18/04/2008

La maison sur le faire part

Bien que peu encline à la lecture du carnet,

je m’y plonge depuis quelques temps avec avidité,

pour vous entretenir

d’une caractéristique de ma région ,

 ou presque,

de la Soule,

une des composantes du Pays Basque

la plus proche du Béarn.

(je pense que cette particularité

est étendue à tout le Pays Basque )

*


podcast

 


Figurez- vous que le défunt annoncé

 

dans la rubrique nécrologique

 

ne part jamais tout seul :

 

Classiquement, parents, famille, alliés et amis

 

sont nommés dans

 

« la douleur du décès »,

 

« le chagrin, de la disparition »,

 

«  la peine de la mort »,…

 

Mais la particularité de ces annonces basquaises réside

 

en l’accompagnement après le nom du défunt

 

du nom de sa maison

 

*

 

Bernard Itturbide

 

Maison  Gure Etchea

 

 

Maïtena Iratzabal

Maison Etxegorri

 

 

Gaston Haristoy

Maison  Etxe Mahitsuru

 

 

Panxa Jaureguiberry

 

Maison Etxemendi

 

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Etche,  etxe, la maison,

 

lieu de vie,

 

d’héritage et de coutumes,

 

de patrimoine et de matrimoine,

 

lieu de joies et de  peines,

 

est intimement liée à la vie, à la mort.

 

Sortetxeari

 

Oi gure etxe maitea,
orroitzapenez betea,
zorionaren atea !
Zure altzoan iragana dut
sortzetik orai artea.
Izanagatik pobrea,
bertzeak baino hobea
ni sortu nintzan etxea.

 

Amak, munduratekoan,
etxea, zure xokoan
hartu ninduen besoan.
Geroztik hunat eduki nauru
zure geriza goxoan.
Nabilalarik kanpoan
ez naiz sosegó osoan,
beti etxea gogoan.

 

Dudalarik zerbait pena
zu zaitut lagun lehena,
ihes leku hoberena.
Zure alderat inguratzen naiz
ahalik eta maizena.
Munduko leku maitena,
zuri zor dautzut naizena :
izana eta izena.

 

Arbason eskutik jina,
o egoísta atsegina,
ez dakit zure adina.
Heiek lurpean estale ziren
zutan utzirik arima.
Hain amultsuki egina,
heientzat zer bihotz mina
zutaz gabetzen bagina ! Etxetik hoinbertze gazte,
kanporat zorion eske
zoraturik bazoazte,
bizi-moduak behartuz edo
etxea ez aski maite ?
Gure faltaz balezate
Arrotzek etxe hau bete,
hobendun haundi gintaizke.

 

Zutaz hainbertze entzuna,
aunitzentzat ezaguna,
o bizipide urruna !
Nik betidanik arbuiatu dut
Zure aberastasuna.
Hau da guk deraukaguna,
zu baitan eskas duzuna :
etxeko goxotasuna.

 

Ene haur onak, badakit
Luzaro gabe engoitik
Joanen naizela mundutik.
Arbason ganik ukan dohaina
Ez utz sekula eskutik,
aldegitean hemendik
heier erraitea gatik :
Etxea han dago xutik !

 

Pertsu hauk bururatzean,
asken finez orroitzean,
emanen naiz otoitzean :
Etxea, noizbait utziko zaitut
Aunitz pena bihotzean ;
Jaunak, zure babesean,
nola bainintzan sortzean,
naukala heriotzean.

 

 

A la maison natale

 

O notre maison bien-aimée,
pleine de souvenirs,
porte du bonheur !
Je suis resté dans ton giron
depuis ma naissance jusqu’à ce jour.
Bien que pauvre,
meilleure que les autres
la maison où je naquis.

 

Au moment de ma naissance
ma mère me prit dans ses bras
etxea au creux de toi.
Depuis lors et jusqu’aujourd’hui tu m’as gardé
sous ta douce protection.
Lorsque je me promène au dehors
je ne suis pas dans une totale quiétude,
ayant toujours l’etxe à l’esprit.

