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07/05/2018

Et pas qu'un peu, mon n'veu....

Êtes-vous  librocubiculariste ?

       

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Un sport exquis, sans risque, si  ce  n'est de vous ouvrir les

écoutilles, de vous faire voyager jusqu'au vertige, et jusqu'au bout

de la nuit.

 

Si je le suis  ?

        PAS QU'UN PEU,

            ET DEPUIS SI LONGTEMPS

                        QUE JE NE SAURAIS DIRE.

 

 

  En ces jours de convalescence un peu difficile,   c'est devenu mon

sport préféré .

 

    Cette nuit, fin de  "Le Syndrome de Garcin",

dans lequel  Jérôme  Garcin rend hommage à la formidable lignée

de médecins, patrons et mandarins de ses deux branches

familiales, les Launay et les Garcin, longues dynasties médicales .

  Émouvant, passionnant, belle facture littéraire,  de quoi combler

tous les librocubicularistes.

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28/04/2018

" Une longue impatience, " Gaëlle Josse

 

 

 

Gaëlle Josse, une longue impatience, lire,

 

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Un monologue ,

celui d'une mère  qui s'invente le retour de son fils.Gaëlle Josse, une longue impatience, lire,

 J'ai été sensible à la mélancolie, au rythme qui

berce comme la mer bretonne,  aux mots

ciselés et pudiques de Gaëlle Josse.

  L'attente, sublimée,  et d'une rare humanité,

 ne passez pas  à côté de ce beau livre.

Gaëlle Josse nous entraine avec pudeur sur les

chemins d'une intimité douloureuse, un livre si

beau que sa lecture vous donne aussitôt envie de la partager,  de

faire découvrir à ceux qu'on aime ce petit bijou.

Hier,  reconnaissance au Salon du livre de Genève.

  Plus que mérité  ce prix, qui sera sans nul doute suivi de  bien

d'autres. 

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12/12/2017

"L'Hure" ( nouvelle protégée par copyright)

   Une nouvelle pour ma chère tante Astridelle,

 

              avec toute mon affection

 

   Et pour vous tous, puisqu'il paraît que vous aimez lire

 et pour nommer le titre  de la belle émission de Guillaume    Gallienne,

le samedi à 18 heures  sur France Inter

 

                      "Un peu de lecture,ça peut pas faire  de mal ..."

 

Lisez, ça  vous ouvrira les écoutilles.

 

 

 

 ------------------------

 

 

  Il était une fois, il y a  si longtemps, si longtemps qu'on ne  saurait dater l'histoire.

 

   Au fond d'une forêt épaisse, sombre, humide, au fond des bois maléfiques où les eaux  le disputaient au végétal, , vivait une femme , mais peut - on dire " une femme " quand on sait qu'elle  n'avait d'humain que l'apparence    à  peine  entrevue , au fond des sombres bois.

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   Ceux qui l'avaient approchée, -quelque chasseur , cavalier égaré-, n'avaient d'elle retenu que la face difforme, le nez écrasé, sous une chevelure aussi épaisse , aussi impénétrable   que la forêt qui l'abritait.

cadre rochers moussus ss les hêtres.jpg

 

  Ceux donc  qui l'avaient   aperçue, en avaient rapporté une image tellement animale, une description  tellement éloignée  de l'idée même de femme que le surnom de  " la hure " lui fut donné, tant son visage évoquait le groin de la truie.

 

   " La hure "  ne  se montrait guère,

 c'était toujours par hasard qu'elle était entraperçue, toujours fuyante,  partageant son temps entre des cueillettes mystérieuses, le ramassage  du bois pourri , et celui des glands  dont comme cochons et sangliers elle se nourrissait .

 Comment femme un tant soit peu humaine  aurait-elle pu vivre  de ces bouillies malodorantes et indigestes ?  

  Elle était bien porcine  , l'Hure.

 

  Sans  âge, sans charme , sans rien qui la rendît humaine, l'Hure avançait dans une vie  sans avenir et  sans passé, rien, ni personne à ses côtés .

 

    Elle avait, disait-on, la science des herbes, des rites   de fécondité, la connaissance des simples , celles des bois profonds, des forêts humides, où  ne croissent que mousses, lichens et champignons douteux.

 

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  A croire qu'elle cherchait dans la fréquentation de ces étranges plantes  verdâtres, glauques, gluantes, quelque secret à percer.

 

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  C'était il y a  si longtemps que  même les arbres millénaires des  forêts primaires ne sauraient vous dire en quel temps...

Au cœur des  forets  qui abritaient  les secrets  de l 'Hure, on se souvient encore de ruines étranges, noires, ruines devenues  quasiment végétales.

