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16/05/2018

Les Délices de Tokyo ou la faim des haricots

   Ce  lundi  soir, bien  tard sur Arte ,

 mais  séance de rattrapage

vendredi  prochain à 13h35, un bijou de poésie.

A voir en VO, sous peine de perte d'authenticité .

                                        ---------------------

 

  D'une leçon    de cuisine à une leçon  de vie, le film

délicieux de Naomi Kawase est une  gourmandise,

parfois un peu trop sucrée ...qui aurait mérité peut être 

davantage de sobriété coté bons  sentiments, mais une

jolie réussite,  tout comme les dorayakis, ces délicieux

petits gâteaux  traditionnels  japonais que nous avons

dégustés à la sortie de la projection, proposés par

L'Amateur de Thés, 

MON restaurant    palois  de cœur et ma préférence.

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   Davantage que sa pâte riche en œufs et cuite sur le

teppan (plaque chauffante), c’est l’« an », pâte de

haricots servant de garniture, qui le rend irrésistible. Une

préparation délicate à maîtriser — et trop souvent issue

d’une boîte. Ainsi, voir à l’écran une vieille dame dévoiler

ses cinquante ans de pratique est une ode à la lenteur :

trempage, cuisson douce, macération (« avec le sucre,

c’est un mariage arrangé, ils doivent apprendre à se

connaître »), confisage délicat… Plus c’est long, plus c’est

bon. Une méditation gourmande « cuisinée avec le cœur ».

  Un  film  qui vous met l'eau à la bouche,  histoire d'une rencontre

entre générations, sur fond de lien entre nourriture, spiritualité et

écologie.

 

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   Sous nos yeux, nous assistons au rite initiatique  que

   Sentaro,

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  le jeune  cuisinier  qui tient  boutique sucrée

  en tant  qu'employé   passe grâce à l'experte  -es  

  " an  "  que  se révèle être  Tokue,  une vieille dame  

   de 76 ans ,  économe   de propos  mais qui fait rentrer

  l'harmonie de l'univers dans un   chaudron :

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  petit à petit, un peu plus de ceci, moins de cela,

 doucement, plus vite… mais terriblement efficace. On se 

  croirait plongés au cœur d'un conte  en plein Tokyo, au

  rythme des saisons   délicieusement  matérialisées  par

  les cerisiers, en  fleurs, en feuilles,  en vert, en 

  jaune...Tout comme le roman  de  Durian Sukegawa

  dont   le  film est adapté,  douceur, douleur,

  tendresse, cynisme,  secrets,

  (chaque personnage  à les  siens ) lumières, contrastes,

  émaillent   avec  grâce le  récit , apaisant  et

  touchant . Un film  qui fait du bien  et qui nous conduit vers une

  relation oubliée  de l'homme avec la nature.

 

                   C'est  rare  et d'autant plus précieux. 


 

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            www.franceinter.fr/emission-cine-debat-45-ans-les... 

 

 

 

08/05/2018

D'autres 7 mai, 1824, 1833

   Un des très grands moments pour la Musique. Un tournant. 

        Vienne, 7 mai 1824,

   Beethoven, devenu  totalement sourd, co  -dirige sa 9 ème et

ultime symphonie.

   Un triomphe, qu'il n'entend pas, pas  davantage les

applaudissements  , les acclamations  et les cris d'enthousiasme .

  Mais  , comme il entendait dans sa tête ses oeuvres , il entend le

public en son coeur. 

 

     Dédiée à l'empereur Frédéric-Guillaume III  de Prusse, cette

symphonie en ré mineur est un aboutissement , Beethoven ayant

commencé à l'envisager dès 1812. 

       4 mouvements pour grand orchestre,  solo et choeur mixte.

    On connaît tous le dernier mouvement,  25 minutes, avec

intervention des solistes et choeur, sur un  poème  de  Schiller,

L'Ode à la  Joie, devenue l'Hymne  Européen.

Hommage à  Beethoven  dans Mala Stana où il vécut,   à  Prague .

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   Et un clin d'oeil amical , un  grand merci  à  Jérémie Rousseau et à

  mon émission culte depuis...plus  de 45 ans , temps  de ma  folle

  jeunesse,

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La Tribune des   Critiques de  Disques,

fondée  en  1946 par  Armand  Panigel et  Jean  Roy ,  doyenne des

émissions de radio  dont  on a fêté  les 70 ans en 2016.

   Je vous parlerai bientôt de l'émission du dimanche 6  mai  . 

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Autre 7 mai, 1833,

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 naissance de Johannes Brahms  à  Hambourg

Encore un de mes amours ,  





07/05/2018

De la musique avant toute chose

      Il y a quelques mois, lors d'un trajet en voiture, j'ai vécu  une

curieuse expérience.      

                    Je vous raconte  ?

 

  Quand  je conduis, j'écoute toujours la radio, blabla

inconsistant, infos deprimantes  en continu  ou  bien des cd  que je

choisis selon mon humeur du moment 

 

    Ce jour là , en  traversant la Haute Lande, longue petite route

rectiligne désertique,  mon attention était bien davantage fixée sur

le premier  trio de Brahms  que sur la conduite.