 

Lorsque j’ai quelque peine
c’est toi mon premier soutien,
mon meilleur refuge.
Vers toi je reviens
aussi souvent que possible.
Endroit du monde le plus cher à mon cœur ,
c’est à toi que je dois ce que je suis :
et mon être et mon nom.

 

Reçue des mains des ancêtres,
ô agréable demeure,
je ne connais pas ton âge.
Ils ont été recouverts de terre
mais ont laissé leur âme en toi.
Construite avec tant d’affection,
quelle serait leur peine
si nous devions t’abandonner !

 

Hors de la maison tant de jeunes,
en quête de bonheur
s’en vont éblouis,
parce que la vie actuellement l’exige ou
faute d’aimer assez l’etxe ?
Si par notre faute
les étrangers emplissaient cette maison,
nous en serions les grands coupables.

 

O modes de vie lointains
on en entend tellement sur vous
et tant vous connaissent !
De tout temps
j’ai méprisé vos richesses.
Voici ce que nous avons-nous
et qui vous fait défaut :
la douceur de l’etxe.

 

Mes chers enfants, je sais
que désormais avant longtemps
je m’en irai de ce monde.
Le legs de vos ancêtres
ne le laissez jamais quitter vos mains,
en quittant ce monde
que je puisse leur dire :
la maison est là-bas debout !

 

En terminant ces vers,
me rappelant ma fin dernière,
je vais me mettre en prière :
Etxea, je te laisserai un jour
le cœur rempli de peine ;
que le Seigneur me garde sous ta protection,
au moment de la mort,
comme lors de ma naissance.

*

*

 

 

05/03/2008

Aincille, Ahintzila

Parfois , le soir,

des odeurs m’arrivent qui m’évoquent

un petit village basque  
proche de Saint Jean Pied de Port,
lait chaud,
feu de cheminée planant sur la ville,
marrons chauds,
soupe brulante  et pimentée,
*
*

 

Aincille, Ahintzila.

 

*
Voix basques

 

*

podcast


podcast

 

*

 

Je crois que notre premier séjour
chez les Pecoitz
se déroula en 1958,

 


Ils avaient, avant l’heure,
aménagé leur ferme en « gîte ».

 


Nous avions des chambres  peintes à la chaux,
 avec de vastes
et profonds lits de bois noirs,
édredon  rouge en duvet,
draps blancs immaculés.

 

 

Escalier foncé  brillant de cire,
 palier  de plancher inégal,
assiettes aux murs,
cuivres rutilants,
grosse clarine pendue dans l’entrée
qui servait à appeler aux repas.
Nous les prenions dans une ancienne cuisine
 aux murs carrelés jusqu'au plafond,,
je revois les carreaux verts et bleus,
avec des coqs orgueilleux,

 

 

La grande cheminée à crémaillère, 
trois petites tables,
 nappes à carreaux,

 

 

Les assiettes de soupe de légumes
au piment basque bien sûr,
qui nous ouvrait délicieusement l’appétit pour la suite :
plats familiaux exquis,
omelette aux rognons,
au fromage ou aux champignons,
truites, poulet basquaise,
côtes d’agneau, platée de patates sautées,
salades du potager,
 petits pois du pépé,
fromage de brebis oblige,
fromages multiples sur le grand plateau laissé à notre convoitise,
 gâteau basque ou tartes royales
de Txitxa,
  la tante qui officiait aux fourneaux avec Mère Pecoïtz,
tandis que Père vaquait aux obligations de la ferme.

 

 

Quoi que…

 

 

J’ai souvenir le matin d’avoir accompagné la mère à l’étable pour la première traite,
et ainsi récupéré le lait fumant,
 crémeux, d’un blanc ivoire,
 et dont le parfum me hante encore
tout comme les odeurs du café,
où nous prenions le petit déjeuner par longues tablées,
 café fumant, lait épais,
vastes  tartines  de pain chaud
sur lesquelles fondait le beurre
 avant d’être noyé par les confitures de Txitxa.

