logo Blog50.com
Blog 50 est un service gratuit offert par Notre Temps

15/08/2017

MARIE, enfance et tendresse 15 août

 

 

15 août, Saint Marie, qui n'a pas autour de   soi    au moins

une Marie?

Chaque famille recèle ce beau prénom, cette évocation

à la Vierge-Mère,



Je me souviens d'une Marie , enfance et tendresse :



 Née en 1903, à Mugron,au cœur de la Chalosse, Marie,  n’avait bénéficié que de juste ce qu’il fallait d’école pour apprendre à lire et à compter avant de se retrouver dans les champs à pousser oies et canards,

 puis au lavoir à frotter draps et chemises de quelque riche bourgeoise des environs.Mugron.

 Quand elle arriva au service de mes grands parents, elle avait vingt- sept ans, un fils, un mari déjà mort des séquelles de la Grande guerre.

 Courageuse et volontaire landaise, elle entra donc comme domestique, bonne à tout faire comme on disait alors.

 Elle participa aux moments rares de joie de mon père,il avait dix ans, elle lui servit davantage de mère que la sienne propre. Ouverte, brave, dans le sens le plus large, Marie trimait dur, entre son Jojo, sa belle mère, qu’elle avait à charge, la maison.

 Elle rentrait coucher chez elle . J’ai beaucoup fréquenté  sa demeure, petite, étroite, entre deux maisons, en haut d’un perron toujours fleuri.

 Une pièce commune où Alice la belle mère trônait, impotente et acariâtre qui régentait la vie,du fond de son fauteuil.

 La chambre d’Alice, au bout du couloir, la seule à fenêtre sur cour, et entre les deux, une pièce noire où Marie couchait, avec son Jojo, dans le même lit.

 Robinet d’eau froide au dessus de l’évier dans la pièce  à vivre, une grande cheminée, une cuisinière à bois ; petite cabane dans la cour : il fallait descendre les huit marches, faire le tour de la maison, pénétrer sous le porche. Au fond de la cour, commune à cinq locataires, la cabane en bois.

 En pleine ville. Années 60, c’est ainsi que j’ai connu les lieux dans lesquels elle vivait depuis 1930.

Levée  aux premières lueurs, couchée à pas d’heure.

 Elle savait tout faire ; ce qu’elle ignorait, elle l’apprenait sur le tas.

 Coudre, repasser, cuisiner, frotter, récurer, courber la tête, patienter et supporter.

 Je l’ai toujours vu alerte et souriante, dévouée et patiente.

 Elle joua à la maman donc avec mon père. Quand il rentrait de sa semaine de pension, elle avait toujours quelque gâterie préparée à son intention.

 A nous, Marie nous servit de grand-mère. C’est avec elle que je passais à la cuisine,le plus clair des repas dominicaux obligatoires.

 Je fuyais ces longues heures de tablée où il ne fallait rien dire, juste faire bonne figure et présence.

 Dès que je le pouvais,j’échappais aux regard et filais voir Marie et Marguerite qui servait à table.

 Marie, c’était plutôt la cuisine, la vaisselle, le rangement,les tâches plus ingrates que le tablier blanc du service. Parfois, elle se trouvait installée au rôle du service à table.

 Elle s’en sortait parfaitement, anticipant les ordres, souriant aux regards Madame qui appelait le personnel à l’aide d’une clochette ou bien d’une sonnette commandée au pied !et qui alertait dans l’office qui de droit !

 A l’époque où mon père commença de fréquenter la fille de la bouchère,il imposa la charmante jeune fille à certains repas qui avaient été organisés pour lui favoriser des rencontres avec d’autres jeunes filles à marier.

 Mon futur papa, avec la complicité de Marie, eut même le courage de bouleverser l’ordre des cartons sur la table mise, pour imposer ma future maman à son côté en lieu et place de Mademoiselle X que ma grand mère lui avait désignée comme voisine de table.

Marie riait de bon cœur !

 Elle fut le témoin privilégié des amours de mes futurs parents, vint à leur mariage en Périgord et quand je naquis, se mua tout naturellement en ma troisième grand-mère.

 J’ai tant aimé Marie ! Écrire et parler d’elle  me donne ce délicieux frisson de la faire vivre, respirer, rire. Elle venait une fois par semaine aider un peu ma mère dans les travaux de la maison,

mais c’était surtout prétexte à des échanges, des plantations au jardin, ou bien de grands éclats de rire  quand il s’agissait de tirer les draps pour les défroisser après leur séchage.

 Elle repartait avec des livres, qu’elle dévorait.  Elle s’était mis à lire avec passion, l’Histoire, les romans, les Classiques son goût était sûr, ses critiques pertinentes et aiguës.

 Parfois elle butait sur quelque mot étrange et lui accordait la signification que la sonorité lui évoquait.


  Elle inventait tout un vocable imagé ;  ainsi je l’entends encore raconter que Madame  avait confectionné un gâteau  qui s’était  esclaffé.

 Et quand l'orage menaçait « ça va pétarer »

Je ne vois jamais monter l’orage sans penser à Marie.


 Son Jojo, plombier dépressif, fréquenta longtemps le Petit Siacre…

 A la  retraite, elle se retira dans une maison tenue par des religieuses , où elle partagea patiemment la chambre d’une autre acariâtre   qui prit le relais de  sa belle mère.

 Elle était toujours souriante, nos passages hebdomadaires,les récits du  dehors, les repas que nous partagions avec elle dans la salle à manger, et qui la rendaient fière :

 « Ce sont mes petits enfants, » mentait-elle en rougissant.

 Mais non, elle ne mentait pas. Nous étions si proches de cette grand-mère que la vie avait glissée dans nos vies.

 Elle s’éteignit tout doucement en 1993, à 90 ans. La semaine dernière, j’ai retrouvé des cartes qu’elle nous envoyait quand elle passait quelques jours de vacances à Mugron chez son frère.


  Mugron,  je le traverse à chaque voyage vers Arcachon.  Mugron, chez Marie, et je regarde l’ancien lavoir où, enfant, elle plongeait ses mains rougies et déjà craquelées, déjà...

