lui offrait, dans sa caselle en schiste, sa baraque de cantonnier, entre deux murs à élever, il fallait construite la maison,  avant,  avant, il le devait.

 

 

 

 

   Mais quand l’autre ventre s’arrondit,  en même temps que celui de Violaine, il trancha avec lui-même, il trancha dans son vif et partit.

« Je sors un peu » 

 

« Non Violaine, il ne rentrera pas. »…  

 

 

                                                 Pau le  6 août 2008

documents iconographiques:

Lozère Online - Le guide des Cévennes au Gévaudan

 

 

 
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