 

 

Le dimanche,après l'office, 
 le comptoir était envahi par les hommes,
qui  daignaient   traverser par   le semblant de raidillon ;
la messe dominicale , très suivie, les femmes,
les admirables et noires veuves
qui posaient le béret du défunt sur le prie dieu
à leurs pieds
et allumaient la mèche de la bougie filiforme
enroulée au fond de la galette de laine noire,
 et qui brûlait durant l’office, l'âme du mort toujours  présente .

 


Les hommes  grimpaient dans la galerie d’où tombaient
 sur nos frêles épaules « d’étrangers »
comme disait le curé,
 leurs voix riches et timbrées
qui nous bouleversaient.

 

 

Le dimanche des Rameaux, l’évangile de la Passion
 pouvait devenir un long calvaire, aussi,
magnanime et tolérant devant  le début
des invasions touristiques,
le curé, jetant un regard  par dessus ses lunettes,
jaugeait l’assistance :

 

 

 

 

 

« Puisqu ‘il y a des étrangers, je lirai le récit
de la Passion en français »

 

 

 


Soulagement pour les étrangers,
visible déception pour les locaux.

 

 

 


L’invasion avait bel et bien débuté.

 



Nous vînmes à Aincille des années, et des années,
promenades vers Saint Michel, Estérençuby, Mendive, Caro,  Lecumberri, Saint Jean le Vieux qui nous attirait particulièrement avec les longues heures passées
dans l’atelier de potier  Carriquiri,
 qui nous initiait à son art.

 

 

 

L’élevage de truites de  Ahaxe,
 les escapades  jusqu’à Saint Pied de Port,
coupant à travers bois et champs,
les premières violettes, 
 les fuites éperdues quand un taureau n’appréciait pas nos percées dans ses domaines,
 les vaches que Michel menait aux champs le matin, bâton et autorité du haut de ses 5 , 6 ou 7 ans.

 

 

Et un jour, retour en larmes et sanglots,
irruption dans la cuisine fumante

 

 

« Madame Pecoïtz, j’ai perdu les vaches » 

 

 

 

Les grands éclats de rire qui accompagnèrent

 

 

 la sanglotante déclaration de mon frère !

 

 

Sentant le pré, le troupeau avait pris de la vitesse,
 trop pour ses petites jambes et bien sûr,
attendait sagement devant la barrière
qu’on daignât lui ouvrir le pacage.
Ma mère fréquentant le lavoir
pour l'entretien du linge des vacances.

 

Les jeux de piste la nuit dans le cimetière jouxtant la ferme,
 Ô sacrilège !

 

 

 

Michel semant avec le Pépé les haricots verts,
les petits pois l’indignation d’une touriste de passage,
caniche immaculé entre les bras :

 

 

 

« Mais Madame, c’est votre fils sur ?  ?   ? »

 

-Oui, oui, sur la charrette à fumier Madame, pourquoi ? »

 

 

Et rires de ma mère.

 

 

Chaussés de grandes bottes de caoutchouc,
nous ne craignions pas les pluies printanières
qui détrempaient les chemins et verdissaient le pays.

 

 

Nous revînmes également en été,
au moment de la fête du village.
Les Basques réservés de coutume,
prenaient d’assaut le hall de la ferme hôtel
et pendant trois jours et trois nuits,
cela dansait, chantait, ma mère, légère en espadrilles,
 fandangait allègrement avec François et le Pépé.

Moi, je dansais avec Jean-Paul le fils de la maison,

patron aujourd’hui
et qui a royalement servi la famille Grillon.
Et je partageais les jeux et occupations de Jacqueline,
d'un peu mon aînée,
dont l'âge, la langue  basque rude
m'inspiraient respect etadmiration.
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L’esprit n’est sans doute plus le même.

 


L’hôtel s’est construit, agrandi, modernisé.

 

Nous avons fréquenté Aincille pendant plus de  20 ans ,

 

 nous y sommes revenus à différentes occasions,
et mon petit doigt m’a dit que c’est sans doute là
qu’une petite graine aurait donné vie à …. ?