 







 

 

 

15/08/2016

Trois couleurs: la véritable origine du drapeau d'Arcachon

 

Arcachon les couleurs de son drapeau

Arcachon les couleurs de son drapeau

 

Claquent au vent  d'été  les trois couleurs de la ville.

 

*

 

Chacune a son histoire , chacune a sa légende ,

 

Avant aujourd'hui je ne connaissais pas l’origine des trois couleurs

 

qui pavoisent la ville,

 

 j’avais toute liberté pour interpréter à mon gré

 

le noir

le blanc  le jaune

 

 de ma cité natale :

 

seuls les poètes , les vrais,

 

 sans doute m’y verront sacrilège ;

 

 aux poètes , je dis qu’une  notoire incapable

 

 peut aussi se permettre des écarts interdits aux génies.

 

*

Noir ,

 

sable en héraldique,

présage ?

 

le noir ici  symbolise

 

 les grèves,

arcachon,drapeau,légende,histoire,couleurs,noir,blanc,jaune,fête de la mer,15 août,été

 

 

medium_Resize_of_THIERS.JPG

 

les plages blondes.

 

Arcachon les couleurs de son drapeau

 

 

Mais pourquoi ne  pas  évoquer

 

la profondeur mystérieuse de la forêt de pins ?

 

Arcachon les couleurs de son drapeau

 

*

Le blanc , l’écume mousseuse

 

qui ourle   le rivage.

Arcachon les couleurs de son drapeau

 

 

arcachon,drapeau,légende,histoire,couleurs,noir,blanc,jaune,fête de la mer,15 août,été

 

Et le jaune ?

 

 pour le jaune le choix est végétal

 

Ajonc et genêts,

arcachon,drapeau,légende,histoire,couleurs,noir,blanc,jaune,fête de la mer,15 août,été

 

mimosas

 

semblent  tout indiqués.

Arcachon les couleurs de son drapeau

 

 

 

Trois couleurs dans le vent,

 

ARCACHON

 

Ma cité, mon ancrage, ma beauté, mon  amour,

 

Toute  de couleurs et de senteurs mêlées,

 

Je te reviendrai . . .

*

 

 

En ce jour du 15 août 2008, la découverte

les trois couleurs ont pour origine

une inscription sur une cloche

 de l'église Saint Ferdinand

Noir

Hier les ténèbres

Blanc

Aujourd'hui l'aurore,

 Jaune

Demain la lumière

 

*

 

 

 

28/10/2015

Début d'automne en pages douces

 

"Un livre ouvert est un cerveau qui parle ;

fermé, un ami qui t’attend ;

oublié, une âme qui pardonne ;

détruit, un cœur qui pleure."


Robindranath Tagore

 

 

 

 

Hier, en direct du musée du Bardot à Tunis,

on a appris que Sansal  était  mis out

de la sélection  du Goncourt 2015;

se battre depuis si longtemps  au péril de sa vie

contre les intégrismes

 n'est pas si bien vu que

cela .

Sans Goncourt , Sansal  a l'oreille attentive de

ses lecteurs, sa parole  ne  s'en taira pas

pour autant, c'est cela qui compte avant  tout.

 

 

"  2084 "

 

La fin  du monde

le dernier  ouvrage  de  Boualem Sansal,  Gallimard  collection Blanche,  retenu sur la liste des candidats au prix Goncourt 2015  ne le  laissez pas passer !

 

Sansal s'inscrit ici  dans la ligne de Orwell pour dénoncer et brocarder  les  dérives et l'hypocrisie du radicalisme religieux qui menace les démocraties.

 

Et relisez ( ou lisez, vite  )  "Le Serment des Barbares " 

à " La Grande  Librairie "  du 24 septembre, divergence  profonde  entre Yasmina  Khadra et  Boualem Sansal, je penche davantage du côté  de Sansal, mais  ça   ne regarde  que moi.............

Image pour le résultat associé aux actualités

Image pour le résultat associé aux actualités

 

Boualem Sansal : "2084. La fin du monde"

 

 

 

boualem sanlam,2084,la fin du monde,gallimard,la grande  librairie,yasmina  khadra,prix  goncourt,sur la lecture,guillaume gallienne,france inter,ça peut  pas faire  de mal,proust,georges bourgeade,livre,lire,passion,hommage,vénération,plaisir,bonheur,bibliothèque,pléiade,sartre,les mots,pierre lemaître,hennig mankel,marc dugain

 

 

 

Il en restait un  de la production de  Jean-Christophe  Rufin, un qui avait échappé à ma lecture,  "GLOBALIA" :

  La démocratie dans Globalia est universelle et parfaite, tous les citoyens ont droit au " minimum prospérité " à vie, la liberté d'expression est totale, et la température idéale. Les Globaliens jouissent d'un éternel présent et d'une jeunesse éternelle. Évitez cependant d'en sortir car les non-zones pullulent de terroristes et de mafieux. Évitez aussi d'être, comme Baïkal, atteint d'une funeste " pathologie de la liberté ", vous deviendriez vite l'ennemi public numéro un pour servir les objectifs ...

  si vous aimez  réfléchir un peu sur  notre société, sur la liberté, l'uniformité  et l'ennui, sur la toute puissance  du pouvoir économique, sur les politiciens  fantoches, la destinée écologique  de la planète,  le rôle des media, la place  de l'étude   de l'Histoire, le contrôle de l'information...si vous aimez la belle écriture,  

 bref si tous les sujets  qui font notre  quotidien vous  intéressent, jetez   vous  sur Globalia, un roman d'anticipation ,  une  fable politique  dans la veine  du Meilleur des Mondes ou de  1984

 J'en tire une conclusion effrayante :

 

   Méfions -nous des avenirs radieux............................

sur la lecture,guillaume gallienne,france inter,ça peut  pas faire  de mal,proust,georges bourgeade,livre,lire,passion,hommage,vénération,plaisir,bonheur,bibliothèque,gallimard,pléiade,sartre,les mots,pierre lemaître,hennig mankel,marc dugain

 

 

 

 

boualem sanlam,2084,la fin du monde,gallimard,la grande  librairie,yasmina  khadra,prix  goncourt,sur la lecture,guillaume gallienne,france inter,ça peut  pas faire  de mal,proust,georges bourgeade,livre,lire,passion,hommage,vénération,plaisir,bonheur,bibliothèque,pléiade,sartre,les mots,pierre lemaître,hennig mankel,marc dugain

Lecture à la radio : délicieuse émission de Guillaume Gallienne,

 

     entendre Proust !

     ne  vous privez pas  de  ce moment   de pur bonheur.