 

    J 'étais en  mode pilote automatique. 



Et soudain,  je pris conscience que je n'avais plus

                 aucune attention    à la conduite,  

aucune,   tant toutes mes perceptions  étaient

                                     captées par la musique.

       Une alternative  :

 soit  stopper Brahms,  soit....stopper la voiture.

    J'optais pour la seconde solution, et le nez de la Clio dans les

bruyères,  sous les grands pins , détachée de toutes contraintes,

je m'abandonnais au seul bonheur de l'écoute totale et libre jusqu'à

la fin du trio .

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      Pourquoi est ce que je vous raconte ça ?   A votre avis...

 

  C'est tout bête   :   l'écoute de la musique requiert la mise en jeu

totale  de l'attention, la plongée  dans l'oeuvre, la reconnaissance

et la distinction des plans  sonores. L'écoute n'est pas  un acte

passif mais une mise en tension , un acte qui exige de notre part

une totale  disponibilité . Et  soyez vigilants au  volant, au risque

d'un  problème.......

 

  Je vous propose de tenter l'expérience avec le second

mouvement de  la symphonie inachevée  de Schubert.

    Calez vous confortablement , fermez les yeux,  

ne regardez pas l'orchestre de la vidéo  et plongez sans retenue.

      Commencez par fixer votre attention sur la ligne la

plus grave, sans vous laisser séduire ni emporter par la ligne

supérieure.  

    Vous allez rapidement vous rendre compte de la

profondeur,  des superpositions des lignes mélodiques, des

interventions solistes de la clarinette,  du hautbois.... pas question

de conduire, de lire, de repasser...tous vos sens sont alors mis en

jeu, les 2 hémisphères cérébraux sont sollicités  intégralement. 

 

                Bonne découverte,  et belle fin de semaine.

 

12/12/2017

"L'Hure" ( nouvelle protégée par copyright)

   Une nouvelle pour ma chère tante Astridelle,

 

              avec toute mon affection

 

   Et pour vous tous, puisqu'il paraît que vous aimez lire

 et pour nommer le titre  de la belle émission de Guillaume    Gallienne,

le samedi à 18 heures  sur France Inter

 

                      "Un peu de lecture,ça peut pas faire  de mal ..."

 

Lisez, ça  vous ouvrira les écoutilles.

 

 

 

 ------------------------

 

 

  Il était une fois, il y a  si longtemps, si longtemps qu'on ne  saurait dater l'histoire.

 

   Au fond d'une forêt épaisse, sombre, humide, au fond des bois maléfiques où les eaux  le disputaient au végétal, , vivait une femme , mais peut - on dire " une femme " quand on sait qu'elle  n'avait d'humain que l'apparence    à  peine  entrevue , au fond des sombres bois.

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   Ceux qui l'avaient approchée, -quelque chasseur , cavalier égaré-, n'avaient d'elle retenu que la face difforme, le nez écrasé, sous une chevelure aussi épaisse , aussi impénétrable   que la forêt qui l'abritait.

cadre rochers moussus ss les hêtres.jpg

 

  Ceux donc  qui l'avaient   aperçue, en avaient rapporté une image tellement animale, une description  tellement éloignée  de l'idée même de femme que le surnom de  " la hure " lui fut donné, tant son visage évoquait le groin de la truie.

 

   " La hure "  ne  se montrait guère,

 c'était toujours par hasard qu'elle était entraperçue, toujours fuyante,  partageant son temps entre des cueillettes mystérieuses, le ramassage  du bois pourri , et celui des glands  dont comme cochons et sangliers elle se nourrissait .

 Comment femme un tant soit peu humaine  aurait-elle pu vivre  de ces bouillies malodorantes et indigestes ?  

  Elle était bien porcine  , l'Hure.

 

  Sans  âge, sans charme , sans rien qui la rendît humaine, l'Hure avançait dans une vie  sans avenir et  sans passé, rien, ni personne à ses côtés .

 

    Elle avait, disait-on, la science des herbes, des rites   de fécondité, la connaissance des simples , celles des bois profonds, des forêts humides, où  ne croissent que mousses, lichens et champignons douteux.

 

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  A croire qu'elle cherchait dans la fréquentation de ces étranges plantes  verdâtres, glauques, gluantes, quelque secret à percer.

 

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  C'était il y a  si longtemps que  même les arbres millénaires des  forêts primaires ne sauraient vous dire en quel temps...

Au cœur des  forets  qui abritaient  les secrets  de l 'Hure, on se souvient encore de ruines étranges, noires, ruines devenues  quasiment végétales.

 

   L'Hure y venait souvent, surveillant la croissance de certaines plantes  médicinales  dont elle utilisait les vertus. Parfois l'arnica, souvent la gentiane,  mais elle allait plus volontiers vers les étranges, les moins connues, aux noms latins qu'elle déclinait pour elle seule quand elle  mettait au jour une espèce sur  son terrain  de  chasse :

 

 

     salvia divinorum, humulus lupulus, ephedra sinica, alluim ursinum, lagochilus inebrians , malva sylvestris, cymbopogon martini ...et caetera, et caetera

 

   Une particulièrement avait ses faveurs, petite plante  fleurie dont elle négligeait la partie  aérienne .