 

   L'Hure y venait souvent, surveillant la croissance de certaines plantes  médicinales  dont elle utilisait les vertus. Parfois l'arnica, souvent la gentiane,  mais elle allait plus volontiers vers les étranges, les moins connues, aux noms latins qu'elle déclinait pour elle seule quand elle  mettait au jour une espèce sur  son terrain  de  chasse :

 

 

     salvia divinorum, humulus lupulus, ephedra sinica, alluim ursinum, lagochilus inebrians , malva sylvestris, cymbopogon martini ...et caetera, et caetera

 

   Une particulièrement avait ses faveurs, petite plante  fleurie dont elle négligeait la partie  aérienne .

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Description de cette image, également commentée ci-après

Ce qui l'intéressait, c'était la racine, ou plutôt les racines , ou mieux encore la racine double.

 

  Étrange  Mandragora officinarum  dont on sait  que la structure ramifiée  des racines figure  le corps  humain, qui l'homme, qui la femme,  plutôt  sur un rapport de taille qu'un véritable déterminisme sexué de la plante.

 

   L'Hure vérifiait  toujours la taille de  la plante avant  de la déterrer et de recueillir précieusement  la racine conviée.

 

 

  La  laideur   de l'Hure était avérée, mais  ce que l'on  sait moins  que la fréquentation éternelle  de la laideur ne rend pas pour autant celui qui en est touché insensible à la beauté, tout au contraire.

     Les contes nous le  rappellent sans cesse. L'Hure ne faisait pas exception à la règle. 

 

   Aussi, celui que l'on  aurait surpris traquant  L'Hure dans ses  quêtes végétales eût- il pu imaginer  que la femme à la face de groin n'était en recherche  que d'un secret de métamorphoses, d'une plante  qui la rendît , à tout le moins  humaine, si ce n'est belle ?

 

 

      C'eût été sans  compter avec la nature même de L'Hure.

 

  Peu lui importait son aspect.

 

 Ce qui la rongeait, c'était la solitude.

 

     Elle  portait  seule  le  fardeau de la vie  , jamais partagé, jamais , jamais, jamais.

    Ce qui l'avait  conduite à cet état, sera ici tû  pour l'éternité. 

 

Nous n'en soufflerons mot.

 Nous nous contenterons d'effleurer la souvenance  d' un passé  inénarrable.  

 

   Peu lui importait  de n'avoir jamais eu  de bras  autour  de  son corps décharné, de sourire   qui inondât de lumière  sa face animale, mais  ne pas  donner,  ne pas transmettre le don d'amour  qu'elle avait secrètement reçu de sa mère , ne pas aimer, quitte à ne pas être aimée.

 

 Mais aimer, donner, donner, donner, 

jusqu’au  vertige, jusqu'au sacrifice !

 

    Et cela, qui l'eût deviné sous les traits  de l'Hure ? 

  Car L'Hure n'était qu'Amour, quand ceux  qui l’apercevaient  ne voyaient en elle que  repoussoir, maléfice, sorcellerie.

    La quête à la mandragore était elle un moyen  de toucher à l'Amour?  L'Hure, elle,   savait que la réponse était dans la racine  à deux jambes,  au corps musculeux...

 

 


C'est au printemps que le recherche des racines de mandragore était la plus fructueuse pour l'Hure, printemps qui fait gonfler les sèves,

 

les contes ne vous l'ont peut être pas révélé, mais la sève monte et descend ,

double sens pour double bénéfice, des feuilles vers les racines, des racines vers les feuilles,

et le retour du printemps , la douceur, en sont le déclenchement.


   Donc au printemps, racines gorgées de sève, racines riches en promesses pour l'esseulée.

 

 Ses récoltes printanières puis estivales se tournèrent vers les racines d'apparence mâle, autant que faire se pouvait.

 

    L'Hure récoltait encore et toujours et au début d'un automne que nous ne saurions dater, elle entreprit le lent travail qu'elle s'était fixé :

 

 de ces racines qu'elle broya dans un mortier de néflier, elle obtint une sorte d'emplâtre épais, brunâtre et peu avenant.

Elle laissa se bonifier tout l'hiver suivant cette étrange pâte , tel un vin d'élite à qui il faut le temps pour révéler tous ses mystères.

 

  Ce n'est qu'au printemps suivant, le jour du printemps de cette année improbable, le 20 mars exactement qu'elle en fit enfin usage;

 

  elle commença par humidifier légèrement l'emplâtre rendu épais par la dessiccation, elle le huma, en prit une boulette entre ses doigts, l'étira, le façonna, puis le rendit à  sa forme première d'emplâtre, et doucement, elle l'appliqua par petites touches sur son ventre stérile, dissimulant son nombril, les rides transversales de ce ventre vide, noyant son pubis de la pâte brunâtre.