 

L'été est une délicieuse période pour ouvrir, rouvrir des pages et

des pages.

 

 " Les livres sont des amis discrets qui ne viennent

 

   que quand on le souhaite." 

 

 

                                                         Eugenio Orrego Vicuña

 

 

 Que vous proposer pour ces  journées chaudes où l'ombre des

maisons  favorise la lecture, l'évasion immobile ?

 

  Un passage dans une maison que je vénère , villa Sully,  dans ma

ville natale,proust, georges bourgeade, livre,lire,passion,hommage,vénération,plaisir,bonheur,bibliothèque,gallimard,pléiade,sartre,les mots,pierre lemaître,hennig mankel,marc dugain la maison de mon maître

es littérature,

 Georges Bourgeade,

celui qui  a tant et tant marqué

ceux qui sont passés par  son

enseignement,

retrouver son bureau intact tel que je l'ai connu il y 50 ans,

la platine  aux disques vinyl,  bavardages à n'en plus  finir

avec sa fille  Jeanne,  partages émouvants ,  et partout, comme

disait Sartre, " ces pierres levées, droites ou penchées, serrées

comme des  briques sur les rayons de la bibliohèque, ou noblement

espacées en allées de menhirs... " , ces livres sur lesquels

nous avons adossé nos exitences.

 

  Saint-Simon, Maupassant, les auteurs russes,  Jules  Renard,

  Camus,Balzac, Flaubert, Montaigne, Claudel, Gide, Proust, les

  Grecs et les Latins, ...les collections  de La Pléiade, Les Belles

   Lettres...

 

 Je n'ai plus envie d'autres lectures, seulement   me replonger

 dans ces adossements,

 l'été plus encore, le temps  s'offre, il faut du souffle, de la

disponibilité pour ces pages :  ce sera sans doute le choix d'  une

nouvelle lecture   de    

 "  La Recherche  du Temps  Perdu ",

pour moi qui ai en partie  retrouver le temps  lors  de ces

derniers jours . Bel été  à vous, avec des lectures magnifiques.


 

MISE à JOUR  (et  à JOUIR ) :

 

Le beau temps  vous fait sortir?   Curieux, moi, il m'incite à me

caler sur le transat,  bientôt sur le  sable, avec un  bouquin, 

 

comme d'habitude, mais au soleil, au grand air, histoire d'aérer

le neurone , le dernier actif, celui qui tourne en boucle;

 à peine  achevés  "  Check-Point   "  

le dernier cru ( excellent   ) de Jean Christophe Ruffin

et   "Le Voyant  "  de  Jérôme Garcin  ( voir billet  précédent )

je fouille,  je reviens vers des amours anciennes, je quitte

certains, j'en reprends  d'autres   :

" Le Royaume  "    d 'Emmanuel Carrère ,

" La déesse des petites victoires  "  de Yannick Grannec,, 

 

 Paul Veyne " Et dans l'éternité  je ne m'ennuierai pas "

 

 

 

livre,lire,passion,hommage,vénération,plaisir,bonheur,bibliothèque,gallimard,pléiade,sartre,les mots,pierre lemaître,hennig mankel,marc dugain

 

 

livre,lire,passion,hommage,vénération,plaisir,bonheur,bibliothèque,gallimard,pléiade,sartre,les mots,pierre lemaître,hennig mankel,marc dugain

           

livre,lire,passion,hommage,vénération,plaisir,bonheur,bibliothèque,gallimard,pléiade,sartre,les mots,pierre lemaître,hennig mankel,marc dugain

 

livre,lire,passion,hommage,vénération,plaisir,bonheur,bibliothèque,gallimard,pléiade,sartre,les mots,pierre lemaître,hennig mankel,marc dugain

          le printemps est là, le transat en est tout  guilleret

 les habitudes de lecture,

    automne, hiver, printemps, été demeurent .

   On reprend et on complète  une note  de novembre dernier:

  ( je le ferai  régulièrement  sur cette même page ,

 

 jusqu'à ce       qu'elle explose !) 

 

          je lis, tu lis, il lit,

                 nous lisons, vous lisez, ils  lisent,

                                       

livre,lire,passion,hommage,vénération,plaisir,bonheur,bibliothèque,gallimard,pléiade,sartre,les mots,pierre lemaître,hennig mankel,marc dugain

       

livre,lire,passion,hommage,vénération,plaisir,bonheur,bibliothèque,gallimard,pléiade,sartre,les mots,pierre lemaître,hennig mankel,marc dugain

 

 

 2014  s'annonçait   aussi remplie  que 2013 :

 

 

2015  est déjà bien fournie:

les livres, toujours les livres, l'infini bonheur  de  s'immerger  au fil des pages  dans la fiction,   ne plus  voir passer le temps, des nuits jusqu'à pas d'heure, mais qu'importe ! le bonheur  de la lecture l'emporte sur  tout et comme je plains  celui  qui se  tient ignorant  de  ce bonheur - là.

 Entre  amis, entre nous, on commente, on s'échange et des livres, et des titres, on  s'écharpe, pas toujours d'accord sur le ressenti, ( tient , j'ai beaucoup de mal avec " Confiteor "  du Catalan  Jaume Cabré )

  Après avoir achevé tout Mankel,

                                             henning mankell : Fatras en bleu

 

 

                     tout Lemaître,

           Pierre Lemaître, du polar au Goncourt et vice-versa : Fatras ...

 Robert  Goddard, "Heather Mallender a disparu",  du mal à finir, trop répétitif, filandreux, tire à la ligne.

"La Salamandre " J C Ruffin,

 Caryl  Ferey avec un thriller  politico-ultra  violent " Mapuche " sur la dictature argentine,  

"Millenium " de Stieg Larsson (c'est fait, c'est lu !) ,

découverte  :

Stuart  Neville , pour   "Les fantômes de   Belfastun Irlandais  qui nous  trimbale avec une force surprenante dans la société irlandaise , toujours  bouleversée par la guerre civile,

 

 un  Ecossais, Peter May, pour  "L'île aux chasseurs d'oiseaux "

 

premier  volet de la" trilogie de Lewis"

 

et puis un  romancier  du grand nord norvégien  Jo Nesbø

( " Chasseurs de tête " ,"Le léopard " )

le dernier Marc  Dugain " L'Emprise "

 

je m'attaque  à l'intégrale  de  Mickael  Connely

 

Je vous donnerai mon sentiment  dans quelque temps.