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Description de cette image, également commentée ci-après

Ce qui l'intéressait, c'était la racine, ou plutôt les racines , ou mieux encore la racine double.

 

  Étrange  Mandragora officinarum  dont on sait  que la structure ramifiée  des racines figure  le corps  humain, qui l'homme, qui la femme,  plutôt  sur un rapport de taille qu'un véritable déterminisme sexué de la plante.

 

   L'Hure vérifiait  toujours la taille de  la plante avant  de la déterrer et de recueillir précieusement  la racine conviée.

 

 

  La  laideur   de l'Hure était avérée, mais  ce que l'on  sait moins  que la fréquentation éternelle  de la laideur ne rend pas pour autant celui qui en est touché insensible à la beauté, tout au contraire.

     Les contes nous le  rappellent sans cesse. L'Hure ne faisait pas exception à la règle. 

 

   Aussi, celui que l'on  aurait surpris traquant  L'Hure dans ses  quêtes végétales eût- il pu imaginer  que la femme à la face de groin n'était en recherche  que d'un secret de métamorphoses, d'une plante  qui la rendît , à tout le moins  humaine, si ce n'est belle ?

 

 

      C'eût été sans  compter avec la nature même de L'Hure.

 

  Peu lui importait son aspect.

 

 Ce qui la rongeait, c'était la solitude.

 

     Elle  portait  seule  le  fardeau de la vie  , jamais partagé, jamais , jamais, jamais.

    Ce qui l'avait  conduite à cet état, sera ici tû  pour l'éternité. 

 

Nous n'en soufflerons mot.

 Nous nous contenterons d'effleurer la souvenance  d' un passé  inénarrable.  

 

   Peu lui importait  de n'avoir jamais eu  de bras  autour  de  son corps décharné, de sourire   qui inondât de lumière  sa face animale, mais  ne pas  donner,  ne pas transmettre le don d'amour  qu'elle avait secrètement reçu de sa mère , ne pas aimer, quitte à ne pas être aimée.

 

 Mais aimer, donner, donner, donner, 

jusqu’au  vertige, jusqu'au sacrifice !

 

    Et cela, qui l'eût deviné sous les traits  de l'Hure ? 

  Car L'Hure n'était qu'Amour, quand ceux  qui l’apercevaient  ne voyaient en elle que  repoussoir, maléfice, sorcellerie.

    La quête à la mandragore était elle un moyen  de toucher à l'Amour?  L'Hure, elle,   savait que la réponse était dans la racine  à deux jambes,  au corps musculeux...

 

 


C'est au printemps que le recherche des racines de mandragore était la plus fructueuse pour l'Hure, printemps qui fait gonfler les sèves,

 

les contes ne vous l'ont peut être pas révélé, mais la sève monte et descend ,

double sens pour double bénéfice, des feuilles vers les racines, des racines vers les feuilles,

et le retour du printemps , la douceur, en sont le déclenchement.


   Donc au printemps, racines gorgées de sève, racines riches en promesses pour l'esseulée.

 

 Ses récoltes printanières puis estivales se tournèrent vers les racines d'apparence mâle, autant que faire se pouvait.

 

    L'Hure récoltait encore et toujours et au début d'un automne que nous ne saurions dater, elle entreprit le lent travail qu'elle s'était fixé :

 

 de ces racines qu'elle broya dans un mortier de néflier, elle obtint une sorte d'emplâtre épais, brunâtre et peu avenant.

Elle laissa se bonifier tout l'hiver suivant cette étrange pâte , tel un vin d'élite à qui il faut le temps pour révéler tous ses mystères.

 

  Ce n'est qu'au printemps suivant, le jour du printemps de cette année improbable, le 20 mars exactement qu'elle en fit enfin usage;

 

  elle commença par humidifier légèrement l'emplâtre rendu épais par la dessiccation, elle le huma, en prit une boulette entre ses doigts, l'étira, le façonna, puis le rendit à  sa forme première d'emplâtre, et doucement, elle l'appliqua par petites touches sur son ventre stérile, dissimulant son nombril, les rides transversales de ce ventre vide, noyant son pubis de la pâte brunâtre.

 

  Elle passa ainsi le printemps, l'été, et nul pour la constater mais la métamorphose eut lieu.

   La mandragore mâle s'offrit à   la vieille L'Hure et la nuit veille du solstice d'hiver, nuit la plus longue, la plus sombre, la plus froide, seule, au fond des forêt, L'Hure accoucha d'une fille dont on pouvait redouter qu'elle n'héritât la laideur de sa mère. 

  Le jour qui dès le lendemain, allait gagner sur la nuit, le premier de ces jours qui allaient retrouver lumière, illumina le visage de l'enfant, enfant à la face parfaite, au sourire immédiat qui inonda le regard de l'Hure. Enfant à qui tout l'amour du monde était promis, annoncé, destiné.

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«  Lurette, la baptisa-t-elle , Lurette, il y a si longtemps, Belle Lurette, il y a si longtemps, si longtemps que je t'attends »

 
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