 


CHUT !
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Ne dévoilons pas les jolis secrets de famille.
Ne se plantent pas que des petits pois à Aincille...
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Les vieux  sont morts, l’enfance a disparu ;
nous restent ces  merveilleux souvenirs
et peut-être qu’en cherchant bien,
il doit encore y avoir quelques confettis de la fête
en fond de  vieille valise,
et l’odeur du lait chaud, de la cire, 
 du fumier, de la cheminée tiède, de la graisse de la cuisine,
 de la brume des petits matins,
Jacqueline, Jean-Paul, sa femme, leurs enfants,
les lointains basques,
 les horizons qui à jamais demeurent…

 

 

 

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En fin  de note, trois souvenirs en Noir et Blanc

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 Pâques 1962
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Michel en pleine activité,
 Et le grand coup de balai sous l’œil de Txitxa
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14/12/2007

Guggenheim a dix ans

 

Désolée.

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Blog à l'arrêt

 

 

 

 

Appelons cela  :

 

PAUSE

 

la connexion fonctionne, moi pas.

 

A plus tard.

 

 

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Bilbao est au Pays Basque,

 

 

comme on dit  ici,

 

 

au Pays Basque  sud.

 

 

 

En Biscaye, plus exactement.

 


Bilbao fut longtemps une cité industrielle

 

 

grise et terne,

 

 

déclinante.

 

 

S’il n’y avait la proximité de l’océan,

 

 

sans cachet véritable ni grand attrait.

 

 

Et voici qu’il y a 10 ans, en 1997,

 

 

 une idée germa :

 

 

faire de Bilbao le berceau

 

 

d’un musée d’art contemporain

 

 

Et pas n’importe lequel :

 

 

l'un des musées de la fondation Solomon R. Guggenheim.

 

 

(New York, Venise, Berlin, Las Vegas )

 

 

Et

 

 

Bilbao « explosa »

 

 

On comptait sur 500. 000 visiteurs par an,

 

 

Ils sont 850. 000

 

 

 On se précipite,

 

 

on se bouscule peut-être davantage pour voir

 

 

la structure mouvante

 

 

 du musée  conçu par le Canadien Franck O’ Gerhy 

 

 

que les expositions et collections qu’il recèle.

 

 

Innovation , modernité et baroque,

 

 

qui n’ont pas tardé à faire de Bilbao

 

 

un centre attractif,

 

 

une destination première  en Europe.

 

 

 La ville bénéficie dorénavant

 

 

d’une fréquentation

 

 

exceptionnelle,

 

 

 et doit son renouveau à ce bâtiment étonnant

 

 

au bord de la rivière

 

 

dans laquelle il se reflète ,

 

 

jeux de lumières et de matières,

 

 

 navire ancré aux courbes ondulantes et fluides,

 

 

 mais toujours prêt

 

 

à nous laisser embarquer

 

 

 pour le rêve.

 

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« Pour le visiteur,

 

 

 la perception est une surprise.

 

 

Au bout de la rue,

 

 

 ou au détour du fleuve,

 

 

 une sculpture plus haute

 

 

 que les immeubles

 

 

 brille au soleil ou sous la pluie.

 

 

 Le volume d’ensemble

 

 

 est un enchevêtrement

 

 

 de formes courbes,

 

 

qui se déploient,

 

 

fusionnent,

 

 

s’élèvent dans le ciel,

 

 

s’allongent sous le pont.

 

 

Un paysage chaotique au premier abord,

 

 

des canyons, des blocs suspendus.

 

 

 Une composition animale.

 

 

 Un organisme vivant,

 

 

au bord du mouvement.

 

 

Rien de narratif.

 

 

 Une bête monstrueuse antédiluvienne,

 

 

Enorme

 

 

 et qui semble reposer

 

 

au bord du fleuve.

 

 

Une forme qui s’affiche

 

 

 et qui s’impose.

 

 

Une sculpture géante.

 

 

 Une image forte.

 

 

Celle dont les commanditaires ont rêvé. »

 

 

19 mars 2005

 

sur Arte

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09/11/2007

Palombières et paloumayres,en avant la polémique

 

 

A sujet brûlant, débats ardents,

qu'en dites -vous?

En avant,

à vos plumes à  vous.

C'est fait pour....

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Paloumayre , c’est un art de vivre.

Parlons-en

entre confit et apéro.

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 Vivre quelques jours,  

voire s