_________________________________________

 

4 novembre 2013 :

Terminé  " Les chaussures italiennes, "  avec émotion,   Mankell est vraiment un  très grand  de la littérature

 

Hier, relu  " La Chambre  des  officiers  "

 Marc DUGAIN

    vision d'apocalypse " intimiste " de la guerre de 14 - 18 à travers le sort des  gueules cassées, ces hommes fracassés dans leur chair et leur cœur,

l'évolution  de la chirurgie maxillo-faciale qui en était à ses balbutiements, 

univers  clos de l'hôpital, où sont  plus  que partout  cloisonnées les classes sociales, 

l'armée reflète la société, séparant les hommes  de  troupe des sous officiers,  eux mêmes  séparés des officiers, et de la seule femme blessée qui brise  le tabou et rejoint ses compagnons d'infortune. Un livre dont on sort  aussi fracassé  que les protagonistes.

 

"...Le blessé à la peau mate s'est éteint ce matin. L'éclat d'obus a fait son œuvre au cerveau sans lui laisser la moindre chance. On est venu l'enlever quelques minutes après la première ronde de l'infirmière, à la hâte, comme pour faire disparaître toute trace de son passage. Un nouveau blessé est venu le remplacer quelques heures plus tard. L'infirmière, parce que je suis le plus ancien de la chambrée, se fait un devoir de m'informer des mouvements. 

J'apprends ainsi que le nouveau venu est un pilote dont l'aéroplane s'est écrasé en flammes dans les plaines de la Marne. Les Allemands sont donc arrivés jusque-là! Il est encore vêtu de ce blouson et chaussé de ces bottes d'aviateur qui font l'admiration des hommes de l'infanterie. Mais son visage, que je n'aperçois que dans le clair-obscur de la fenêtre qui surplombe son lit, ressemble à un grand caramel noir, brûlé et déformé. Plus trace de moustache ni de paupières. Plus aucune forme humaine. 

Lors de sa visite quotidienne, le chirurgien m'annonce que ma première opération a été un succès. Qu'il a réussi à venir à bout des multiples constrictions que le repli des tissus déchirés avait engendrées. Il détaille la suite des opérations avec beaucoup de franchise, conséquence, dit-il, de la confiance qu'il accorde à ma qualité d'officier:
- Pour tout dire, lieutenant, je suis dans l'attente de matériaux nécessaires à la reconstitution de votre maxillaire supérieur, et en particulier de votre palais qui, vous le savez, fait défaut. Pour cela, je ne vois pas d'autre méthode qu'une greffe osseuse. J'envisage de vous greffer des os humains. Je suis dans l'attente d'os de nourrissons qui seraient décédés fortuitement. J'ai informé mes collègues, médecins des hôpitaux civils, du caractère pressant de ma requête. Dès que l'un d'entre eux sera en mesure d'y accéder en me fournissant cette "matière première", si vous me passez l'expression, je pourrai hâter la reconstruction de votre mâchoire supérieure. Cela ne se réalisera pas bien entendu en une seule opération, mais nous sommes sur la bonne voie. 

A la nuit tombante, la chambre aux hauts plafonds est silencieuse comme à l'accoutumée. J'appréhende ces nuits agitées, ces cauchemars oppressants qui me réveillent à intervalles réguliers et qui recommencent là où ils s'étaient interrompus, avant que je me rendorme, bercé par le râle sourd de mes compagnons qui s'accrochent à la vie sans le savoir. 

Les réveils sont encore plus terrifiants, car ils déchirent le voile de l'irréel. 

Seul l'éther parvient à réveiller mon odorat..., pour l'endormir aussitôt. Et le goût, qu'on dit venir du palais, s'efface pour toujours devant la soupe de légumes broyés qu'on m'entube jour après jour. J'ai la sensation que toute ma personne est désormais organisée autour de ce trou, de cette béance qu'on ne sait combler. Seuls les bois de cerf repoussent après la tombée. Et lorsqu'on en est au point de joindre la lèvre inférieure au bout d'un nez qui n'a plus de cloison, on est incapable d'imaginer comment on pourrait donner forme à ces guenilles. 

Je rêve de Clémence chaque nuit. Le jour, je me défends d'y penser, de raviver son souvenir et encore moins d'imaginer son avenir. Ce qui différencie l'animal de l'homme, c'est que l'animal ne fait aucune place au futur. Dans mon cas, ce serait une commodité. Mais le présent n'apporte aucun soulagement non plus. 

Je n'ai pas encore le goût de lire les histoires des autres, de me plonger dans la trame de leurs vies, alors que la mienne me paraît si chahutée. Tandis que mes compagnons luttent pour le retour à la conscience, je joue aux cartes, seul; je fais les patiences que mon grand-père m'a apprises. De temps en temps, je fais une pause dans mes réussites pour observer les autres et, dans le silence de cette grande chambre, je ne vois que leurs poitrines se soulever au rythme de leur respiration. 

La nuit est tombée depuis plusieurs heures. Le chirurgien entre dans la salle. Il est seul et sa démarche est plus lente qu'à l'habitude. Il tire un tabouret à lui pour s'asseoir. Il se penche sur moi, examine rapidement les plaies.
- On progresse, Fournier, on progresse. Vous êtes hors de danger. Je pense que vous vous en doutiez, non? Maintenant, il nous reste ce trou. Mon problème, c'est comment arriver à endiguer ce flot continu de salive. Tirer de la peau pour refaire la lèvre supérieure, c'est rien; le plus dur, c'est de faire prendre les greffes de cartilages pour que cette peau puisse s'appuyer sur du solide. Vous avez eu de la chance d'une certaine manière: votre langue est pratiquement intacte. Vous avez tout ce qu'il faut pour parler, mais pour que ça devienne audible, il faudrait pouvoir canaliser le son. Pour l'instant, il part dans tous les sens, inévitablement. Mais on va y arriver, vous verrez. 