 

  Elle passa ainsi le printemps, l'été, et nul pour la constater mais la métamorphose eut lieu.

   La mandragore mâle s'offrit à   la vieille L'Hure et la nuit veille du solstice d'hiver, nuit la plus longue, la plus sombre, la plus froide, seule, au fond des forêt, L'Hure accoucha d'une fille dont on pouvait redouter qu'elle n'héritât la laideur de sa mère. 

  Le jour qui dès le lendemain, allait gagner sur la nuit, le premier de ces jours qui allaient retrouver lumière, illumina le visage de l'enfant, enfant à la face parfaite, au sourire immédiat qui inonda le regard de l'Hure. Enfant à qui tout l'amour du monde était promis, annoncé, destiné.

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«  Lurette, la baptisa-t-elle , Lurette, il y a si longtemps, Belle Lurette, il y a si longtemps, si longtemps que je t'attends »

11/11/2017

11 novembre, mémoire, Les Tragiques

 

 

11 novembre, mémoire  

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Et   bientôt  centenaire de   cet anniversaire de l'horreur,

        

.... " déjà vous n'êtes plus que pour avoir péri."  

 

                         Aragon " le roman inachevé  1956

 

Retour dans le temps  :

 

                   1 août 1914 , il y a cent trois   ans

   

  tous les clochers   de   France sonnaient le tocsin,

  un siècle ! si loin  , si  proche, mes grands parents

  paternels avaient 23 et 24 ans et allaient   se marier,

  ils attendront quelques années...banale anecdote dans la

  fournaise de ces années sans nom.

 

 

 

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"Il regarda tous les clochers de l’horizon l’un après l’autre, à sa gauche les clochers de Courtils, de Précey, de Crollon et de la Croix-Avranchin ; à sa droite les clochers de Raz-sur-Couesnon, de Mordrey et des Pas ; en face de lui, le clocher de Pontorson. La cage de tous ces clochers était alternativement noire et blanche.
Qu’est-ce que cela voulait dire ?
Cela signifiait que toutes les cloches étaient en branle.
Il fallait, pour apparaître et disparaître ainsi, qu’elles fussent furieusement secouées.
Qu’était-ce donc ? évidemment le tocsin.
On sonnait le tocsin, on le sonnait frénétiquement, on le sonnait partout, dans tous les clochers, dans toutes les paroisses, dans tous les villages, et l’on n’entendait rien."

Victor Hugo, Quatrevingt-treize, Première partie, Livre IV, 2

 

(Aures habet, et non audiet)

 

 

1914 les Français découvraient sur la porte des mairies l'ordre de

" mobilisation générale" invitant notamment trois millions de

réservistes à rejoindre dès le lendemain les 800.000 soldats en

service actif.

 

Deux jours après, l'Allemagne déclarait la guerre à la France et

débutait le premier conflit mondial, au cours duquel 8,5 millions de

Français seront mobilisés de 1914 à 1918.

 Celle que l'on croyait la der des ders

   à travers leur  jeunesse, leurs  vies  fracassées,  tranchées,  hôpitaux,

combats, désertions, mutineries, violence, horreur,  folie, courage et

lâcheté, côté français, côté allemand,

 

 

1 million  400 000 ,

 

   ils  furent  1 400 000  Français à n'en point revenir

des familles entières   dispersées, qui le père, un fils, deux fils, trois fils,

l'oncle,  les cousins, les amis, les  fiancés, les  voisins

 

  sur les Monuments aux Morts, atroce de    voir s'aligner le même

patronyme   précédé de prénoms différents.

  J'avais  été  bouleversée à Barcus, à Sainte Engrâce, ces petits bourgs du

 Pays Basque, qui payèrent un  tribut effroyable   et virent leurs forces

vives vidées, englouties;

 partout  en France,  regardez ces listes noires  gravées dans la  pierre,

elles nous rappellent l'horreur, l'arrivée des nouvelles  auprès des familles

martyrisées.

 

      Au total, la guerre  faucha  plus de  9 700 000 militaires

et 8 800 000 civils de par le  monde. 

 

 Quelques titres pour donner corps,  visages,  âmes , à ces  années terribles

et à leurs conséquences  sur la vie des Hommes

 

"Au revoir là-haut "

  extraordinaire Prix Goncourt 2013, lisez-le vite  et allez voir l'adaption  de Dupontel  pour le grand écran    si ce n'est déjà fait :

 

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