Puis, se retournant pour contempler la salle:
- Pas encore grand monde ici. Si vous voyiez chez le simple soldat: on travaille à guichet fermé. La première salle, de quarante-huit lits, est pleine. De mémoire de chirurgien, on n'avait jamais vu ça. Surtout pour les blessures du visage. C'est à cause de l'artillerie. Les Boches, c'est pas le genre à balancer du petit plomb. La médecine avance, elle fait des pas de géant. D'ici la fin de la guerre, on refera des faces à neuf, comme si rien n'était arrivé. De la destruction massive pour élever le niveau de la connaissance, c'est paradoxal, non? Bon, il va falloir que j'y aille, j'opère à cinq heures demain matin; j'en ai fait quatorze aujourd'hui et il n'y en avait pas deux de pareils, il y a tellement de cas différents que je me demande si un jour on va arriver à une typologie des problèmes. Les jambes, les bras, c'est simple, on coupe. Plus ou moins haut, mais on ne fait que couper. En maxillo-faciale, le problème n'est pas d'amputer, mais de faire repousser, et ça, c'est passionnant. Plus pour nous que pour vous, j'en conviens. Allez, cette fois, je vais me coucher. 

Il me fait une petite tape amicale sur le bras en se levant, puis s'en va jeter un oeil sur mes camarades avant de quitter la pièce en lâchant un grand soupir. 

Il est déjà tard. J'ai décidé de me relever. J'ai mal. J'ai froid de l'intérieur. Je défais un des nombreux lits inoccupés pour me saisir d'une couverture dans laquelle je m'enroule comme un Indien d'Amérique. Je marche dans le couloir en direction des lumières de la rue. Là, à la fenêtre, je trouve naturellement un angle où la vitre, fusionnant l'obscurité profonde de l'hôpital et la lumière des becs de gaz, dessine une image qu'elle me renvoie. Je suis dans ce qu'on appelle une "phase de séchage", je n'ai pas le moindre bandage et je découvre ainsi l'image d'un homme avec au milieu du visage un tunnel aux contours loqueteux. Ce reflet irréel et pourtant vrai ne m'affecte pas; je m'étonne de ne pas avoir envie de pleurer ni de ressentir la moindre angoisse, et je suis d'autant plus surpris quand mon estomac, consciencieusement, se met à vomir sur la couverture empruntée. Je n'en suis plus à compter les défaites. 

Bonnard fait son entrée après la séance de soins du début de l'après-midi. Il semble toujours aussi impressionné, à l'affût de détails qui viendraient lui confirmer que c'est bien son ami qui est en face de lui. Il approche sur la pointe des pieds, de peur de réveiller ceux dont on attend fébrilement le retour à la conscience. Il me tend une lettre:
- C'est tout ce que j'ai trouvé dans ta boîte. 

Je décachette l'enveloppe. Je ne veux pas lui donner une importance inconsidérée. Cette lettre est mon ultime lien avec le monde. De ma main qui ne sert pas à tenir la lettre, je serre l'avant-bras de Bonnard comme si j'étais au bord d'un précipice. Et je lis:
Cher Adrien,
Le moment que j'ai volé à vos côtés m'a paru bien court, mais d'une délicieuse intensité. J'ai cédé à la profondeur de votre regard, qui donne cette impression de force à votre visage si parfait. Nous avons cédé, j'en suis sûre, à cette folle journée de mobilisation. Vous connaissez mes engagements et la nécessité qu'a de moi celui auquel je suis liée. Se revoir serait une folie. Il ne faut rien construire sur cet attrait physique partagé mais sans lendemain. Il serait trop cruel de votre part de m'en tenir rigueur.
Pardonnez-moi donc de ne vous laisser aucune adresse et de confier aux soins du hasard de nous revoir un jour. Je n'oublierai pas le visage qui m'a enchantée. Merci de me laisser à mes devoirs.
Votre sincère et dévouée,
Clémence 

Je replie la lettre consciencieusement. Je la pose sur ma petite table de chevet. Je prends mon ardoise d'écolier, ma craie, et j'écris:
- Merci de t'être dérangé, cette lettre était importante. Parle-moi de toi, que deviens-tu?
- Je suis affecté au bureau d'études de Bachelot et Roy, une usine d'armement qui fait des fûts de canon. J'ai l'impression d'être utile, je participe à l'effort de guerre. Bien sûr, mon nom ne sera pas inscrit dans les livres d'histoire pour les enfants, mais je fais de mon mieux pour aider le pays. As-tu des nouvelles du front? 

Je fais non avec mon index.
- On a eu chaud: les Allemands nous ont fait reculer sur les bords de la Marne. Finalement, on a réussi à les repousser. Il s'en est fallu de peu qu'ils n'entrent dans Paris. Nous avons repris l'offensive maintenant, mais je crains que la guerre ne dure plus longtemps que prévu. Si tout n'est pas terminé avant l'hiver, il faudra attendre au moins le printemps, ou l'été. 

Nous sommes dimanche. Bonnard passe le reste de l'après-midi assis à côté de mon lit. Je ne lui propose pas de petite promenade, je n'ai pas le courage d'affronter le regard d'un homme debout, même si c'est un estropié, c'est encore trop tôt. Je condamne donc Bonnard à me parler pendant tout cet après-midi. Et son agilité dans l'art difficile du monologue me montre une fois de plus la finesse de son esprit et la qualité de son amitié. 

Je me souviens de son goût pour la peinture et de ses dons que j'ai pu entrevoir lorsqu'il laissait traîner un dessin ou une aquarelle dans sa chambre d'interne à l'école. Je sais que c'est une passion d'autant plus forte que c'est sa petite main qui peint, alors qu'il s'est obligé à écrire de la main gauche. Il me parle des cubistes, ses maîtres, et m'affirme que cette école ne résistera pas à la violence de l'époque. Que lui-même travaille à donner plus d'expression à son travail et que l'après-guerre sera une période de profond bouleversement pour l'art pictural. 

Lorsqu'il me quitte à la nuit tombante, sans jamais m'avoir vraiment parlé de lui, il promet de revenir le dimanche suivant. 

La dernière infirmière passée, les lumières se sont éteintes les unes après les autres. J'ai rendu mon repas, mon estomac est las de travailler seul, sans aucun soutien de mes dents. Mes glandes salivaires s'emballent en produisant d'énormes quantités de mousse. Je ne sens aucune amélioration sur le chemin de la déchéance. J'attends qu'un nourrisson soit arraché à l'amour de ses parents pour qu'on me ponte la mâchoire supérieure. Celle dont j'attendais un peu de vie m'écrit pour me clouer sur une porte comme une chouette blanche et nous sommes sur le point de perdre la guerre; Bonnard me le cache par amitié. 

Je me lève à tâtons pour rejoindre le placard où sont rangées mes affaires militaires, en attente de consignation dès que ma réforme définitive sera prononcée. Mon pistolet est bien là, dans son étui. Erreur administrative: il aurait dû être consigné. Je sens sa lourde crosse. Les balles sont dans la ceinture. J'en prends trois, que j'enfonce avec beaucoup de précautions dans le barillet. Trois balles pour trois bonnes raisons de mourir. J'appuie le canon sous mon oreille, le seul endroit indolore de ma tête. 

C'est une étrange sensation que de se sentir à sa propre merci. Un moment privilégié pour réaliser à quel point l'existence se déroule dans la peur de la fin. 

Ce n'est ni l'image de ma mère, ni celle de ma soeur ou de mon grand-père qui m'empêchent d'appuyer sur la détente; c'est simplement l'idée que je suis en train de terminer un travail commencé par les Allemands. 

Je range finalement mon pistolet dans sa sacoche, là où je l'avais pris. Je referme le placard avec grand bruit, en espérant que mes compagnons vont enfin se réveiller. 

Le service occupe maintenant cinq chambres. Au premier étage, deux chambres pour les simples soldats. Au deuxième étage, une chambre pour les officiers subalternes blessés de la face. Au troisième, une chambre pour les officiers subalternes défigurés et, au fond du couloir, une chambre plus petite pour les officiers supérieurs. Cette chambre ne compte qu'un seul pensionnaire, un colonel. 

Le premier de mes deux compagnons à sortir de l'inconscience est celui qui tient dans sa main refermée un petit crucifix d'argent. C'est un capitaine de cavalerie tombé lors d'une offensive matinale dans l'Argonne. Henri de Penanster, c'est le nom inscrit sur la fiche accrochée aux barreaux de son lit. Sûrement un Breton. La moitié de son menton a été emportée par un éclat d'obus qui lui a déchiré la carotide au passage. L'oeil crevé, l'orbite défoncée, c'est un fer du cheval qui le suivait et qui l'a heurté en retombant tué par les balles de l'ennemi, alors que Penanster gisait déjà, couché par sa première blessure. Penanster aurait dû se vider comme un lapin, si la boue n'était pas venue endiguer l'hémorragie de sa carotide ouverte. Encore conscient et se croyant condamné, il a supplié une petite infirmière de l'avant de lui procurer une croix. Elle a décroché celle qui était à son cou; il l'a prise dans sa main qu'il n'a plus desserrée, même dans ses moments de profonde inconscience. 

Il n'avait pas encore repris ses esprits qu'on lui a installé un ouvre-bouche à vis pour lutter contre la constriction des mâchoires. Chaque jour, une infirmière vient mesurer les progrès de l'ouverture buccale, qu'elle note soigneusement sur une feuille de papier suspendue au pied de son lit. 

Pierre   Weil, le pilote brûlé, est recouvert de matières grasses sur le visage et sur les mains. Lorsqu'il a été touché, son moteur s'est enflammé, lui embrasant les mains et le visage autour des lunettes qui protégeaient ses yeux. Comme le sort n'en avait pas encore terminé avec lui, l'atterrissage en catastrophe s'est achevé contre un arbre qui l'a projeté en dehors de l'habitacle, le sauvant de l'incendie en lui fracassant le visage. 

Il n'y a finalement que les morts qui puissent nous envier. Et encore, j'en doute. 

Clémence est en filigrane dans toutes mes pensées. Le sentiment de trahison qu'a fait naître sa lettre ne m'a détourné d'elle que pendant quelques jours. Je sais que je la reverrai, cela dût-il prendre des mois, des années. Je la regarderai se faner, je verrai le temps affaiblir ses contours, creuser sa beauté. Car moi, le mutilé de la face, je ne vieillirai pas. La guerre m'a fait vieillard à vingt-quatre ans. Je n'ai pas eu le courage de me suicider. J'ai eu le courage de ne pas me suicider. La rancoeur, l'aigreur menacent. Je fais face à l'ennemi intérieur. 

Les feuilles des arbustes de la cour des convalescents ont pris leurs couleurs d'automne. Elles commencent à tomber, couvertes de givre. La guerre prend ses quartiers d'hiver, chacun se cantonne dans ses positions, dit-on. Bonnard avait raison. Bonnard a souvent raison. De nouveaux pensionnaires ont rejoint la chambre du silence. Aucun ne parle. On se croirait dans une bibliothèque où chacun étudie dans le respect des autres. Les plus hardis se lancent - le plus souvent la nuit - mais le son qui sort d'eux ne dépasse pas celui de l'eau qui bout. Ils sont arrivés, jeunes, moins jeunes. Qu'importe maintenant, les blessures ont aplani les différences. 

Les dix places sont occupées, la chambrée a fait le plein. Penanster et Weil ont été installés de chaque côté de mon lit. Penanster fait ses premiers pas, sans toutefois lâcher les barreaux de son lit. On l'a libéré de son ouvre-bouche qui ne donnait pas les résultats espérés. La pince en bois qui lui a succédé a également déçu. On lui a finalement préféré le sac de charbon, qui prend appui dans la mâchoire inférieure à l'aide de cordelettes. Tous les après-midi, il passe une heure debout, dos au mur. Une sangle au front lui plaque la tête contre ce mur afin qu'elle ne bascule pas sous l'effet du sac de charbon qui tire la mâchoire vers le bas. Et tout cela se passe dans une salle qu'on appelle la chambre des suppliciés, un local effrayant où les blessés se succèdent pour des exercices au cours desquels des appareils diaboliques sont censés venir à bout des problèmes de constriction. Les résultats ne se sont pas fait attendre. Il a gagné un centimètre et demi d'ouverture en sept semaines. Plus que trois ans et il sera en mesure d'ouvrir le bec aussi largement que le corbeau de La Fontaine. 

Penanster fait sa prière dans l'obscurité, matin comme soir. Je me demande ce qu'il peut bien Lui dire et comment il peut Lui parler sans L'engueuler. Weil ressemble à un crâne préhistorique, les sinus à l'air. Sa lèvre inférieure est épaisse et lui donne l'air boudeur. Cet homme-là sait rire avec ses yeux. La fumée de l'aéroplane en flammes lui a brûlé les bronches et les cordes vocales, mais je sais qu'il sera le premier à reparler. Et quelque chose me dit qu'on ne le regrettera pas. 

Avec l'arrivée des nouveaux, on a augmenté le nombre des infirmières. Je m'étonne qu'elles soient de plus en plus jeunes et de plus en plus jolies. J'imagine qu'on a souhaité égayer le paysage ordinaire des grands mutilés pour leur mettre du baume au coeur. Je m'en ouvre à l'infirmière-chef, ma complice, qui s'occupe de moi comme d'un nouveau-né, à l'aide de ma petite ardoise et de ma craie.
- La vérité, me chuchote-t-elle à l'oreille à l'heure de la sieste, c'est qu'on a mis les plus jeunes à votre étage parce que, plus bas, elles ne se gênaient pas pour aguicher les blessés. Vous pensez, des mois sans hommes... Tous partis à la guerre. Le résultat, c'est que ça commençait à fricoter. C'est venu aux oreilles du médecin-chef, qui a piqué une colère et a décidé d'envoyer toutes les jeunes à l'étage des maxillo-faciaux: "Comme ça, elles seront pas tentées!" a-t-il dit. 

Alors que la petite cour semble engoncée dans les premiers froids de l'hiver, le médecin m'annonce qu'une maternité parisienne a eu l'obligeance de recueillir le corps d'un enfant mort-né et de le lui transmettre. Les principales pièces du squelette ont été prélevées et, précise-t-il non sans une certaine satisfaction, conservées à la glacière dans de la vaseline.
- Les conditions de votre opération sont réunies. Nous allons vous opérer demain matin à l'aube. C'est une longue opération et, à ma connaissance, une première dans le domaine de la greffe de maxillaire supérieur. Evidemment, il faudra compter deux ou trois mois de consolidation.
Je refais inlassablement le même calcul. Trois mois pour la mâchoire supérieure. Puis trois mois pour le palais. Si tout se déroule normalement, dans six mois je parle. "...



 

Que lire aujourd’hui  avec   ce  temps  tout mou et mouillé qui n'incite guère à la balade?

 

j'hésite,

 

une aventure  de Wallander,   toujours captivante et haletante?

 

le livre d'Alain  Finkielkraut  "L'identité  malheureuse "

ou bien   cet ouvrage  qui s'annonce  déjà passionnant  ?

"La Symphonie  de Leningrad"

de  Sarah Quigley

     lire la belle critique  de Bruno Frappat

 

http://www.la-croix.com/Culture/Livres-Idees/Livres/Bombardement-en-musique-2013-10-30-1053522

 

 

 

 

Que serai - je sans   toi ?

                     Je  ne peux  vivre sans toi,

Stefan  Zweig, Roland Barthes, Marcel Proust, Stendhal,

Doris Lessing, Flaubert,Thomas Mann, Tchékhov,

Marguerite Yourcenar, Henning Mankell, Faulkner

et tant  et tant et tant d'autres   sans qui je ne saurais vivre.

 Depuis  hier soir , j'ai plongé  dans

                    " Les Chaussures Italiennes "

livre,lire,passion,hommage,vénération,plaisir,bonheur,bibliothèque,gallimard,pléiade,sartre,les mots

 

un  superbe  roman  d'Henning MANKELL  qui m'embarque dans un voyage initiatique au bout  de la vie.

 

  Ne le ratez pas

 

 

 

" LES  MOTS "  de Jean Paul Sartre

" ...J' ai commencé ma vie comme je la finirai sans doute : au

milieu des livres.

Dans le bureau de mon grand-père, il y en avait partout 

 défense était de les faire épousseter sauf une fois l'an, avant la

rentrée d'octobre. Je ne savais pas encore lire que, déjà, je les

révérais, ces pierres levées : droites ou penchées, serrées comme

des briques sur les rayons de la bibliothèque   ou noblement

espacées en allées de menhirs, je sentais que la prospérité de

notre famille en dépendait..." 

 

Et vous,  que lisez-vous pour vivre ?

livre,lire,passion,hommage,vénération,plaisir,bonheur

 

livre,lire,passion,hommage,vénération,plaisir,bonheur,bibliothèque,gallimard,pléiade,sartre,les mots,pierre lemaître,hennig mankel,marc dugain

livre,lire,passion,hommage,vénération,plaisir,bonheur

livre,lire,passion,hommage,vénération,plaisir,bonheur

livre,lire,passion,hommage,vénération,plaisir,bonheur

livre,lire,passion,hommage,vénération,plaisir,bonheur

Description de cette image, également commentée ci-après

Isaac Bashevis SINGER

livre,lire,passion,hommage,vénération,plaisir,bonheur

livre,lire,passion,hommage,vénération,plaisir,bonheur

livre,lire,passion,hommage,vénération,plaisir,bonheur

livre,lire,passion,hommage,vénération,plaisir,bonheur

livre,lire,passion,hommage,vénération,plaisir,bonheur

livre, lire, passion, hommage, vénération, plaisir, bonheur

 

livre,lire,passion,hommage,vénération,plaisir,bonheur

livre, lire, passion, hommage, vénération, plaisir, bonheur

livre, lire, passion, hommage, vénération, plaisir, bonheur

 

 

livre, lire, passion, hommage, vénération, plaisir, bonheur

livre, lire, passion, hommage, vénération, plaisir, bonheur

livre, lire, passion, hommage, vénération, plaisir, bonheur

livre, lire, passion, hommage, vénération, plaisir, bonheur

livre, lire, passion, hommage, vénération, plaisir, bonheur

livre, lire, passion, hommage, vénération, plaisir, bonheur

livre, lire, passion, hommage, vénération, plaisir, bonheur

livre, lire, passion, hommage, vénération, plaisir, bonheur

livre, lire, passion, hommage, vénération, plaisir, bonheur

Oeuvres - Tome 2, Les Récits De Tchékhov De 1887 À 1892 de Anton Tchékhov

 

 

livre, lire, passion, hommage, vénération, plaisir, bonheur

livre, lire, passion, hommage, vénération, plaisir, bonheur

livre, lire, passion, hommage, vénération, plaisir, bonheur

 

 

 et un  Clin d’œil à Tante ASTRIDELLE 

Le Nobel de littérature remis à la Canadienne Alice Munro

livre, lire, passion, hommage, vénération, plaisir, bonheur

livre,lire,passion,hommage,vénération,plaisir,bonheur

22/09/2015

C'est le paradis, mais...

...ne le crions pas trop  fort sur les toits.

  Gardons notre jardin secret,

     ses couleurs, ses parfums, sa douceur.

 

     A la grande rigueur,

         que viennent en foule les curieux en juillet - août

           mais notre septembre au bord  du bassin,

 gardons le  jalousement, égoïstement pour nous,

    bienheureux  que nous sommes  d'être là,

      quand les autres n'y sont plus...

   

 Si ça vous plaît, on vous en montrera d'autres,

          demandez et vous serez exaucés.

arcachon,septembre,paradis,plage,bain,pereire,le moulleau,dune  du pilat,boulevard de  l'océan,joigny,aube,midi,voile,couchant

 

arcachon,septembre,paradis,plage,bain,pereire,mouylleau,bouevard de  l'océan,joigny,aube,midi,voile,couchant

 

arcachon,septembre,paradis,plage,bain,pereire,le moulleau,dune  du pilat,boulevard de  l'océan,joigny,aube,midi,voile,couchant

 

Arcachon, septembre, paradis, plage, bain, Pereire, Mouylleau,  bouevard de  l'Océan, Joigny, aube,  midi, voile, couchant

Arcachon, septembre, paradis, plage, bain, Pereire, Mouylleau,  bouevard de  l'Océan, Joigny, aube,  midi, voile, couchant

Arcachon, septembre, paradis, plage, bain, Pereire, Mouylleau,  bouevard de  l'Océan, Joigny, aube,  midi, voile, couchant

arcachon,septembre,paradis,plage,bain,pereire,mouylleau,bouevard de  l'océan,joigny,aube,midi,voile,couchant

arcachon,septembre,paradis,plage,bain,pereire,mouylleau,bouevard de  l'océan,joigny,aube,midi,voile,couchant

Arcachon, septembre, paradis, plage, bain, Pereire, Mouylleau,  bouevard de  l'Océan, Joigny, aube,  midi, voile, couchant

 

arcachon,septembre,paradis,plage,bain,pereire,le moulleau,dune  du pilat,boulevard de  l'océan,joigny,aube,midi,voile,couchant

 

Arcachon, septembre, paradis, plage, bain, Pereire, Mouylleau,  bouevard de  l'Océan, Joigny, aube,  midi, voile, couchant

arcachon,septembre,paradis,plage,bain,pereire,mouylleau,bouevard de  l'océan,joigny,aube,midi,voile,couchant

arcachon,septembre,paradis,plage,bain,pereire,mouylleau,bouevard de  l'océan,joigny,aube,midi,voile,couchant

arcachon,septembre,paradis,plage,bain,pereire,mouylleau,bouevard de  l'océan,joigny,aube,midi,voile,couchant

Arcachon, septembre, paradis, plage, bain, Pereire, Mouylleau,  bouevard de  l'Océan, Joigny, aube,  midi, voile, couchant

Arcachon, septembre, paradis, plage, bain, Pereire, Mouylleau,  bouevard de  l'Océan, Joigny, aube,  midi, voile, couchant

Arcachon, septembre, paradis, plage, bain, Pereire, Mouylleau,  bouevard de  l'Océan, Joigny, aube,  midi, voile, couchant

Arcachon, septembre, paradis, plage, bain, Pereire, Mouylleau,  bouevard de  l'Océan, Joigny, aube,  midi, voile, couchant

Arcachon, septembre, paradis, plage, bain, Pereire, Mouylleau,  bouevard de  l'Océan, Joigny, aube,  midi, voile, couchant

Arcachon, septembre, paradis, plage, bain, Pereire, Mouylleau,  bouevard de  l'Océan, Joigny, aube,  midi, voile, couchant

 

Arcachon, septembre, paradis, plage, bain, Pereire, Mouylleau,  bouevard de  l'Océan, Joigny, aube,  midi, voile, couchant

Arcachon, septembre, paradis, plage, bain, Pereire, Mouylleau,  bouevard de  l'Océan, Joigny, aube,  midi, voile, couchant

Arcachon, septembre, paradis, plage, bain, Pereire, Mouylleau,  bouevard de  l'Océan, Joigny, aube,  midi, voile, couchant

Arcachon, septembre, paradis, plage, bain, Pereire, Mouylleau,  bouevard de  l'Océan, Joigny, aube,  midi, voile, couchant

Arcachon, septembre, paradis, plage, bain, Pereire, Mouylleau,  bouevard de  l'Océan, Joigny, aube,  midi, voile, couchant

 

arcachon,septembre,paradis,plage,bain,pereire,le moulleau,dune  du pilat,boulevard de  l'océan,joigny,aube,midi,voile,couchant

Arcachon, septembre, paradis, plage, bain, Pereire, Mouylleau,  bouevard de  l'Océan, Joigny, aube,  midi, voile, couchant

Arcachon, septembre, paradis, plage, bain, Pereire, Mouylleau,  bouevard de  l'Océan, Joigny, aube,  midi, voile, couchant

Arcachon, septembre, paradis, plage, bain, Pereire, Mouylleau,  bouevard de  l'Océan, Joigny, aube,  midi, voile, couchant

 
Accueil Blog50 | Créez gratuitement votre blog | Avec notretemps.com | Toute l'info retraite | Internet facile | Vos droits | Votre argent | Loisirs | Famille Maison | Cuisine | Jeux | Services | Boutique